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Pochet du Courval, artisan de l'extra-blanc

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Reportage À Guimerville (Seine-Maritime), le site historique du verrier produit depuis quatre cents ans des flacons aussi précieux que les parfums qu’ils conditionnent.

Pochet du Courval, artisan de l'extra-blanc
Les matières premières sont convoyées vers les fours.

Voilà presque quatre siècles que l’activité se perpétue à Guimerville, de génération en génération d’ouvriers. Sur ce site situé dans la vallée de la Bresle, en Normandie, 1 200 salariés de Pochet se relaient en 3 x 8 pour produire chaque année 280 millions de pots et flacons qui contiendront les fragrances siglées Hermès, Chanel, Dior, Givenchy et Guerlain. Notamment les plus précieux, ceux en verre extra-blanc. Les composants de la recette secrète de Pochet du Courval – principalement de la silice, mais aussi du carbonate de soude, du feldspath de potasse, du sulfate de soude et des terres rares – sont stockés en silos. Le mélange est convoyé à travers le toit et enfourné par un bras mécanique dans quatre fours automatiques.

Dotés d’une espérance de vie de sept ans environ, ils sont chacun le point de départ d’une chaîne de production. Dans cette zone dédiée au verre chaud, supervisée depuis une salle de contrôle, le niveau de bruit atteint celui du décollage d’un avion de chasse et l’obscurité recouvre les opérateurs. La température y frôle les 60 °C sur certaines passerelles. Au cœur de la fournaise, à 1 600 °C, le mélange est en fusion. Le verre est affiné pendant 24 heures dans un bassin de 120 tonnes, avant d’être évacué par un « feeder », une large rigole tapissée de réfractaires. La reconstruction du four 4, inauguré en 2015, désormais 45 % moins énergivore, a coûté 15 millions d’euros. L’équipement a été inauguré en 2015. Une initiative qui s’inscrit dans le plan « ambition 2023 » du groupe Pochet, qui vise une réduction de 70 % de sa consommation d’eau, de 20 % de ses émissions de CO2 et de 50 % de ses composés organiques volatils. Un investissement de 200 millions d’euros sur trois ans y a été consacré.

Quelques mètres plus bas, les pinces d’une machine cisaillent en « gouttes » la matière rougeoyante. La juste quantité de verre est injectée dans l’un des 3 000 moules en acier ou en fonte usinés sur place. Une fois formé, le flacon est retourné, soufflé, et le col dessiné. Puis il est déposé par un bras mécanique sur un ultime convoyeur où son aspect et sa brillance deviendront parfaits après un ultime passage sous les flammes. L’étape du verre chaud est terminée.

Optimiser le parachèvement des flacons

L’univers sombre et mécanique laisse place à la blancheur des blouses et des charlottes. Les flacons tièdes sont saisis six par six et auscultés par deux machines comportant chacune une vingtaine de capteurs. Des opérateurs vérifient sur écran la conformité des produits avant un ultime contrôle manuel en bout de ligne. Les flacons conformes sont, pour 55 % d’entre eux, parachevés sur place. Le reste est livré brut chez le client, qui se chargera de la décoration. Les rebuts – 30 % environ – sont brisés et réintroduits dans le circuit de production. Un taux moyen, dans cette industrie, que le groupe espère réduire en investissant dans de nouvelles machines de vision, explique Thierry Rabu, le directeur général du pôle flaconnage.

Globalement, l’étape de parachèvement a bénéficié de 17 millions d’euros d’investissements répartis sur les trois sites français de flaconnage – Guimerville, Gamaches (Somme) et Beaugency (Loiret). « Le groupe va développer l’automatisation et réorganiser les flux dans le parachèvement pour répondre à la concurrence de pays à bas coût », précise Tristan Farabet, le directeur général du groupe. À Guimerville, la zone de collage, sérigraphie et assemblage a été revue pour améliorer l’ergonomie et la performance. De nouvelles machines, comme le robot qui pose le silicone sur le col ou l’automate qui décaisse à grande vitesse, démontrent l’ambition du groupe : un pied dans la tradition, un autre dans l’innovation. Pour pérenniser ce savoir-faire, une Pochet Academy ouvrira ses portes dans les prochains mois.

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