L'Usine Energie

POC 21, l’émulation fait avancer les projets

Olivier Cognasse ,

Publié le

Après cinq semaines de résidence au château de Millemont, POC21 a rendu son verdict avec 12 projets aboutis, mais encore évolutifs.

Crédits : Olivier Cognasse

"Rien n’est parfait, ils continueront à évoluer", confie Justyna Swat, co-fondatrice de POC 21 à propos des 12 projets, qui viennent de s’achever après 5 semaines de résidence au château de Millemont (Yvelines). Ils seront exposés au Bourget (Seine-Saint-Denis) à l’occasion de la COP21 qui s’y tiendra du 30 novembre au 11 décembre.

Certains projets apportent réellement leur contribution à un monde plus durable, d’autres relèvent du message écologique. Une yourte en pleine prairie accueille les protagonistes des projets, qui sont exposés à l’intérieur ou l’extérieur selon leurs dimensions.

L’équipe de Sunzilla a travaillé sur une alternative aux groupes électrogènes, bruyants et polluants, avec un modèle fonctionnant au solaire, basé sur l’open source. "Nous voulons aider les gens qui développent leur projet, prévient Vivien, l’un des quatre membres de l’équipe Sunzilla. Et nous développons une interface sur Smartphone pour connaître la consommation du groupe solaire, ce qui reste dans les batteries, combien de temps puis-je encore l’utiliser ?"

Cette solution est modulaire. Il est possible de connecter d’autres panneaux solaires pour accroître les capacités sans modifier l’installation, comme pour les centrales fixes. Les premières applications concernent les évènements culturels, dont sont originaires les membres de Sunzilla. Mais Vivien pense déjà à des applications plus pérennes : les camps de réfugiés, des villages isolés. "Nous construisons une plate-forme Intranet pour améliorer le produit. Nous cherchons un ou deux pays pour commencer".


Pédaler n’est pas du cinéma
Un peu plus loin, l’équipe belge de Vélo M2, propose d’associer le panneau solaire à un vélo modulaire. Florent et Milena envoient un véritable message écologique. "Eveiller la conscience de la population sur la consommation d’énergie et sur ce qu’elle peut produire". Ils proposent un ensemble de modules à ajouter sur un vélo cargo (collectif danois N55).

On trouve un mini fablab avec imprimante 3D et un mini-cinéma. Les gens peuvent venir brancher leur vélo et pédaler pour produire de l’électricité. Pour une séance de 2 heures, 7 personnes doivent pédaler. Il est difficile de voir dans ce projet autre chose qu’un moyen de faire prendre conscience à la population des dangers du réchauffement climatique.

A propos de la COP21, "les politiques discutent, nous nous apportons une petite partie de la solution pour un mode de vie plus durable, précise Milena. Ici, il y a plein de gens avec des idées pour faire bouger les choses, pour proposer des solutions concrètes".

Creuser son sillon en pédalant
Le concret, c’est notamment l’agriculture et le collectif français Farming Soul qui a développé un tracteur à pédales. Il sera muni ultérieurement d’une assistance électrique pour alléger la souffrance. Bicitractor, un engin composé d’une structure métallique, d’un pédalier et de planches de bois, doit remplacer le tracteur thermique dans des exploitations maraîchères.

Il est dix fois moins cher et ne pollue pas. "Après quelques déboires, nous avons pu tester un prototype qui fonctionne dans une exploitation agricole, prévient Mathieu. Notre but est de rendre les gens indépendants. Nous pensons commencer des formations de 5 à 6 jours dès l’hiver 2016/2017 pour que les agriculteurs construisent eux-mêmes leur tracteur." Tous les plans sont accessibles sur Internet. Sans communiquer, ils ont déjà reçu une cinquantaine de demandes.

Cuire avec le soleil
Dernier exemple, SolarRose le concentrateur solaire fabriqué à partir de miroir orientés pour renvoyer les rayons vers le réflecteur qui transforme leur chaleur en énergie thermique. L’idée est de l’utiliser pour la cuisson, extraire les huiles essentielles, pasteuriser des jus de fruit et atteindre des températures de 100 à 200°C.

L’exemplaire présenté par le collectif Open Source Ecologie possède 1 kW de puissance. "Cela ne fonctionne que lorsqu’il y a du soleil, reconnait François. Mais on stocke l’énergie sous forme de produits finis". Et grâce au crowdfunding, qui sera lancé la semaine prochaine, ils comptent développer un prototype quatre fois plus puissant l’an prochain.

Les membres de ce collectif sont bénévoles, et ils reconnaissent qu’en cinq semaines de résidence au château de Millemont, ils ont avancé autant qu’en une année. "Il y avait une émulation générale avec des compétences que nous n’avions pas dans notre association, notamment sur l’aide à la conception. Nous étions accompagnés", conclut François. L’union fait la force…


Olivier Cognasse

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