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Quotidien des Usines

POLLUTECLe respect des normes antipollution au moindre coûtLe grand rendez vous des technologies de dépollution a rassemblé des milliers de visiteurs à Paris-Nord - Villepinte. Le durcissement des normes favorise l'émergence de produits et procédés nouveaux. Sans oublier la composante prix.

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POLLUTEC

Le respect des normes antipollution au moindre coût

Le grand rendez vous des technologies de dépollution a rassemblé des milliers de visiteurs à Paris-Nord - Villepinte. Le durcissement des normes favorise l'émergence de produits et procédés nouveaux. Sans oublier la composante prix.



C'est un Pollutec version industrie sous le signe des grandes manoeuvres qui s'est déroulé du 21 au 24 septembre à Paris. Depuis six mois, le secteur vit, en effet, une vague de fusions et d'acquisitions sans précédent menée par les deux géants français que sont Vivendi et Suez-Lyonnaise des eaux. Au-delà des péripéties boursières, dans ces grands groupes comme chez les multiples équipementiers de ce secteur (qui pèse aujourd'hui 143 milliards de francs), le même mot d'ordre : accompagner le durcissement des normes tout en proposant des solutions moins coûteuses. Que ce soit par le biais de procédés ou de services. C'est ce que la société TTS a compris. Pour résoudre le problème des COV (composés organiques volatils), dont les émissions sont de plus en plus encadrées en France et en Europe, celle-ci propose une solution originale : l'externalisation. Disposant d'unités mobiles " conteneurisables ", TTS s'est fait une spécialité de l'installation et de l'exploitation sur site d'équipements de destruction des COV. Après des contrats en Italie et en Suisse, elle s'installe en France. L'intérêt de la formule est le suivant : " Si, à la suite d'un changement de process, le niveau d'émission change brutalement, l'industriel ne se trouve plus piégé avec une installation sans usage ", explique Jules Schira, fondateur de la société. Rhodia Eco Services avait choisi Pollutec pour présenter Deshydrix, une gamme de réactifs de traitement de boues de stations d'épuration, qui en réduisent le volume et le coût de traitement. Alors que l'éliminitation de l'eau est l'un de ces principaux coûts, la gamme Deshydrix vise à gagner en siccité (niveau de matière sèche). Selon Rhodia, un point de siccité gagné, c'est 40 à 150 francs d'économisé par tonne de matière sèche. Les réactifs, coagulants à base d'aluminium, " restructurent " les boues en organisant les particules en suspension. Mélangés avant la déshydratation, ils facilitent l'exsudation de l'eau. " Nous avons développé un produit spécifique par type de déshydratation : filtre presse, filtre bande, centrifugation ", précise Yvette Pescher, chargée du projet. Le produit a aussi des effets induits notables, comme un piégeage de 30 à 40 % du phosphore.

Des procédés nouveaux pour les effluents difficiles

Nalco, acheté récemment par Suez Lyonnaise, présentait aussi plusieurs innovations, dont le procédé Ironguard, lui aussi générateur d'économie. Destiné à la sidérurgie, il utilise un composé chimique amphotère (à la fois cationique et anionique) pour séparer les battitures (poussières métalliques) de l'huile de lubrification mélangée à l'eau de process. D'ordinaire, ces deux éléments sont difficiles à séparer, rendant malaisé le recyclage des battitures et générant de coûteux frais d'élimination (décharges, cimenteries...). Injecté dans l'eau avant le process, Ironguard permet d'éviter l'amalgame et une récupération plus facile de la fraction métallique, le tout pour 2 à 5 centimes par mètre cube d'eau. Autres effluents difficiles, les eaux chargées en lipides de l'agroalimentaire que les traitements classiques ont du mal à " digérer ". Pour résoudre ce problème, la so-ciété alsacienne Aqua Terra a mis au point un procédé de dégradation biologique des graisses animales. Le système complète ou remplace les aéro-racleurs traditionnels. Il comporte différentes phases : dégrillage, homogénéisation, ensemencement, aération, rétention. Développé avec une aide Anvar et l'IUT de Metz-Thionville, son originalité tient à un ensemencement en micro-organismes sélectionnés pour leur capacité à dégrader les graisses sans production de boues. Générant peu de résidus, le système est économique (moins de curage et de frais de destruction des boues). Il peut traiter des charges de 30 grammes de graisses par litre pour les descendre au niveau demandé pour un raccordement au réseau (100 milligrammes). Dans un autre domaine, celui des effluents chimiques, Air Products propose une combinaison de deux de ses procédés : l'Oxydep, un traitement biologique à l'oxygène pur en bassin, et le Chemox, une oxydation à l'ozone en réacteur fermé. L'association permet un fort rendement (95 à 99 %) d'épuration. Handicap : le coût lié à l'ozone, qui le cantonne à la résolution de problèmes spécifiques. C'est avec le même souci de qualité de rejet, mais aussi avec la contrainte de prix en tête que la PMI francilienne Hytec, spécialisée notamment dans les rejets de traitement de surface, présentait son nouveau procédé breveté de décyanuration. L'oxydation des cyanures est réalisée par de l'eau oxygénée activée dans un réacteur par un émetteur d'ultrasons. L'ensemble fonctionnant en synergie (cata-lyse). Intérêt : le procédé, qui peut traiter des concentrations allant jusqu'à quelques grammes par litre, remplace les systèmes à l'eau de Javel et la soude en milieu agité, tout en étant plus compact (suppression d'une cuve). " Il fonctionne en continu ou en batch, permet des débits de 500 litres à plusieurs mètres cubes par heure, et nécessite peu de réactifs ", note Pierre-Yves Bichon, chargé de projet.

