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Poult, une imprimante 3D pour prototyper

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Passer d’un mois d’attente à quelques heures pour créer un prototype, c’est ce que propose depuis un an à ses clients le groupe biscuitier Poult, le spécialiste de la marque de distributeur (MDD) et de la sous-traitance pour les grandes marques, avec son programme Melt-in-lab. "C’est un véritable accélérateur d’innovations", insiste Laurent Noël, à l’origine du projet. Chaque semaine, cet ingénieur, arrivé il y a six ans chez Poult au département recherche et innovation, parcourt la France pour démarcher des clients qui pourraient lui confier leurs projets de fabrication de biscuits. Il dispose d’une arme imparable : une imprimante 3 D de la société MakerBot.

Elle lui permet de concrétiser en quelques minutes la forme d’un projet de clients comme Michel et Augustin. "Nous nous sommes inspiré des fab labs qui ont éclos aux États-Unis et en France ces dernières années. Cela permet de travailler à façon pour des pièces uniques", souligne Laurent Noël. Durant un ou deux jours, 12 à 15 personnes sont réunies pour une cession de brainstorming. Parmi elles, on dénombre des consultants, des sociologues, des anthropologues, mais aussi des designers. Ils font tous partie d’un réseau d’une cinquantaine de personnes constitué depuis deux ans par Laurent Noël à travers toute la France. Des revues de tendances de consommation, en lien avec le projet du client, sont d’abord effectuées avant d’entrer dans la phase de modélisation. "La place du design dans l’agroalimentaire est souvent trop faible", regrette Laurent Noël, pour qui l’impression 3D peut pallier ce manque.

Trois à six concepts sont retenus avant de passer au prototypage. En quelques minutes, le client a dans ses mains un modèle en trois dimensions de son futur biscuit. "C’est un véritable argument marketing pour séduire un industriel ou un distributeur, s’enthousiasme l’ingénieur. Nous pouvons même proposer des contenants, comme des barquettes ou des emballages." Selon Laurent Noël, la formule du Melt-in-lab permet de gagner de six à douze mois dans le temps total de conception des innovations. Mais pour bien faire, il faudrait que l’imprimante puisse réaliser des biscuits comestibles. Une telle machine n’existe pas encore, mais un prototype avec du chocolat a déjà été mis au point aux États-Unis. De là à imaginer qu’une future imprimante 3D de gâteaux pourrait être connectée au site d’un industriel pour lancer directement la production...

A. C.

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