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POIDS LOURDSVolvo force la porte de ScaniaVolvo lance une offensive dans les poids lourds en prenant 12,85 % du capital de Scania. Mais les deux constructeurs suédois sont en concurrence frontale. L'intérêt d'un mariage est loin d'être évident.

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POIDS LOURDS

Volvo force la porte de Scania

Volvo lance une offensive dans les poids lourds en prenant 12,85 % du capital de Scania. Mais les deux constructeurs suédois sont en concurrence frontale. L'intérêt d'un mariage est loin d'être évident.



Leif Ostling est rouge de colère. " Ce n'est pas loin d'être une opération inamicale ", fulmine-t-il devant des dizaines de journalistes accourus sur le stand Scania du salon des véhicules utilitaires de Bruxelles. Quelques heures auparavant, le P-DG du constructeur suédois apprenait que son grand rival et compatriote Volvo avait pris 12,85 % du capital de sa société. Ironie du sort, le coup de téléphone est tombé au moment même où il dissertait avec un journaliste suédois sur les fusions dans le secteur du poids lourd ! L'annonce, diffusée moins d'une demi-heure plus tard par Volvo, a fait l'effet d'une bombe sur un salon habituellement ronronnant. " Nous avons été pris par surprise, tempête Leif Ostling. Scania et Volvo ont des cultures d'entreprise très différentes. Nous n'avons pas les mêmes valeurs. " La colère est partagée, tout au moins en apparence, par Investor, holding de l'empire financier Wallenberg, qui contrôle Scania à hauteur de 45,5 %. " Il est dommage que, par cette action, Volvo rende les discussions beaucoup plus difficiles ", commente Claes Dahlbäck, P-DG d'Investor. De toute évidence, Volvo cherche à repartir à l'offensive dans le poids lourd, alors même qu'on le dit prêt à lâcher prise dans l'automobile. En menant un raid sauvage sur le capital de Scania, il s'impose comme le candidat privilégié au mariage et tente de barrer la route à un autre prétendant. Car, depuis un an, Investor cherche un partenaire à Scania. Volkswagen, qui veut se faire une place dans le secteur, ou DaimlerChrysler, le numéro 1 mondial, un temps approchés, ont semble-t-il trouvé l'addition trop salée. Il est vrai que Scania peut se targuer d'être le constructeur de camions européen le plus rentable. Il vient d'annoncer une nouvelle marge opérationnelle record de 8 % pour 1998. Mais un mariage avec Volvo, le frère ennemi, paraît surprenant. Ce dernier justifie l'opération en mettant en avant les économies d'échelle qui pourraient être réalisées. " Un rapprochement avec Scania permettrait de constituer le premier constructeur européen et le deuxième mondial ", se justifiait Karl-Erling Trogen, le P-DG de la branche poids lourds de Volvo. Seul problème, et non des moindres, Scania et Volvo ne sont pas complémentaires. Les deux constructeurs sont des champions de la gamme lourde et se concurrencent de manière frontale. Scania ne fabrique que des camions de plus de 16 tonnes, segment qui représente 90 % de la production de Volvo. Sur ce marché, qui représente 63 % de la production européenne et plus de 50 % de la production mondiale, ils sont au coude à coude. Scania occupe la troisième place européenne, avec 15,9 % des parts de marché, juste derrière Volvo, avec 16,4 %. Il y aurait bien une complémentarité géographique, puisque Volvo bénéficie d'une forte position en Amérique du Nord, tandis que Scania n'y figure pas. Mais les deux firmes sont toutes deux solidement ancrées au Brésil, le premier marché sud-américain. Scania est le leader, avec plus de 40 % du marché, et Volvo le troisième, avec 24 %. Et, sur le Vieux Continent, elles se talonnent dans de nombreux pays. L'illustration la plus flagrante est sans nul doute la Grande-Bretagne, qui constitue le premier marché européen des deux rivaux. Cette absence de complémentarités explique le scepticisme des barons du poids lourd rencontrés sur le salon de Bruxelles. " Ce serait un rapprochement étonnant, puisqu'il n'existe ni complément de gamme ni complément géographique ", remarque un haut cadre d'Iveco. " C'est une surprise dans la mesure où Scania et Volvo n'ont jamais eu de relations amicales ", renchérit un dirigeant de DaimlerChrysler.

C'est peut-être aussi pour cette raison qu'Investor a laissé la porte ouverte à d'autres candidats. " Une fusion avec Volvo pourrait apporter des gains significatifs, mais nous voyons d'autres alternatives qui peuvent être plus intéressantes ", explique Claes Dahlbäck. Renault V.I., bien placé sur la gamme intermédiaire des 5 à 16 tonnes, ou Volkswagen pourraient se porter candidats.



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