Pollution océanique : des enjeux à terre comme en mer

De premiers débris de plastique ont été récupérés dans le Pacifique, viennent d’annoncer les responsables du projet The Ocean Cleanup. Plastiques & Caoutchoucs Magazine profite de cette occasion pour explorer les nombreuses initiatives déjà lancées pour récolter les déchets plastique en mer.

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Pollution océanique : des enjeux à terre comme en mer

Chaque anne?e, 4,8 a? 12,7 millions de tonnes de de?chets plastique seraient de?verse?es dans les oce?ans par les populations co?tie?res. A? cela s’ajouteraient entre 1,2 et 2,4 millions de tonnes de de?tritus transporte?s par les fleuves. Et tous les ans, ces de?chets tuent 1,5 million d’animaux marins. Face a? ce constat, des actions a? la fois curatives et pre?ventives doivent e?tre mises en place. La premie?re ide?e qui vient a? l’esprit pour venir a? bout de cette pollution est de re?cupe?rer les de?chets directement sur place. C’est l’ambition de plusieurs projets, dont celui de Boyan Slat, un jeune Ne?erlandais qui a imagine? un syste?me de ramassage des de?chets qui s’accumulent dans les gyres. Ces espaces oce?aniques caracte?rise?s par de faibles courants circulaires concentrent a? eux seuls une grande partie des plastiques flottants en mer.

Stopper les rejets a? la source

Dans le cadre de son projet The Ocean Cleanup, Boyan Slat a de?veloppe? un syste?me passif compose? de 600 m de flotteurs attache?s a? un filet qui s’e?tend jusqu’a? 3 m de profondeur. Sous l’effet des courants, des vagues et du vent, le syste?me se courbe et se de?place a? la surface pie?geant les de?bris. Malgre? quelques avaries sur le prototype teste? au large de la Californie en 2018, le Ne?erlandais affirme aujourd’hui que son syste?me fonctionne enfin.

Le skipper suisse Yvan Bourgnon et son association The Sea Cleaners ont eux imagine? un bateau dote? d’une autonomie en e?nergie maximise?e qui collecte, trie et compacte les macrode?chets en temps re?el. Baptise? Le Manta, le navire pourra stocker l’e?quivalent de 250 tonnes de de?chets dans ses coques. La construction devrait de?marrer en 2021 pour une mission pre?vue en 2023. D’ici la?, des bateaux de pe?che mettent de?ja? la main a? la pa?te. La fondation bruxelloise Waste Free Oceans (WFO) a de?veloppe? de petits filets coniques qui s’enfoncent a? 70 cm de profondeur. Ils sont conc?us pour e?tre accroche?s a? l’arrie?re des bateaux de pe?che. Objectif : faire travailler ensemble pe?cheurs, recycleurs et transformateurs pour concevoir des produits a? partir des de?chets collecte?s.

Bien qu’elles semblent utiles pour retirer les de?bris qui polluent de?ja? les oce?ans, toutes ces initiatives soule?vent de nombreuses questions. D’une part, que faut-il faire de ces de?chets reste?s bien trop longtemps dans les oce?ans ? Abi?me?s par le sel, le soleil et les courants, ces plastiques contiennent souvent de grandes quantite?s de polluants organiques persistants comme des polychlorobiphe?nyles ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ils sont donc difficilement recyclables via les me?thodes traditionnelles. Et d’autre part, « nettoyer au large des co?tes n’empe?chera pas de nouveaux de?chets d’arriver... Plus les solutions sont applique?es a? la source de la pollution plastique, plus elles sont efficaces », remarque Matthieu Combe auteur de Survivre au pe?ril plastique publie? en mars 2019 aux E?ditions Rue de l’e?chiquier.

Tout l’enjeu est donc de parvenir a? stopper les rejets a? la source. C’est l’objectif d’initiatives comme celle de deux surfeurs australiens qui ont invente? la poubelle Seabin. Ce re?cupe?rateur de de?chets est conc?u pour e?tre installe? dans des eaux calmes comme les ports, porte d’entre?e des villes sur l’oce?an. Capable de pomper jusqu’a? 25 000 litres d’eau par heure, ce syste?me aspire les de?chets flottants jusqu’a? 2 mm. Plus de 700 poubelles ont de?ja? e?te? installe?es a? travers le monde dont plusieurs sur la Co?te d’Azur.

C’est avec la me?me ambition que le Waterfront Partnership of Baltimore, une organisation a? but non lucratif qui œuvre pour un littoral plus propre, a de?veloppe? un intercepteur de de?chets semi-autonome baptise? M. Trash Wheel. Place? dans le port de Baltimore, ce syste?me est compose? de roues hydrauliques qui mettent en mouvement un tapis roulant sur lequel sont remonte?s les de?chets flottants. Ceux-ci sont ensuite de?verse?s dans une benne installe?e sur une barge a? l’arrie?re du dispositif.

Donner une valeur aux plastiques

Le tapis convoyeur, c’est aussi la technologie utilise?e par la fondation suisse Race For Water sur Le Collector, un navire polyvalent de re?cupe?ration de de?chets dans les ports, les rivie?res et a? proximite? des co?tes. « Bien qu’ils soient louables et utiles notamment en termes de sensibilisation, ces projets de nettoyage peuvent aussi de?culpabiliser laissant penser que quelqu’un sera toujours la? pour nettoyer. Et ils ne s’attaquent pas aux causes re?elles de la pollution », met en garde Matthieu Combe. Pour re?soudre durablement le proble?me, il faut agir sur terre avant me?me que le plastique n’atteigne les oce?ans. En apparence, les solutions sont simples : collecter, trier et recycler les plastiques pour leur donner une seconde vie. Mais pour que cela fonctionne, il est indispensable de donner une valeur marchande aux plastiques afin qu’ils deviennent une matie?re rentable a? collecter.

C’est l’ide?e porte?e par l’e?quipe de Plastic Odyssey qui pre?pare un tour du monde en trois ans sur un catamaran propulse? gra?ce aux de?chets plastiques. Ceux-ci seront re?colte?s a? terre a? chaque escale puis trie?s et recycle?s. Les de?chets non recyclables seront convertis en carburant par pyrolyse, permettant d’alimenter les moteurs du navire.

Quant a? Race For Water, elle mise sur la cre?ation d’une e?conomie efficace autour des plastiques en fin de vie. Depuis 2017, le navire-ambassadeur de la fondation parcourt le monde pour de?ployer des solutions locales de valorisation des de?chets plastiques en e?nergie. En partenariat avec la socie?te? franc?aise Etia, la fondation a de?veloppe? la technologie Biogreen. Par pyrolyse a? tre?s haute tempe?rature, elle permet d’extraire le fort pouvoir calorifique des de?chets plastiques pour les transformer en un gaz de synthe?se riche en e?nergie. Chaque unite? permet de traiter 5 a? 12 tonnes de matie?re usage?e par jour avec une production e?lectrique pouvant atteindre 2,5 MWh/tonne.

Tous ces projets s’ave?rent utiles en termes de sensibilisation, mais la majorite? des plastiques pre?sents dans les oce?ans ne flottent pas a? la surface. A? long terme, l’e?coconception et le recyclage restent les solutions les plus efficaces

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