PME : des crédits plus chers et plus difficiles d'accès

La moitié des entreprises déplorent une dégradation des conditions d'accès et un alourdissement des coûts du crédit, selon un sondage de la CGPME. Des complications, mais pas encore de crédit crunch.

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PME : des crédits plus chers et plus difficiles d'accès
Pour près d'une entreprise sur deux, les conditions d'accès et coûts du crédit ont évolué défavorablement depuis le début de la crise financière et économique. C'est le principal enseignement tiré des résultats provisoires (1500 réponses dépouillées) d'un sondage réalisé, entre le 7 et le 20 octobre, par la Confédération générale des PME (CGPME) sur le financement bancaire des petites et moyennes entreprises. Ainsi, 39 % des sociétés interrogées estiment que les conditions d'accès et d'utilisation sont devenues plus difficiles et 56 % considèrent que les crédits sont plus onéreux. 36 % ont ressenti des changements dans leurs relations avec leur(s) établissement(s) bancaire(s).

Pour Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général du syndicat patronal des PME, « on n'assiste pas pour le moment au "credit crunch" tant annoncé. Il n'y a pas de gros blocage des crédits, mais une majorité d'entreprises doit tout de même faire face à des complications, des tracasseries, et une hausse de leurs coûts bancaires. »

Parmi ces difficultés, beaucoup de PME sondées soulignent l'allongement des délais d'acceptation (les dossiers remontant aux directions départementales ou régionales des banques), la remise en cause de facilités obtenues (par exemple, les frais de découvert ; un prêt accordé a même finalement été annulé deux mois après), des demandes plus fréquentes de documents comptables.

Une plus grande frilosité des banques

En résumé, les PME déplorent une plus grande frilosité de leurs établissements bancaires, qui limitent au maximum leurs risques. Ils demandent des cofinancements et surtout plus de garanties : cautions, contregaranties, blocage des comptes courants... Et plus de papiers : expertises des biens immobiliers personnels, revenus du conjoint, bilans de santé, attestations URSSAF, données sur les clients...

Enfin, les sociétés consultées par la CGPME constatent un renchérissement des crédits à travers les frais de dossier, les différentes cotisations et les taux (désormais entre 5 et 6 %). Ces derniers auraient augmenté de 1,5 point depuis janvier. Les entreprises ayant contacté des emprunts à taux variable sont les plus pénalisées. D'autres PME se plaignent d'alourdissement des frais de tenue de comptes et de basculement de charges vers les entreprises (frais de comptage de monnaie ou taxation des placements automatisés).

Et Jean-Eudes du Mesnil de conclure, « ces évolutions sont d'autant plus dommageables aux PME, que beaucoup d'entre elles sont à la merci des banques quant à la gestion de leur trésorerie et la réalisation de leurs investissements ». Du coup, de nombreuses entreprises repoussent leurs investissements. Ajoutant la crise à la crise.

Matthieu Maury

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