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L'Usine Auto

Pollution : le parc de véhicules diesel se réduit

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Le pic de pollution qui sévit cette semaine trouve aussi ses origines dans les motorisations Diesel. L’arrivée de nouveaux blocs essence plus performants et de motorisations alternatives réduira sa présence dans le parc français.

Pollution : le parc de véhicules diesel se réduit © Stateofplace - Flickr - C.C.

Le pic de pollution, qui enveloppe depuis le début de la semaine l’Ile-de-France et la moitié nord de l'Hexagone, trouve une partie de son origine dans le trafic routier. Selon Airparif, celui-ci est responsable de 34% des émissions d’oxyde d’azote (Nox), de 25% des émissions de PM10 (particules dont le diamètre fait moins de 10 micromètres) et de 30% des émissions de PM2,5 (particules de moins de 2,5 micromètres).

Les voitures Diesel sont les premiers pollueurs, elles causent un tiers des rejets de PM10 et de PM2,5 sur les routes. Un autre tiers provient directement de la circulation avia l’abrasion des routes, les rejets lors des freinages ou l'usure des pneus. La France souffre aujourd’hui d’un parc Diesel très important, encouragé par un gazole moins taxé, donc moins cher que le super sans plomb. Le passage au tout nucléaire dans les années 70 a en effet encouragé une spécialisation des raffineries sur le gazole, pour compenser la baisse de la production de fioul. Il a donc ensuite fallu écouler le gazole produit.

61,3 % du parc

Si en 1980, le parc de véhicules Diesel ne représentait que 4% du parc automobile français, en 2013 61,3% du parc roulait au Diesel. Au début des années 2000, plus de 75% des véhicules neufs roulaient au Diesel. L’année dernière en France, 1,19 million de voitures à bloc mazout se sont écoulées contre seulement 532 000 voitures à essence. C’est en fait tout l’Europe de l’Ouest qui se "shoote" au Diesel : 53,3% des ventes de voitures l’année dernière consommaient du mazout, avec en tête des plus gros acheteurs les Portugais, les Irlandais et les Espagnols, devant les Français !

Cette domination du Diesel dans l’Hexagone commence cependant à s’estomper. "Un double effet a été observé en 2013, note François Roudier. L’arrivée sur le marché des véhicules Euro 5 et Euro 6 a renchéri le coût d’achat des Diesel. Mécaniquement, les véhicules d’entrée de gamme se sont moins vendus en Diesel, or ils représentent la moitié du marché. Les constructeurs ont ensuite proposé de nouveaux moteurs 3 cylindres essence qui ont très bien marché". La baisse des ventes de Diesel se poursuivra en 2014. Les nouvelles Renault Twingo, Citroën C1 ou Peugeot 108 n’en proposent pas dans leur gamme, les Renault Clio, Captur ou Peugeot 308 sont en tête des ventes avec des moteurs essence.

Renouveller le parc

Le problème c’est le parc. "Il est aujourd’hui âgé de 8 ans et 3 mois en moyenne et un tiers des véhicules ont de plus de 10 ans. Il comprend par exemple de vieux VUL (véhicules utilitaires légers) en région parisienne ou de vieilles berlines en province. Ce sont ces véhicules qu’il faudrait remplacer", souligne François Roudier. Le CCFA rappelle cependant que deux à trois millions des ménages les moins aisés ont une voiture qu’ils utilisent pour se déplacer et qu’ils ne peuvent pas renouveler. "L’Etat doit agir pour sortir ces vieux véhicules du parc", demande François Roudier. Le CCFA s’oppose en revanche à une hausse de la fiscalité sur le Diesel. "Elle pénalisera encore plus les ménages les plus démunis et n’aura qu’un effet limité sur le parc. Naturellement, avec le regain des moteurs essence et le passage à Euro 6, le parc se rééquilibrera en 2020 à 50% de véhicules Diesel et 50% de véhicules essence", constate François Roudier.

L’arrivée de motorisations alternatives en plus grand nombre pourrait aussi aider à diminuer la pollution dans les grandes villes. "Les ventes de véhicules électriques ont progressé de 50% l’année dernière et ce phénomène s’applique à toute l’Europe, souligne Marie Castelli, secrétaire générale de l’Avere. L’arrivée de Volkswagen et BMW sur le marché apportera encore plus de dynamisme au marché cette année". L’Avere pense que le marché du véhicule électrique atteindra 1 à 1,5 million de véhicules en 2020.

La crise a également retardé le développement de masse des hybrides. Le redémarrage du marché et l’arrivée de l’hybride low cost (Hybrid Air de PSA, programme du moteur 2 litres aux 100 lancé par la Plateforme Automobile et Arnaud Montebourg) doivent aussi faire baisser la part du Diesel. Mais là aussi, il faudra attendre la fin de la décennie. Le moteur 2 litres ne sera pas prêt avant 2018.

Pauline Ducamp

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