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L'Usine Maroc

Pointant les déficits, Moody’s abaisse la perspective de la note du Maroc

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Publié le , mis à jour le

L’agence américaine de notation financière a fait passer de stable à négative la notation souveraine Ba1 du royaume, déjà en catégorie spéculative.

Pointant les déficits, Moody’s abaisse la perspective de la note du Maroc © D.R.

Une dégradation des perspectives budgétaires et du commerce extérieur, telles sont les justifications avancées par Moody’s pour abaisser la perspective sur la note souveraine (obligations d’État) du Maroc. Celle-ci qui reste à Ba1, une catégorie dite spéculative ("junk bond") passe d’une perspective "stable" à "négative". Le passage inverse date lui de 2003.

Pour justifier son opinion, Moody’s s’appuie sur plusieurs éléments d’analyse économique. Le premier est la dégradation des comptes publics marocains depuis 2011. Le déficit public devrait en effet s’élever à 7.01% du PIB en 2012, estime l’agence. Selon elle, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane "pour maintenir la paix sociale" a laissé filer les hausses des dépenses liées aux subventions aux produits pétroliers (caisse de compensation).

Le pays reste très vulnérable à une hausse éventuelle du prix mondial de l’énergie

En juin 2012, le premier ministre avait annoncé une première réforme de ce système pour l’essence avant de le faire en septembre pour les produits alimentaires, mais ces réformes sont jugées trop timides par Moody’s qui prend note de la promesse du gouvernement de réformer le système en ciblant mieux les bénéficiaires des aides.

Les subventions aux produits de base représenteraient 6% du PIB aujourd’hui contre une moyenne de 2% à 2,5%  lors de la décennie 2000. Moody’s pointe par ailleurs  la hausse des salaires des fonctionnaires. Selon l’agence newyorkaise, ces éléments conduisent à une augmentation de la dette publique du Maroc rapportée au PIB alors que ce ratio était en baisse depuis 2009.

Autre sujet majeur selon Mooody’s l’importante dégradation des comptes extérieurs du royaume. En 2012, la balance courante devrait afficher un déficit proche de 10% du PIB (pour mémoire le niveau de la Grèce en 2011). L’agence estime que le déficit courant devrait se maintenir à ce niveau en 2013, générant de "très importants besoins de financement" chiffrés à environ 10% du PIB (soit un chiffre de l’ordre de 7 milliards d’euros).

Moody’s note néanmoins que la facilité de crédit ("ligne de précaution") de 6,2 milliards de dollars négociée avec le FMI l’été dernier et recemment confirmée, est un facteur rassurant pouvant contribuer en partie à combler les besoins de financement externes. Pour l’instant, le Maroc n’y a pas eu recours. Mais le pays reste très vulnérable à une hausse éventuelle du prix mondial de l’énergie, ce poste comptant pour 23% de ses importations.

Le Maroc se finance peu sur les marchés extérieurs

Pour financer son déficit extérieur, le Maroc selon Moody’s doit puiser dans ses réserves de changes. Celles-ci n’atteignent plus que 15 milliards de dollars (or exclu), de quoi couvrir 4 mois d’importations au rythme actuel. Dans les facteurs de jugement positifs sur l’économie marocaine, Moody’s pointe la stabilité de l’inflation, la capacité du pays, montré lors de la dernière décennie, à mener des réformes et enfin une "situation politique plus stable que partout ailleurs dans la région". À noter que le FMI après une mission conduite dans le pays vient d'estimer la croissance du royaume pour 2013 à environ 4,5%.

À noter enfin que l’impact réel à court terme de ce changement de notation devrait être faible car le Maroc se finance peu sur les marchés extérieurs. En 2010, le pays avait néanmoins procédé à une émission obligataire de 1 milliard d’euros, Celle-ci avait été sursouscrite deux fois et était ressortie avec un taux de 4,5% pour du papier à 10 ans. En 2012, il avait aussi lancé en décembre une émission obligataire de 1,5 milliard de dollars en deux tranches : 1 milliard de dollars à 10 ans à un taux de 4,25 % et une seconde tranche de 500 millions de dollars à 30 ans à un taux de 5,50%. Des opérations là encore largement souscrites.

Pierre-Olivier Rouaud

 

La notation actuelle des trois grandes agences
S&P : BBB- avec perspective négative
Moody's : Ba1, avec perspective négative
Fitch : BBB- avec perspective stable

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