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PME, osez l'industrie du futur

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Le programme Industrie du futur se diffuse dans les PME. Les régions proposent des dispositifs d’accompagnement et sont prêtes à recueillir les manifestations d’intérêt des chefs d’entreprise.

PME, osez l'industrie du futur
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© Le programme Industrie du futur est sur les rails. Les entreprises doivent désormais se saisir des dispositifs mis à leur disposition.

Les entreprises citées

S’il y a une expression à la mode, c’est bien celle-ci. Sur les salons, pendant les conférences, lors des discours des grands patrons, on parle d’industrie du futur. Malgré cet engouement, toutes les PME n’y sont pas encore sensibles. L’enquête « L’Usine Nouvelle » - Tibco Software, menée en octobre?2015, a montré que plus d’un tiers des dirigeants de petites et moyennes entreprises n’étaient pas familiers avec les technologies mises en avant par le programme Industrie du futur [lire l’encadré ci-contre]. Il est donc temps pour les patrons de PME de s’emparer du sujet, d’autant que ce programme a été conçu en grande partie pour eux. « Le premier volet du programme Industrie du futur, c’est de faire en sorte que les PME s’intéressent à la modernisation de leur outil de production et anticipent d’éventuels changements de leur modèle économique », indique Tahar Melliti, le directeur général de l’Alliance pour l’industrie du futur. Cette association est le pilote du programme, elle coordonne les actions et fait l’interface entre l’État et les régions d’une part, entre les industriels et leurs fédérations d’autre part.
 

Pourquoi les PME sont-elles particulièrement visées ? Parce qu’elles ont souffert d’un manque cruel d’investissements ces dernières années. L’âge moyen des machines en France n’a fait qu’augmenter pour atteindre 19 ans en 2014, selon une étude du cabinet Roland Berger. « L’enjeu est que nos grands groupes continuent à travailler avec des PME françaises, car si nos sous-traitants sont en retard en compétitivité et en innovation, les contrats partiront à l’étranger », assure Tahar Melliti.
 

L’industrie du futur en régions, c’est un projet d’accompagnement à la carte pour les PME. Les entreprises qui y prennent part bénéficient d’un éventail de programmes d’accompagnement et d’aides à l’investissement. « Les enjeux sont très différents d’une usine à l’autre, certaines ont simplement besoin d’une mise à niveau pour rester dans la course quand d’autres doivent se transformer entièrement », signale Philippe Contet, le secrétaire général de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Ces programmes ne sont pas gratuits, mais ils sont largement subventionnés. Les régions ont investi 200?millions d’euros pour les financer. L’État a quant à lui débloqué près de 4?milliards d’euros : 2,5?milliards pour la mesure de « suramortissement », qui permet d’amortir les investissements dans l’outil de production à hauteur de 140 %, et 1,5?milliard pour les « prêts Usine du futur » de Bpifrance. Sur cette dernière enveloppe, 630?millions d’euros ont déjà été distribués à 760 PME, la moitié d’entre elles ayant utilisé cet argent pour investir dans des robots. « Les dispositifs d’aide au financement sont opérationnels, c’est le bon moment pour se lancer », assure Philippe Contet.
 

De nombreux dispositifs de soutien

Se lancer, oui, mais pour faire quoi ? Tout commence par un diagnostic de performance. Les entreprises qui prennent part au programme reçoivent la visite d’un consultant, agréé par la région ou par l’Alliance pour l’industrie du futur, qui procède à un audit complet. « On ne se limite pas aux moyens de production, on élargit aux services comme le marketing et la vente et on évalue aussi toute la partie amont (fournisseurs, supply chain, travail sur l’innovation) et aval (relation clients, logistique, développement durable) afin de fournir au patron une idée claire de toute l’entreprise étendue », commente Pierre-Marie Gaillot, le chef de projet Industrie du futur du Centre technique des industries mécaniques (Cetim), détaché au sein de l’Alliance pour la gestion du déploiement en régions. « Il s’agit pour les dirigeants d’ouvrir le champ des possibles, de se poser des questions du type : quels leviers puis-je activer ? », insiste Éric Bonnin, le directeur industrie de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Alsace.
 