Des traitements optimisés

Toujours dans ce souci d'économie, l'équipementier Permo lance son équipement Ecovap. Ce système compact et transportable (skid) optimise le conditionnement de l'eau, notamment pour les chaudières. " Les appareils classiques dosent le produit le plus souvent en fonction du seul débit, Ecovap permet de mesurer en ligne un ou plusieurs paramètres et d'ajuster au mieux le traitement, générant ainsi des économies de réactif ", note Abdel Kadhir, de Permo. Le constructeur vante sa facilité d'emploi ainsi que son prix compétitif (30 à 50 000 francs). Modulaire, l'Ecovap peut être adapté à d'autres applications, comme la chloration des eaux hospitalières. Autre système compact, le Ionpro Plus d'USFilter, la nouvelle filiale de Vivendi. Cet équipement standard de traitement par osmose inverse est utilisable avec l'eau du réseau. Particularité : il est équipé d'un module de désionisation pour le nettoyage automatique des membranes contrôlé par microprocesseur. D'où un risque de contamination réduit et une maintenance allégée. Principales applications : la pharmacie ou l'électronique, le niveau de qualité de l'eau étant celui des pharmacopées américaine et européenne, et conforme au normes " eau analytique de grade 2 ". De la taille d'un réfrigérateur, son prix varie, selon les options, de 200 000 à 400 000 francs pour un débit maximal de 1 000 litres par heure. Plusieurs appareils peuvent être combinés : le constructeur a ainsi équipé une usine pharmaceutique avec 7 modules couplés.

Des mesures au plus juste

Spécialiste des réactifs chimiques pour l'eau, l'américain Betzdearborn lançait à Pollutec son analyseur Monicae. Celui-ci contrôle le niveau de pollution en mesurant la charge électrique des particules en suspension, ainsi que le pH et le débit. Il calcule le niveau de floculation à atteindre, réagissant en temps réel aux dérives. Un moyen de calculer au plus juste les quantités de réactif nécessaires. L'appareil (150 000 à 250 000 francs) trouve des applications, par exemple, dans l'automobile, où les fluctuations de charges sont fréquentes. Dans le domaine de la mesure et du contrôle, mais dans un univers beaucoup plus sophistiqué, Thomson-CSF présentait, en association avec la société de conseil IRH, son système Envirometra, un équipement d'acquisition et de traitement d'information en continu. La première version (1000) est une borne communicante autonome (GSM ou radio) sur laquelle peuvent se connecter tous les types de capteurs. L'appareil, portable et immergeable, assure un prétraitement des informations et leur transmission sécurisée à un superviseur. Dans sa version plus évoluée (3000) à intelligence déportée, on peut relier plusieurs bornes entre elles et les faire interagir, permettant, le cas échéant, de se passer de superviseur. Prix (hors logiciel) de ces produits aux fonctionnalités extrêmement évolutives : de 10 000 à 25 000 francs pour la version 1000, et environ le double pour la version 3000. Dernière innovation : grâce à une liaison Internet sécurisée, on peut rapatrier les informations des bornes préalablement mises en forme sur n'importe quel ordinateur. C'est aussi sur Internet que parie Siria. Spécialisée dans les logiciels de simulation et visualisation 3D des impacts environnementaux, cette start-up veut construire son développement sur le mode ASP (application service providers). Elle propose ainsi d'assurer le traitement des données de ses clients via Internet, ceux-ci n'ayant pas à investir dans le logiciel, mais se contentant de le " louer ". Marché visé : tout ce qui gravite autour de la simulation environnementale (rejets dans l'eau, panaches de fumées...) dans le cadre, par exemple, des études d'impact. De son côté, Aloatec, jeune PMI nordiste, outre son système Detect de surveillance par " Webcam " des émissions polluantes par acquisition numérique d'images, présentait ADA, un appareil de détection des poussières sédimentables de l'air. Celui-ci mesure les particules inhalables par un système combinant micro-pesée et mesure de couleur par caméra numérique. Autre développement : " Plainte ", un site Internet de recueil des plaintes.

