Polémique sur un "tchat" interne du patron d'Areva

Selon Anne Lauvergeon, qui a écrit aux membres du conseil de surveillance d'Areva lundi 12 février, son successeur Luc Oursel aurait reconnu, au cours d'un "tchat" interne, avoir "co-commandité l'entreprise d'espionnage" dont elle fut l'objet. Une conclusion qui paraît bien hâtive, au vu de la réalité de ces échanges dont L'Usine Nouvelle a pu prendre connaissance.

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Polémique sur un

Anne Lauvergeon et son ancienne entreprise n'ont pas encore enterré la hache de guerre. Alors que doit se tenir le conseil de surveillance d'Areva, l'ex-PDG du groupe a adressé une lettre aux membres du conseil. Dans ce courrier révélé par le site du Nouvel Observateur, elle rejette les accusations dont elle fait l'objet sur l'acquisition d'Uramin, mais elle accuse également son successeur. Extrait :

"Je suis partie sans documents, seule. Perdue à priori. Je me défends, soutenue en cela par beaucoup de salariés qui n'acceptent pas ces manipulations, les barbouzeries, et la négation des valeurs collectives d'Areva.

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Quel choc pour eux d'apprendre au détour d'un tchat d'entreprise avec M. Oursel, que celui-ci confirme avoir été le co-commanditaire de l'entreprise d'espionnage confiée à Alp Services dont les méthodes d'investigation illégales vous ont été révélées (rapport Pomerol 4). Et vous savez que pénalement, il est aussi grave de recourir à des méthodes illégales que d'en être le receleur."

Le nouveau président d'Areva a-t-il vraiment confirmé avoir "co-commandé" l'enquête sur celle qui était alors sa présidente ? L'Usine Nouvelle a pu prendre connaissance de ce "tchat" interne, organisé le 16 janvier dernier par la direction d'Areva. A une question d'un salarié sur le "scandale Uramin", relayé par toute la presse, Luc Oursel a apporté la réponse suivante :

"Ma priorité absolue, c'est le redressement de l'entreprise. Je ne veux pas participer aux polémiques entretenues par la presse. Je ne veux pas prendre position par rapport à des rumeurs, des supputations. Mais je souhaite vous expliquer de façon rationnelle où nous en sommes.

Il faut traiter ce dossier avec la raison et non pas avec l'émotion. Comme vous le savez, nous avons passé une provision très élevée dans nos comptes pour tenir compte de la dépréciation de la valeur URAMIN. Compte tenu de l'ampleur de cette provision, le conseil de surveillance a souhaité, et c'est normal, analyser le processus d'acquisition et de développement de cette activité.

C'est la mission qui a été confiée à trois administrateurs indépendants. Et nous travaillons de façon professionnelle avec ces administrateurs. Nous attendons les résultats de cette mission pour en tirer les enseignements et les éventuelles décisions à prendre.

Par ailleurs, une plainte a été déposée contre X relative à l'intervention d'une société d'intelligence économique.
Dès que nous avons été alertés, j'ai demandé au directeur juridique de faire un point sur le sujet. Nous avons fait appel à une société d'intelligence économique en mars 2011 pour traiter un certain nombre de sujets. Ce que je peux vous garantir aujourd'hui, c'est que d'abord nous n'avons jamais commandé l'utilisation de moyens illégaux, en conformité avec les principes de la société.

Nous n'avons pas non plus demandé de travail sur les ONG antinucléaires. Enfin, nous avons communiqué aux magistrats en charge de cette plainte les éléments que nous avons rassemblés. Cela fait partie de notre devoir de transparence. Je ne souhaite pas non plus m'exprimer davantage sur une démarche judiciaire en cours pour des raisons que vous comprendrez bien. Ce que je souhaite, c'est que cette polémique ne nous détourne pas de notre objectif prioritaire de mettre en œuvre les conclusions du plan stratégique."


La conclusion qu'Anne Lauvergeon tire de ces propos, à savoir la preuve que Luc Oursel est à l'origine de l'enquête sur son époux, paraît bien hâtive. En effet, lors de cet échange électronique avec les salariés du groupe, le patron d'Areva utilise le "nous" lorsqu'il évoque l'entreprise, et le "je" pour ses décisions personnelles.

Quand il écrit "nous avons fait appel à une société d'intelligence économique en mars 2011 pour traiter un certain nombre de sujets", il est bien difficile d'en déduire qu'il est lui-même à l'origine de cette enquête.

Manifestement, l'appel au calme lancé dimanche dernier par René Ricol, le commissaire général à l'investissement et auteur d'un audit sur Areva en 2010, n'a pas encore été entendu.

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