Porsche-Volkswagen, trois années de feuilleton

Le projet de rapprochement entre les deux constructeurs date de 2009 mais la fusion complète, initialement programmée l'année dernière, a pris du retard.

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Porsche-Volkswagen, trois années de feuilleton

Le feuilleton Porsche-Volkswagen pourrait s'achever cette année si l'on en croit Der Spiegel. Selon des sources internes au groupe Volkswagen -et haut-placées-, les deux constructeurs seraient parvenus à un accord pour fusionner complètement les deux entités.

Porsche serait alors traitée au sein de Volkswagen AG comme Audi, Seat ou encore Skoda, soit une marque automobile entièrement intégrée. Cette fusion scellerait dans le marbre les relations informelles et familiales qu'ont toujours entretenu les deux constructeurs et mettrait fin à trois ans de tractations juridiques.

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Si au début des années 2000, Porsche et Volkswagen coopèrent dans la production automobile (le Cayenne, cousin du VW Tiguan, est une coproduction), les échanges d'action ne débutent qu'en 2005 : Porsche prend alors le contrôle de 18,53% des actions du groupe Volkswagen.

Moins d'un an plus tard, la marque de Zuffenhausen dispose d'une minorité de blocage au conseil d'administration de VW, avant d'arriver en 2008 à détenir plus de 35% des actions de Volkswagen. Pour la législation allemande, Porsche a de facto pris le contrôle de VW.

En dehors de la compétition familiale entre les familles Piëch et Porsche, ce rapprochement part d'un double mouvement. En prenant le contrôle d'une minorité de blocage, Porsche sécurise son principal partenaire et évite une prise de contrôle d'un intervenant extérieur. Pour Volkswagen, la bonne santé financière de Porsche et son appareil productif haute performances sont des atouts pour devenir un géant au niveau mondial.

Actions en justice

Le projet de fusion n'est cependant entériné qu'en 2009, après la tentative avortée de Porsche d'acquérir 75% des actions du groupe Volkswagen. Cet échec a miné les finances du constructeur de voitures de sport, fortement endetté et l'oblige à accepter la demande en mariage de Wolfsburg. Le but : arriver à une intégration complète des deux compagnies avec échange d'actions en 2011.

Mais les ennuis commencent. Plusieurs fonds américains poursuivent depuis 2009 Porsche et Volkswagen en justice, car ils estiment que les Allemands ont manipulé les cours de Bourse lors de la tentative d'achat de VW par Porsche, leur occasionnant plus d'un milliard d'euros de pertes.

Porsche a récemment fait un pas vers les plaignants, proposant des indemnités conséquentes contre l'abandon de toute poursuite. Les fonds américains ont repoussé l'offre et ont engagé de nouvelles actions judiciaires en Allemagne. Les dirigeants des deux groupes, Martin Winterkorn, Ferdinand Piëch et Wolfgang Porsche, sont nommément visés.

Les actionnaires américains reprochent aussi à Porsche un manque d'information lors du projet d'achat de VW en 2009. Ces actions ont retardé la fusion car elles font peser un risque économique sur le futur groupe.

L'autre pierre d'achoppement, c'est la valeur des actions des deux constructeurs et les impôts qui découlent de cet échange. Les conseils d'administration des deux groupes travaillent sur la solution la plus précise pour éviter tout risque financier. Cette dernière incertitude semble, selon Der Spiegel, avoir été levée il y a peu, en passant par la création d'une nouvelle holding.

Après trois ans de feuilleton, 2012 pourrait donc bien clore le dossier Porsche-Volkswagen... sauf nouveau rebondissement financier ou judiciaire, ce ne serait pas la première fois !

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