Politique industrielle : Ne pas casser la dynamique régionale !

Le gouvernement devra veiller à entretenir la dynamique que les candidatures aux pôles de compétitivité ont suscitée.

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Ceux qui se lamentent sur la piètre situation de la France, parce que Paris a perdu les J.O., feraient bien d'élargir leur champ de vision ! Savent-ils que l'Hexagone a conservé en 2004 la deuxième place en Europe pour le nombre d'implantations internationales ? Nous avons même gagné 5 % de parts de marché, quand le Royaume-Uni, toujours premier, en perdait 17 % (lire notre article page 12). Certes, nous nous situons en dixième position pour la création d'emplois par implantation. Donc, les régions ont tout intérêt à muscler leur politique industrielle. Et elles s'y emploient avec énergie. Contraintes par la nouvelle répartition mondiale du travail à s'orienter vers des productions à plus forte valeur ajoutée, elles ont activement mis à profit leurs candidatures aux pôles de compétitivité pour mobiliser les acteurs de l'industrie, de la formation et de la recherche. Et surtout pour clarifier leurs choix stratégiques. Un vaste chantier dont nous avons voulu rendre compte le plus exhaustivement possible dans ce numéro. Quelle meilleure occasion en effet que notre bilan annuel des investissements (région par région, de la page 41 à la page 165 !), pour présenter les projets que la sélection des pôles de compétitivité a fait émerger dans toute la France ?
Certes, l'agenda du gouvernement nous place dans une posture délicate. A l'heure où nous mettons sous presse, le gouvernement s'apprête à labelliser les premiers pôles de compétitivité. La décision devait tomber le mardi 12, lors d'un Comité interministériel d'aménagement du territoire (Ciadt). Un verdict de première importance pour la relance de l'industrie, de l'innovation et de l'aménagement du territoire. Mais, il est vrai, sans grand suspens. Primo, plusieurs candidatures répondaient d'entrée de jeu à l'exigence de rayonnement international requise pour le label : notamment Minalogic en Rhône-Alpes, le pôle aéronautique de Midi-Pyrénées et Aquitaine, Méditech Santé Ile-de-France, I-Trans (autour du ferroviaire) dans le Nord-Pas-de-Calais. Secundo, le groupe de 30 personnalités qualifiées (industriels, scientifiques et financiers), chargé d'effectuer le choix technique entre les 105 candidatures - et donc de préparer les choix du gouvernement -, avait rendu son verdict dès le 13 juin.
Cette présélection, que nous avons choisi de publier dans ce numéro (lire page 11), garde tout son intérêt. Car elle permet d'anticiper le tour suivant. C'est-à-dire d'évaluer les candidatures qui, à l'occasion d'un second tour, pourraient encore prétendre au label de pôle compétitivité et celles qui peuvent figurer dans la catégorie des pôles d'excellence, second label imaginé par le gouvernement pour des projets de moindre ambition internationale, mais dont on peut espérer un impact régional et national. L'enjeu n'est pas mince. Il s'agit de prolonger la dynamique de l'appel à projets.
Par Jean-Louis Marrou, rédacteur en chef

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