À l’issue de cet audit, les patrons ont une meilleure idée des défis à relever : soit l’entreprise a besoin d’une simple remise à niveau, soit elle est à niveau mais elle doit intégrer une nouvelle technologie, soit elle doit faire muter son modèle économique. Le consultant aide alors les industriels à s’orienter vers les différents programmes et aides financières dont ils peuvent bénéficier. La particularité du programme Industrie du futur réside dans un accompagnement différent selon les régions. « Les conseils régionaux sont souverains pour déployer le programme, confirme Pierre-Marie Gaillot. Les dispositifs de soutien aux entreprises sont donc directement liés aux politiques d’industrialisation et d’emploi de chaque région. » Chacune d’entre elles est libre d’adapter les critères de sélection des entreprises qu’elle veut aider en priorité (chiffre d’affaires, effectifs…). Le rôle de l’Alliance est de proposer des dispositifs. Certains sont nouveaux, notamment un projet pour les industriels qui veulent se lancer dans la fabrication additive, mais la majorité sont des programmes existants qui s’intègrent aujourd’hui au programme Industrie du futur, comme Acamas (réflexion sur la stratégie de l’entreprise) et Robot Start PME (aide au financement du premier robot). Mais chaque région est libre de les déployer ou non, voire de les adapter selon ses priorités. « La région Aquitaine a voulu que le programme Robot Start PME soit élargi afin qu’il ne s’applique pas qu’au premier robot », illustre Daniel Richet, le directeur du développement régional et international du Cetim. L’Aquitaine, l’une des régions les plus en pointe pour l’industrie du futur, propose déjà une sorte de parcours pour les dirigeants, qui passent par exemple par une formation à l’excellence opérationnelle avant de se lancer dans des projets d’amélioration des conditions de travail.
 

Les régions peuvent aussi élaborer leurs propres programmes, comme c’est le cas en Ile-de-France avec le dispositif « prêt robot » qui a déjà profité à 24 entreprises en 2016. « Nous prêtons un robot à une entreprise pendant six mois. Cela permet à tout le monde de tester la technologie sans la barrière de l’investissement et le risque de conflit social dans l’entreprise se trouve réduit », avance Bruno Didier, élu à la CCI Paris Ile-de-France, président du Comité mécanique Ile-de-France. Autre dispositif francilien qui devrait voir le jour cette année : une plate-forme logicielle mutualisée pour les PME. Un ensemble de logiciels (ERP, conception, simulation, gestion de production) sera accessible dans le cloud pendant douze mois, permettant aux patrons de mesurer l’intérêt d’avoir une chaîne numérique complète.
 

L’accompagnement des PME reposant en grande partie sur l’implication des conseils régionaux, les agendas ont été quelque peu ralentis par le rapprochement des régions. « Avec les changements de périmètre et d’exécutif, certains projets avaient été mis en attente, mais aujourd’hui les régions sont toutes impliquées dans l’industrie du futur », affirme ­Pierre-Marie Gaillot. Le programme reste en avance sur le planning établi il y a trois ans. « Nous nous étions fixé un objectif de 2000 PME accompagnées avant la fin 2016. Cet objectif sera atteint car déjà 1 200 entreprises à ce jour ont pris part au dispositif », se félicite Daniel Richet. Ce volet accompagnement des PME est le plus avancé du programme Industrie du futur. Les autres consistent à lancer des projets de recherche sur des technologies avancées, à créer des vitrines technologiques, à travailler sur la place de l’homme dans l’usine et à améliorer la présence de la France dans les comités de normalisation.
 

