Plusieurs groupes de défense se plaignent des impayés de l'Etat

PARIS (Reuters) - Plusieurs groupes de défense français ont pressé le gouvernement cette semaine de rattraper des retards de paiements estimés à quelque deux milliards d'euros en raison d'une défaillance d'un système informatique.

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Vendredi, le géant européen d'aéronautique et de défense EADS, qui publiait ses résultats semestriels, est venu s'inscrire sur une liste de fournisseurs mécontents de l'Etat qui compte déjà Safran, Thales et Dassault Aviation.

Selon plusieurs intervenants, ces retards sont attribués à la mise en place du système de paiement interministériel Chorus, lequel enregistre des difficultés depuis fin 2009.

Le 12 mai, le ministère français de la Défense s'est dit déterminé à rattraper ces retards d'ici à la fin de l'été. A cette date, quelque 3,8 milliards d'euros d'engagements avaient été acquittés depuis le 1er janvier, soit 55% de la somme versée aux industriels l'an passé à la même époque.

"Pour le secteur de la défense dans son ensemble, les retards (actuels) sont estimés à près de deux milliards d'euros", a déclaré vendredi un porte-parole du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

Une cellule associant deux autres organisations ont demandé au gouvernement d'agir, a-t-il ajouté.

Dassault Aviation a indiqué jeudi attendre des versements équivalents à 200 millions d'euros. Pour Safran, l'addition s'élève à quelque 270 millions.

"Nous sommes également concernés", a souligné vendredi Hans Peter Ring, directeur financier d'EADS, en marge de la présentation des comptes semestriels de la société, sans donner davantage de détails.

Un porte-parole de la Direction générale de l'armement (DGA) a rappelé que les retards du système Chorus affectaient les paiements de plusieurs ministères.

D'après le ministère du Budget, le système Chorus a été conçu par le spécialiste allemand des logiciels et progiciels SAP.

Une porte-parole de SAP s'est refusé à tout commentaire vendredi et a estimé que ce dossier devait être commenté par le gouvernement français.

Matthias Blamont, Tim Hepher, avec la contribution de Nicola Leske, édité par Danielle Rouquié

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