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L'Usine de l'Energie

[Pollution radioactive] La Russie reconnait avoir détecté de forts taux de ruthénium-106 sur son territoire

Léna Corot , ,

Publié le , mis à jour le 22/11/2017 À 10H56

Si l'agence de météorologie russe Rosguidromet a confirmé lundi 20 novembre les rapports de plusieurs agences européennes en déclarant avoir enregistré une "concentration extrêmement élevée" de ruthénium-106  dans le sud de l'Oural, la Russie dément que cet élément radioactif provienne de ses installations.

[Pollution radioactive] La Russie reconnait avoir détecté de forts taux de ruthénium-106 sur son territoire
Les installations nucléaires de Maïak suspectées d'être à l'origine du nuage radioactif
© Google

Fin septembre, un élément radioactif a été détecté par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l'atmosphère. Longtemps silencieuse, l'agence russe de météorologie Rosguidromet a reconnu lundi 20 novembre qu'une "concentration extrêmement élevée" de ruthénium-106 a été détectée dans le sud de l'Oural, près de Tcheliabinsk. Elle confirme ainsi les rapports de plusieurs agences européennes.

Dès le 9 novembre, l'institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRNS) affirme que la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l'Oural sans pouvoir en préciser la localisation exacte. Sur ce territoire, "la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante, comprise entre 100 et 300 térabecquerels". Au vue de ces quantités, l'IRSN parle de rejet "accidentel" ayant eu lieu la dernière semaine de septembre. 

Du ruthénium-106 a été détecté entre le 25 septembre et le 1er octobre "par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny", confirme Rosguidromet. A Arguaïach, les concentrations relevées étaient particulièrement importantes "excédant de 986 fois" les taux enregistrés le mois précédent. Le ruthénium-106 s'est par la suite propagé dans les autres pays européens où il a été détecté à des niveaux de l'ordre de quelques millibecquerels par mètre cube d'air. Pour la France l'IRNS évoque des niveaux concentration "sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l'environnement".

Un accident nucléaire en 1957

Il ne reste plus qu'à trouver la cause exacte de ce rejet. En raison de la seule présence de Ruthénium-106 dans l'atmosphère, sans d'autres radionucléides, l'IRSN "exclut la possibilité d’un rejet issu d’un réacteur nucléaire". L'institut français précise que l'origine du ruthénium-106 est donc à rechercher "dans des installations du cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

A 72 kilomètres au nord de Tcheliabinsk, se situe le complexe nucléaire Maïak construit durant la course à l'armement nucléaire opposant la Russie aux Etats-Unis pendant la guerre froide. En 1957, un très grave accident nucléaire s'est produit sur ce site entraînant un rejet important d'éléments radioactifs.

Le Ruthénium-106 ne vient pas du centre de Maïak, selon la Russie

Cet accident nucléaire, mesuré comme niveau 6 sur l'échelle internationale des événements nucléaires, est l'un des plus graves de l'histoire nucléaire mondiale. Seuls les accidents de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) sont référencés au niveau 7. La centrale de Tchernobyl, implantée en Ukraine soviétique, était gérée par l'URSS. Ces deux incidents alimentent les craintes de l'occident sur la sûreté des centrales nucléaires russes et l'opacité des informations divulguées par la Russie.

Mais la Russie se veut rassurante sur la qualité de ses installations nucléaires. "Les installations de l'industrie nucléaire en Russie ne peuvent pas être considérées comme une source des rejets du Ruthénium-106", confirme le conglomérat nucléaire russe Rosatom dans une déclaration. Le complexe nucléaire de Maïak, qui sert désormais de site de retraitement de combustible nucléaire usé, affirme dans un communiqué que "la pollution atmosphérique au Ruthénium-106 […] n'est pas due [à ses] activités". Le complexe précise n'avoir pas manipulé de Ruthénium-106 durant l'année 2017 et n'en avoir pas produit depuis années. La cause de la présence de cet élément radioactif dans l'atmosphère reste pour l'heure un secret bien gardé.

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