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[Pollution] Une étude associative dénonce la contamination des aliments autour de l'étang de Berre

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L’Association de Défense et de Protection du Littoral du Golfe de Fos (ADPLGF) a rendu publique le 12 février son étude sur la contamination d’aliments par des composés chimiques industriels. Malgré les efforts des industries pour réduire leurs émissions dans l’atmosphère, les relevés révélés démontrent que leur impact resterait insuffisant pour rassurer les riverains.

[Pollution] Une étude associative dénonce la contamination des aliments autour de l'étang de Berre
Étang de Berre
© JC BARLA

Voici encore quelques jours, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) annonçait ses ambitions pour de nouveaux développements industriels sur la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Mais ce 12 février, en présentant les résultats de sa campagne d’analyses sur des produits alimentaires des pourtours de l’étang de Berre, l’association de Défense et de Protection du Littoral du Golfe de Fos (ADPLG) a une nouvelle fois mis les pieds dans le plat sur la compatibilité d’activités industrielles dans un territoire urbanisé.

Cette étude, rendue publique à Fos-sur-Mer, atteste que des fromages de chèvre, des œufs, de la viande de taureau, des moules, produites dans l’anse de Carteau sur la commune voisine de Port-Saint-Louis-du-Rhône, des poissons pêchés dans le golfe, contiennent des polluants comme les dioxines et le PCB à des seuils supérieurs ou égaux aux moyennes nationales.

Les prélèvements d’échantillons ont été effectués par l’association, les analyses par deux laboratoires extérieurs à la région, Carso à Lyon et Wessling en Isère, et l’interprétation des résultats par l’Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions, une structure basée à Fos rassemblant des chercheurs, des universitaires, des médecins dans son conseil scientifique, mais aussi des représentants de collectivités territoriales, de citoyens, d’industriels, d’organismes de recherche et de médecins et pharmaciens dans son conseil d’administration.

S’il a déjà conduit plusieurs études sur l’air, l’eau, la santé ou les sols, cet Institut qui affirme agir de manière indépendante promet pour mai 2018 de dévoiler les données d’une étude dite "Index" d’imprégnation humaine d’une cinquantaine de substances (benzène, hydrocarbures, dioxines, métaux lourds) dans le sang et les urines d’environ 200 personnes volontaires. Les premiers retours sont qualifiés de "probants".

Dépassements constatés

Connue pour s’être opposée à l’implantation du terminal gazier Fos-Cavaou d’Elengy puis de l’incinérateur d’EVERE à Fos-sur-Mer par la communauté urbaine marseillaise, l’ADPLGF explique avoir mené son étude entre 2009 et 2015 sur des produits dans un rayon de 60 km autour de Fos afin d’y rechercher et détecter la présence d’une cinquantaine de composés chimiques potentiellement émis par les industries environnantes ou les milliers de camions et véhicules qui desservent la zone industrialo-portuaire. Les plus impactés par les dépassements des seuils réglementaires de dioxines sont la viande bovine et des œufs de poules élevées en plein air, mais ces dioxines sont également présentes dans les fromages de chèvre et les moules. Les PCB ont été découverts à des niveaux importants dans les poissons, et à nouveau, dans les œufs, la viande de taureau et les moules. La teneur en plomb est également supérieure aux normes nationales dans les poissons du golfe. Ces constatations sidèrent le monde agricole, d’autant plus que nombre de productions sont estampillées AOC ou AOP.

Réductions insuffisantes

Côté industriels, on garde le silence ou on promet de réagir ultérieurement. Pointé pour ses défaillances dans le respect des limites de rejets de benzène depuis 2016, ce qui lui a valu une mise en demeure de la Préfecture en fin d’année 2017 pour se mettre en conformité, ArcelorMittal (2 500 salariés et 1 500 personnes relevant de co-traitants) affirme avoir divisé par trois entre 2005 et 2015 ses émissions de dioxines et de poussières, par deux ses rejets de dioxyde de soufre et réduit de 20% ses émissions de dioxydes d’azote. Elle investit actuellement dans la diminution des rejets de poussières de sa chaîne d’agglomération. L’entreprise rencontre régulièrement les représentants des associations, des riverains et des collectivités dans le cadre de « Commissions locales d’informations et d’échanges » (CLIE). Elle sera sans nul doute mise sur le gril lors de la prochaine réunion.

La raffinerie Esso, également mise en cause, a, elle, profité en 2017 de son grand arrêt pour investir aussi dans la réduction de ses rejets. Tous les industriels arguent des mêmes efforts en matière de préservation de l’environnement.

Actions en justice

Mais ces discours ne suffisent plus à rassurer, tant du côté des maires (même si tous n’approuvent pas la méthode de l’association, comme le maire de Port-Saint-Louis-du-Rhône qui l’a dénoncée dans un communiqué, tout en réclamant une amélioration du "contrôle des rejets nuisibles") que de leurs administrés, désireux de savoir si oui ou non, la concentration d’industries sur le périmètre rend leur territoire toujours vivable. L’association et les élus accusent l’Etat et ses services pour leur lenteur à agir. S’ils mènent eux-mêmes des enquêtes de leur côté, ces derniers se défendent en mentionnant que les échantillons objets de cette étude ne sont pas significatifs. L’ADPLGF projette donc des actions en justice devant le TGI d’Aix-en-Provence pour "mise en danger de la vie d’autrui" (plainte contre X) et pour "troubles anormaux du voisinage", spécifiquement ciblée, elle, sur les industriels.

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