POITOU-CHARENTESLE LIFTING DES PAPETERIES DE LA COURONNERéorganisation des productions, nouvelles installations, productivité accrue de 20%... 40millions de francs au total ont été investis dans Les Papeteries de La Couronne. Une restructuration qui permet un retour aux bénéfices.

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LE LIFTING DES PAPETERIES DE LA COURONNE

Réorganisation des productions, nouvelles installations, productivité accrue de 20%... 40millions de francs au total ont été investis dans Les Papeteries de La Couronne. Une restructuration qui permet un retour aux bénéfices.



En juillet 1992, Patrick Vindevogel est appelé au chevet des Papeteries de La Couronne. Le leader européen du marché de l'enveloppe est mal en point: 40millions de francs de pertes pour un chiffre d'affaires de 900millions. Les raisons? La récession en Allemagne, la dévaluation de certaines monnaies, un outil de production vieillissant et une productivité insuffisante. Le nouveau patron des Papeteries de La Couronne engage un vaste plan de restructuration étalé sur deux ans (1993-1994). Coût: 40millions de francs. Tout d'abord, les sites sont spécialisés par types de produits et subissent une réorganisation totale des méthodes de travail. "Nous avons transformé l'unité de L'Abbaye, à La Couronne (Charente), en une usine réactive pour un marché de spécialités et de produits nouveaux. Nous avons créé des entités de production qui gèrent la consultation du client jusqu'à l'élaboration du produit final", explique Patrick Vindevogel. Auparavant, les responsabilités étaient diluées, et les organisations ne permettaient pas de répondre suffisamment aux attentes du client. Deuxième axe fort de ce plan: l'augmentation de la productivité avec une nouvelle configuration du parc machines et l'arrivée de nouveaux matériels. Conséquence directe: chaque site affiche aujourd'hui une augmentation de productivité supérieure à 20%. Ainsi, celui de Roullet (Charente, 215salariés, 3milliards d'enveloppes produites par an) a bénéficié de nouvelles installations, pour un montant correspondant aux deux tiers des investissements. "Nous disposons de machines qui, à la fois, impriment les enveloppes, réalisent les fenêtres et appliquent plusieurs types de gommages: autocollant, autoadhésif ou réhumectable. Auparavant, ces étapes se faisaient dans différents endroits de l'usine. Résultat: 500 enveloppes à la minute, contre 250 précédemment", explique Pedro Pla, responsable de production. D'autre part, le centre de repiquage (centre d'impression offset sur enveloppe) dont dispose l'usine de Roullet a été renforcé. Objectif: bien coller à la demande croissante de personnalisation des produits. Deux nouvelles machines offset sont venues compléter le parc existant (onze au total), qui permet l'impression de 40millions d'enveloppes par mois (soit 2 millions par jour, contre 1million en 1994). Et les délais de livraison sont passés de quinze jours à une semaine.Derniers investissements sur Roullet: le site a procédé à une refonte de ses installations de traitement après usage des encres et solvants. Une machine de lavage automatique permet d'économiser les solvants utilisés et de distiller ceux usagés pour leur réutilisation. Enfin, un investissement de 350000francs a servi à l'implantation d'un laboratoire de test et de contrôle des matières premières, opérationnel depuis septembre dernier. L'usine bénéficie ainsi des mêmes équipements que les fabricants pour observer le papier (20000tonnes consommées chaque année), son aspect, sa contexture ou sa perméabilité.



35millions d'enveloppes par jour

Chiffres d'affaires: 900millions de francs en 1992-1993, 800millions en 1993-1994 et à nouveau, 900millions pour le prévisionnel 1994-1995.

Export: environ 10%.

Effectifs: 1170salariés.

Production: 35 millions d'enveloppes et de pochettes par jour (3500articles sur catalogue). 55000 tonnes de papier sont transformées par an.

8000clients.

quatre usines en France:

- L'Abbaye, à La Couronne, dédiée aux petites séries et aux produits sur mesure; - Roullet, tournée vers la moyenne série (760personnes en Charente); - Saint-Quentin, dans l'Aisne, spécialisée dans la production de grandes séries (115personnes), et Saint-Jean-de-Braye, dans le Loiret, consacrée aux marchés de la vente par correspondance (175personnes)Aux Pays- Bas, Alkmaar produit des petites séries spécifiques au marché local. La Couronne possède également en France cinq centres de repiquage, un laboratoire central de contrôle et d'essais des matières premières, dix agences commerciales européennes et trois entrepôts.



Une arrivée bénéfique

Patrick Vindevogel, P-DG des Papeteries de La Couronne

Polytechnicien, ingénieur de l'Ecole nationale des télécommunications, ce passionné d'électronique et de spatial a le souci du service public et de l'intérêt général: "Je me suis toujours préparé à servir l'Etat", déclare Patrick Vindevogel, 45ans. En 1978, ce Parisien intègre pour trois ans le ministère de l'Industrie. Puis entre à la direction du Plan de Saint-Gobain, où il s'occupera aussi de la division forestière. En 1992, La Couronne est au plus mal et l'appelle au secours. "La situation était difficile mais stimulante. Il y avait des potentialités très fortes dans l'entreprise." Patrick Vindevogel annonce pour 1993-1994 un bénéfice de 10millions de francs pour un chiffre d'affaires de 800millions... Alors que les pertes s'élevaient à 40 millions l'exercice précédent. Le seul regret du P-DG des Papeteries de La Couronne? "Notre métier ne passionne pas les foules. Il n'y a pas assez de high tech. Or nous innovons beaucoup dans nos produits. Mais quoi de plus banal qu'une enveloppe!"

USINE NOUVELLE N°2484

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