Transports

Politiques et syndicalistes s'écharpent sur la réforme ferroviaire

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La réforme ferroviaire fait figure de pomme de discorde dans le paysage politique français. Les membres des différents partis ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un discours commun à tenir sur cette réforme et chacun donne son avis sur un texte qui n'a pas fini de faire parler de lui. L'Usine Nouvelle a compilé quelques réactions alors que les débats à l'Assemblée ont débuté ce mardi 17 juin, en début d'après-midi. 

Politiques et syndicalistes s'écharpent sur la réforme ferroviaire © Broken Glass - Flickr - C.C.

La réforme ferroviaire, destinée à fluidifier les relations entre la SNCF et Réseau Ferré de France, et à enrayer la dette chronique qui pèse sur les résultats des deux groupes, suscite de vives polémiques. Le secrétaire d'état aux transports, Frédéric Cuvillier, est apparu le 16 juin au micro de France Inter déterminé à porter son texte, dont l'examen a démarré le 17 juin à l'Assemblée nationale.

Il fait face à la grogne des cheminots CGT et SUD-Rail, en grève depuis le 11 juin pour manifester leur désaccord. Frédéric Cuvillier ne se laissera pas abattre par cette opposition, portée par "une minorité" qui s'enferme dans "une surenchère syndicale". Le Premier ministre Manuel Vallsn de son côté, a déclaré le 16 juin sur France Info que ce mouvement n'était "pas utile et pas responsable".

Une structure trop complexe

Mais les syndicalistes semblent prêts à croiser le fer, au moins verbalement, avec les membres du gouvernement. Pour le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon, interviewé le 17 juin par iTélé, les trois-quarts des Français sont opposés à cette grève (selon un sondage Harris interactive paru le 17 juin dans Le Parisien) car ils "ne comprennent pas, parce qu'on leur ment, à quoi ils risquent d'être confrontés". Il a poursuivi : selon les défenseurs du texte, "il s'agit de réunifier la SNCF, en fait c'est exactement l'inverse".

La nouvelle structure sera selon le numéro un de la CGT trop complexe. Un établissement public à caractère industriel (Epic) global englobera deux Epic plus petits : "SNCF Mobilités", chargé de la gestion des trains, et "SNCF Réseau", qui chapotera l'infrastructure. Thierry Lepaon milite pour un système plus simple : "un service public unifié qui va permettre de répondre [aux] besoins de la population, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

Dissonance au PS

La position du syndicaliste n'est guère partagée par les membres du gouvernement, qui se tiennent en rang serré derrière Manuel Valls et Frédéric Cuvillier. Mais quelques voix à gauche font voler en éclat cette harmonie apparente. Frédérique Espagnac, sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques et ancienne attachée de presse de François Hollande a rencontré des cheminots à Hendaye et leur a déclaré: "On a besoin de votre mobilisation."

Gérard Filoche, membre du bureau national du parti socialiste, a également appelé les grèvistes à poursuivre leur mouvement, comme en témoigne le tweet ci-dessous.

A droite, c'est la cacophonie aussi ! Récemment nommé secrétaire général de l'UMP, Luc Chatel a pris position contre le texte sur RTL le 16 juin. Parlant au nom de son parti, il affirme que cette réforme "ne prépare pas l'arrivée de la concurrence" Il a demandé au gouvernement de retirer le texte "qui constitue un retour en arrière". Une déclaration qui n'est "pas responsable" pour Manuel Valls.

Un texte imparfait

Mais Luc Chatel ne s'est pas contenté d'essuyer les critiques du gouvernement : de nombreux membres de l'UMP souhaitent que le texte soit débattu. Pour l'ancien ministre du Travail Xavier Bertrand qui s'exprimait le 16 juin sur RMC : "Ce n'est pas un texte parfait, mais je ne demande pas le retrait et je ne voterai pas contre ce texte". Il estime toutefois que le projet ne va pas assez loin, comme le montre le tweet ci-dessous.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob a tranché pendant une conférence de presse : le parti ne "fera pas durer les débats" à l'Assemblée. "On a bien compris la technique des grévistes de vouloir vraisemblablement reconduire la grève tout au long des débats. Donc on ne fera pas durer les débats. Nous n'aurons qu'une quarantaine d'amendements". Le député de Seine et Marne reste toutefois opposé à la réforme, "qui est un reverrouillage complet de la SNCF et n'est pas dans une logique d'ouverture de marché".

Résultat de cet imbroglio verbal d'ici quelques semaines, lorsque les parlementaires seront venus à bout des 400 amendements déposés au total sur le texte, et qu'ils auront voté pour ou contre la réforme.

Lélia de Matharel

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