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L'Usine Santé

Plus de vingt associations alertent sur les dangers du dioxyde de titane

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le , mis à jour le 14/01/2019 À 12H09

Plusieurs initiatives ont été lancées par le gouvernement pour interdire l'utilisation du dioxyde de titane présent dans beaucoup d'aliments, notamment des sucreries. Une vingtaine d'associations lui reproche de ne pas avancer assez vite dans les procédures et alerte des dangers de cet additif. L'Association des producteurs de dioxyde de titane (TDMA) se défend. 

Plus de vingt associations alertent sur les dangers du dioxyde de titane
Dioxyde de Titane broyé vu au microscope.
© Epop - c.c.

"Suspension de dioxyde de titane, Bercy doit encore bûcher". C’est avec ce slogan que 22 associations comme L’UFC-Que Choisir, 60 millions de consommateurs, ou encore la Ligue contre le cancer ont signé une tribune publiée dans Le Monde pour demander au  ministère de l’Economie d'interdire le dioxyde de titane (TiO2), ou E171 dans sa forme d’additif agroalimentaire.

Quelques semaines après cet appel, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances s'est exprimé sur la question. Il a d'abord annoncé son refus à signer l'interdiction de la molécule mais a changé d'avis quelques jours après, le 11 janvier 2019. "Bruno Le Maire a reçu l'Institut national de la consommation (l'éditeur de 60 Millions de consommateurs) ainsi que d'autres organisations de défense des consommateurs et/ou de l'environnement. Il s'est engagé à signer le 15 avril 2019 l'arrêté pour suspendre le E171, mais on ne connaît pas encore la date exacte de la mise en place de cette suspension", explique 60 millions de consommateurs. 

"Mais depuis… rien ne se passe"

Lors de sa tribune, le collectif d’associations commence par féliciter certaines marques agroalimentaires pour le progrès réalisé dans l'utilisation de ce colorant. Ils reprochent surtout au gouvernement de ne pas avoir donné suite aux démarches lancées plus tôt dans l'année. "En mai, le gouvernement s’était dit déterminé à suspendre le E171 avant la fin de l’année", commente le collectif.

La secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson avait alors émis un avis positif sur la suppression de son utilisation : "il est essentiel de s’interroger sur l’utilité réelle d’une substance dont le seul intérêt serait de rendre plus blanc que blanc les aliments alors que des doutes sérieux pèsent sur les risques sanitaires associés à son ingestion. Le gouvernement est déterminé […]", avait-elle indiqué dans un communiqué datant de mai 2018. 

"A l’automne, les parlementaires ont conforté cet engagement en votant la suspension du dioxyde de titane dans l’alimentation par l’article 53 de la loi alimentation […] Mais depuis… rien ne se passe. Pire, l’entrée en vigueur de cette mesure est gelée par Bercy", continuent les associations dans la tribune. Selon elles, "Bercy refuse de rédiger cet arrêté, au motif qu’il n’y aurait pas de danger suffisamment "grave ou immédiat" pour activer la clause de sauvegarde au niveau européen". 

Le Monde publie parallèlement une liste de produits de consommation courante qui contiennent cet additif, selon la classification établie par la base de données Open food facts. Plusieurs études avaient été publiées en 2017 démontrant le caractère cancérigène du dioxyde de titane.

Des risques mal connus 

Le Comité d’évaluation des risques (CER) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) avait suggéré son classement comme substance suspectée cancérigène de catégorie 2. L’annonce de l’ECHA fait suite à une proposition de la France se basant sur des études d’inhalation réalisées sur des rats. Dans cette étude, publiée dans Scientific Reports en janvier 2017, des scientifiques de l’Inra ont observé les conséquences d’une exposition orale aux nanoparticules de dioxyde de titane. "Ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans toutefois permettre d’extrapoler ces conclusions à l’homme et pour des stades plus avancés de la pathologie", concluait l'analyse. 

"Dans le cas spécifique de la nourriture, le TiO2 comme additif alimentaire E171, a suivi un processus européen de tests et de classification rigoureux qui a prouvé que le TiO2 ne perdure ni ne s’accumule dans le corps humain ou l’environnement", affirme l'Association des producteurs de dioxyde de titane (TDMA) à L'Usine Nouvelle. En particulier, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé en 2016 que les données relatives à l'additif E171 ne présentaient aucun risque pour la santé des consommateurs". EFSA recommande pourtant dans ce même document de nouvelles analyses et données pour continuer les recherches. 

"En plus de 50 ans d'utilisation comme colorant, aucun lien vérifiable n'a jamais été démontré entre l'ingestion générale de TiO2 et la mauvaise santé chez l'homme"; ajoute la TDMA. 

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