Davantage de fiabilité et de facilité de mise en oeuvre

Dans le domaine de la mesure, on notait sur Pollutec une même tendance : des appareils de plus en plus fiables et simples à mettre en oeuvre. Objectif : optimiser le process pour limiter les rejets, notamment lié à l'incinération, secteur sous haute surveillance. Ainsi la société Land Combustion, qui présentait sur Pollutec sa nouvelle série d'analyseurs infrarouge de CO, les 9000 Mark, dotés notamment d'une validation de la mesure par injection d'un gaz étalon extérieur, d'un système automatique de détection des fuites et d'un autodiagnostic continu. Autre nouveauté, le Concept Genesys voué à la mesure de l'oxygène pour les réglages de combustion. Principale innovation : l'électronique peut être soit intégrée à la sonde, soit déportée, ce qui facilite l'intégration de l'appareil dans l'installation et génère, le cas échéant, des économies de câblage. C'est la même démarche qui a conduit le société Oldham (groupe Invensys) à lancer son analyseur de gaz Observer E6200. Principal avantage de cet appareil capable d'analyser jusqu'à six gaz différents, il peut être installé directement sur le point de mesure, par exemple un conduit de cheminée, quand la plupart des produits sont déportés. Compact, l'appareil s'autocalibre, peut être relié aux automates pilotant le process et permet un gain en maintenance et en coût d'installation. Son prix (toutes options) est d'environ 450 000 francs. Toujours dans la mesure, la société alsacienne Macherey-Nagel, spécialisée dans les tests rapides pour analyse de l'eau, vient de lancer son Nanocolor Hydrocarbures HC 300. Un kit dédié à la mesure des hydrocarbures totaux de l'eau ou du sol. D'un coût de 20 000 francs, fonctionnant par photométrie, il permet de réaliser facilement des mesures de routine. Le solvant utilisé n'est pas le tétrachlorure de carbone, mais le pentane. Mesurer, c'est bien, prévenir c'est mieux. Les systèmes de traitement de l'air ont le vent en poupe. Selon le Bipe, ce marché (850 millions de francs) devrait même progresser de 11,5 % cette année. Les produits sont parfois des plus simples, comme l'aspirateur mobile du britannique KleenAir. Léger (il est en plastique), facilement déplaçable (il est sur roulettes), simple d'utilisation (cartouche filtrante jetable), l'appareil est voué à l'aspiration des fumées de soudure ou de coupe dans les petits ateliers. A l'autre bout de l'échelle, le produit dernier cri que lance WL Gore. L'inventeur du Gore-Tex est aussi un spécialiste du filtrage de fumée, en recourant à la célèbre membrane. Dernière innovation : Remedia, un filtre à manche catalytique qui détruit dioxines et furannes et s'applique sur les installations existantes sans modification ni investissement. Principe : la membrane Gore assure une première filtration des particules, les dioxines et furannes en phase gazeuse traversant cette couche avant d'être réduits par un second filtre catalytique (arsenic, cadmium) en eau, CO2 et HCl. Ce système permet de descendre à 0,1 nanogramme par mètre cube des concentrations initiales de 10 nanogrammes par mètre cube. C'est à une autre réduction, celle des odeurs, que s'attaque Sybron. Spécialiste de la désodorisation par voie biologique, la société lance son Bichem Odor Eliminator, un produit pulvérisable qui combine un composé chimique et des micro-organismes. Intérêt : la part chimique piège les odeurs, le relais étant ensuite pris par le biologique pour le traitement proprement dit. " Le savoir-faire réside dans la bonne combinaison et la stabilisation des deux composants ", note l'un des responsables de Sybron. Le produit peut être utilisé par rampe de brumisation sur des décharges, des stockages de boues, ou pulvérisé dans des locaux industriels ou commerciaux. Enfin, le panorama ne serait pas complet sans évoquer le recyclage. Même si les marchés tardent parfois à décoller, ce n'est pas le cas des technologies. L'allemand Hamos présentait ainsi une trieuse automatique de plastique de type " tribo-électrostatique ". A coté des séparatrices existantes PVC-PET ou ABS-PMMA, celle-ci peut désormais séparer à 99,5 % le PVC du caoutchouc, par exemple pour le traitement des fenêtres. Coût : 140 000 euros pour 700 à 5 000 kilogrammes par heure. De son côté, la PME française Micronis a développé un procédé de micronisation de caoutchouc de pneu par cryogénie (azote liquide) et broyage. Intérêt : les bonnes performances en matière de granulométrie et de pureté, autorisant des applications spécifiques (isolant phonique ou thermique, revêtements) pouvant aller jusqu'à 6 000 francs la tonne, contre 800 francs pour les poudrettes les plus courantes. Avec le développement du tri et l'incorporation, de plus en plus fréquente, du coût de traitement des produits en fin de vie dans leur prix de vente, nul doute que ces technologies connaîtront un intérêt grandissant. On pourra le mesurer lors du prochain Pollutec, à Lyon, en 2000.

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