Ponticelli, le maître du sur-mesure

Cette ETI spécialisée dans la mécanique et les services à l'industrie s'appuie sur une organisation très décentralisée pour coller aux besoins de ses clients.
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Ponticelli, le maître du sur-mesure

L'histoire du groupe Ponticelli est un vrai roman. L’entreprise, qui fêtera ses 80 ans l’an prochain, porte le nom de trois frères, dont le plus connu, Lazare, a disparu en mars 2008 à l’âge de 115 ans. Il était le dernier poilu français survivant de la Grande Guerre. Venus d’Italie, les trois frères Ponticelli ont eu l’idée originale de se spécialiser dans le montage et l’entretien des cheminées industrielles, avant d’acquérir une solide réputation dans les activités de levage les plus pointues comme, par exemple, le système hydraulique qui actionne les tribunes rétractables du Stade de France.

« Au fil des décennies, l’entreprise développe son expertise technique et enrichit son parc de matériels adaptés aux nouveaux métiers vers lesquels elle évolue », explique Patrick Lacquement, le directeur général du groupe et PDG de Ponticelli Prefabrication Services (PPS), la filiale spécialisée dans les prestations pour l’industrie nucléaire. Aujourd’hui, la famille contrôle le capital à travers un holding, mais a délégué la gestion opérationnelle à Patrick Lacquement et à Jean-Jacques Lestrade, le PDG.

Le groupe dont le siège est à Paris compte tous les savoir-faire nécessaires à la réalisation d’opérations aussi complexes que la fabrication d’une plateforme pétrolière ou celle de la tuyauterie pour les centrales nucléaires de dernière génération. Ponticelli traite aussi bien les aciers que les matériaux composites pour répondre aux besoins de Total, Air liquide, EdF, Areva, etc. Il assure en outre l’assemblage et la mise en route de machines de tout type, mais également la maintenance d’équipements variés. Une palette de compétences qui permet à l’ETI parisienne de réaliser des missions sur mesure, « customisées » pour chaque client. Ce qui en fait l’un des acteurs majeurs en Europe dans les services à l’industrie et le met en concurrence avec de nombreux compétiteurs, comme Eiffel Industrie (groupe Eiffage), Valinox Nucléaire et Robatel Industries, entre autres.

Des sites en Afrique pour suivre les pétroliers

Secret de cette réussite, le groupe est organisé de façon très décentralisée avec deux entités principales : d’une part, Ponticelli Frères et ses 45 implantations en France (des agences) et, d’autre part, une vingtaine de filiales industrielles spécialisées dans les différents métiers du groupe, dont cinq sont à l’étranger. En Afrique, il a ainsi créé des sites en Angola et au Nigeria pour accompagner les pétroliers.

Ponticelli est aussi entré dans le cercle très fermé des fournisseurs du nucléaire et de la pétrochimie. Grâce, notamment, à une attention permanente accordée à la sécurité et la santé de ses 5000 employés. Les règles draconiennes mises en place ont permis d’éradiquer les accidents du travail dans cette entreprise certifiée ISO 9001 et ISO 14001. Autre souci permanent: la formation. Quand le groupe ne trouve pas les compétences dont il a besoin, il dispense ses propres enseignements via à un institut de formation maison agréé par l’Etat.

Fiche d'identité

> Date de création 1921, à Paris

> Actionnariat 80% famille Ponticelli, 20% salariés

> Activité Construction et maintenance industrielle

> Chiffre d’affaires 500 millions d’euros en 2009 (consolidé), en baisse de 9% par rapport à 2008

> Rentabilité avant impôts 9,1 millions d’euros (maison mère)

> Effectif total 5000 salariés
Les développements se poursuivent

Bien sûr, la crise a affecté l’an dernier les activités de l’entreprise, mariée pour le meilleur et pour le pire avec ses donneurs d’ordres. Si Total arrête l’une de ses raffineries, le nombre d’heures de maintenance baisse d’autant. Elle n’en poursuit pas moins ses projets de développement. Dernière née dans la galaxie Ponticelli, l’unité de fabrication de PPS, située dans la zone industrielle de Saumur (Maine-et-Loire), accompagnera le développement des activités de maintenance du parc français de centrales nucléaires qui commence à vieillir.

« Nous avons reçu en 2008 une commande importante d’Areva pour la centrale EPR de Flamanville », explique Dominique Thomann, le responsable d’exploitation de l’unité. Opérationnelle depuis septembre 2009, cette usine, dont la propreté rappelle celle d’un laboratoire pharmaceutique, est sous atmosphère contrôlée. Découpe, usinage, soudage, livraisons... Sur 8000 mètres carrés, trois halls de production sont dédiés à l’usinage de tuyaux en acier inoxydable dont le diamètre peut aller jusqu’à 800mmmais aussi au soudage de différents éléments. Toutes les pièces fabriquées sont inspectées sur place, pendant tout le processus, par des spécialistes d’Areva, d’EdF et de l’Institut de soudure.

Des effectifs en augmentation


L’usine réalisera un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros dès cette année. « Nous comptons passer d’une vingtaine d’employés aujourd’hui à 50 en 2011, explique Dominique Thomann. Nos compétences et nos équipements nous permettent d’attaquer d’autres marchés comme la chimie, l’industrie alimentaire, la pharmacie, l’électronique... ». Histoire d’enrichir la palette.

Mirel Scherer

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