Une dynamique positive

Bien sûr, 1 200 PME, cela peut sembler peu au regard de l’ensemble des entreprises du territoire. Le secteur de la mécanique compte à lui seul pas moins de 10 000 entreprises de plus de 10 salariés. Mais sous l’impulsion de l’Alliance, les régions sont désormais prêtes à jouer leur rôle de guichet d’entrée pour les patrons de PME qui souhaitent se renseigner sur le programme Industrie du futur ou s’engager dans un parcours d’accompagnement. Aujourd’hui, le réseau de 550 experts labellisés Industrie du futur est déployé sur tout le territoire et chaque région dispose de trois correspondants de l’Alliance (un expert en matériaux et procédés, un expert en automatismes et un expert en logiciels) qui sont chargés de l’évangélisation et de la mise en relation entre PME et experts. « Cette fois tout est prêt, affirme Tahar Melliti. Les patrons de PME se préoccupent de l’avenir, mais leur temps est pris par les carnets de commande à remplir. Le fait que les régions proposent désormais des solutions packagées va leur simplifier la vie. L’Industrie du futur a créé une bonne dynamique en France. Il faut désormais que cette dynamique ne s’essouffle pas. » 

Les sept technologies prioritaires
 

L’industrie du futur ne consiste pas seulement à déployer des technologies dans les PME, mais aussi à faire émerger une offre française. Des plates-formes technologiques, regroupant des offreurs français, sont en cours de création dans les sept domaines suivants:

  • Digitalisation de la chaîne de valeur. Il s’agit de mettre en avant les logiciels permettant d’obtenir une chaîne numérique complète pour que la vie du produit puisse être intégralement suivie, de la conception à la fabrication.
     
  • Automatisation, transitique, robotique. C’est la science des mouvements, du déplacement de produits ou de matériaux.
     
  • Fabrication additive ou impression 3 D. Elle concerne la fabrication d’un objet par décomposition de couches successives de plastique ou de métal.
     
  • Monitoring et contrôle. Les logiciels de MES et de supervision sont de plus en plus utilisés, mais il reste des défis en matière de tableaux de bord et d’aide à la décision.
     
  • Composites, nouveaux matériaux. Les composites, comme de nombreux nouveaux matériaux, posent des problèmes d’assemblage.
     
  • Place de l’homme dans l’usine. Les systèmes permettant de réduire la pénibilité d’un poste sont un des enjeux de l’industrie du futur.
     
  • Efficacité énergétique, empreinte environnementale. Des solutions logicielles existent, mais doivent être mieux valorisées.

Comment les auditeurs sont-ils choisis ?

 

Les PME qui s’inscrivent au programme Industrie du futur bénéficient d’un audit, puis d’un accompagnement par des consultants. Ces derniers sont sélectionnés par les régions, qui peuvent choisir parmi une liste d’experts labellisés par l’Alliance pour l’industrie du futur. N’est pas labellisé qui veut, car il s’agit de réussir un maximum de projets du premier coup (un échecfait davantage parler que dix projets réussis). L’Alliance recrute donc ses experts sur la base de leur CV, via des entretiens, mais aussi après formation et préparation. Elle leur fait surtout signer une charte de déontologie ainsi qu’un engagement de neutralité vis-à-vis des fournisseurs de solutions. Et à chaque fin de projet, les régions font un bilan de l’accompagnement afin qu’un consultant inefficace soit rayé de la liste de l’Alliance le cas échéant. 

Une carte de l’industrie du futur en France

 

Avant de se tourner vers les régions pour s’engager dans un programme d’accompagnement,les patrons de PME préféreront toujours échanger avec leurs pairs. C’est le constat qu’ont fait les membres de l’Alliance pour l’industrie du futur, qui lanceront début avril une carte virtuelle. Il s’agira d’un site internet présentant tous les projets menés dans le cadre du programme Industrie du futur.Les projets seront géolocalisés et classés par thèmes. Dès son lancement, le site comportera plus de 150 cas concrets, aidant ainsi les patronsde PMEà identifier et à localiser les entreprisesqui ont réalisé des projets dans les domainesqui les intéressent. L’Alliance fonde de grands espoirs dans ce site, qui pourrait fusionner prochainement avec une carte équivalenteen Allemagne, et à terme s’étendre à l’Italieet au Royaume-Uni. Enfin, en France, on réfléchit déjà à décliner le concept pour présenter une carte de France des offreurs de solutions. 

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