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L'Usine Aéro

Plus de 200 PME de l’aéro bénéficieront du nouveau plan de soutien Performances Industrielles

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Publié le

Entretien Montées des cadences de production obligent, les PME de l’aéronautique doivent se mettre au niveau. Un second volet du plan de soutien Performances Industrielles pourrait être défini cet été.


Crédit Space - (de gauche à droite) Christophe Cabaret, directeur des opérations et Eric Fanio, chef de projet Perfomances Industrielles à Space.

L'association SPACE (Supply Chain Progress towrd Aerospace Community Excellence) s'est vue confier la maîtrise d'œuvre d'un vaste programme national pluriannuel (2014-2016), sous pilotage du Gifas, baptisé Performances Industrielles. Créée en 2007 par les principaux donneurs d'ordre de la filière (Airbus et Safran en tête, rejoints très vite par Thales, Dassault Aviation, Liebherr, Daher, Diehl ou encore Latécoère), l'association basée à Blagnac dans l'agglomération toulousaine a pour mission est d'accompagner les PME dans l'amélioration de leur performance industrielle. Christophe Cabaret, directeur des opérations à SPACE, présente un premier bilan de cette opération et les réflexions déjà engagées pour le lancement d'un Performances Industrielles 2. 

L'Usine Nouvelle - Pouvez-vous nous rappeler les objectifs et le mode opératoire de cette opération Performances Industrielles ?

Christophe Cabaret - Face aux montées en cadences imposées par la dynamique commerciale d'Airbus, la fiabilité de l'ensemble de la chaîne d’approvisionnement française s'est imposée comme une priorité, avec un double objectif de respect des délais et d'amélioration de la qualité, avec une double responsabilité, de la part des donneurs d'ordres et des fournisseurs. Très vite, tous les spécialistes de la filière ont mis en lumière la nécessité d'impliquer tous les acteurs dans cette démarche. En travaillant sur l'améliorant du dialogue et des échanges d'informations entre donneurs d'ores et fournisseurs, on aboutit mécaniquement à une amélioration des livraisons à l’heure.

Nous avons donc lancé une première opération pilote dès 2010, baptisée Aerolean'K, dans les deux régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. Labellisée par le pôle de compétitivité Aerospace Valley et soutenue par les services de l'Etat (direccte), les deux conseils régionaux concernés et l'Europe, via des fonds Feder, Aerolean'K a permis de toucher 57 PME et 11 donneurs d'ordres, que nous avons organisés en groupe de travail, ou "grappes", associant chacune une poignée de PME et un fournisseur. Le budget mobilisé était de 1,3 million d'euros et a permis de mobiliser une vingtaine de consultants pour un peu plus de 1 000 jours d'accompagnement.

Avec quels résultats ?

Le premier bilan a été vraiment satisfaisant. D'une part, tous les participants ont souligné la nécessité de mettre en place de nouveaux protocoles d'échanges entre tous les acteurs de la supply chain et de nouveaux outils de suivi de la production. Il faut bien comprendre qu’au sein de la filière aéronautique, 50% des PME emploient moins de 50 salariés. Certaines n'avaient en 2010 aucune notion de ce que l’on dénomme le lean. Face à des carnets de commandes en forte croissance, beaucoup n'arrivaient plus à livrer dans les temps. Dans un contexte de forte croissance - rappelons que sur la période concernée (2010-2011) certaines ont vu leur chiffre d'affaires décoller de plus de 30% - la livraison à temps a été globalement amélioré de quelques pourcents, avec pour certaines PME des améliorations pouvant aller de 10 à 25%. De quoi nous encourager à poursuivre et amplifier l'opération.

D'où le lancement de Performances Industrielles ?

Une première déclinaison d'Aerolean'k a été conduite sur la région Pays-de-Loire dès 2012, avec le même enthousiasme que dans le Sud-Ouest. Sur la base de ces deux premières initiatives, le Gifas a ensuite décidé en décembre 2013 de nous confier le déploiement d'une nouvelle opération cette fois ci à l'échelle nationale, avec pour ambition de mobiliser très largement l'ensemble de la filière française. L'ambition était d'impliquer pas moins de 400 PME au sein de 65 grappes, avec un triple objectif : améliorer les performances industrielles (livraison à temps, mais aussi qualité et profondeur de retard), améliorer la maturité industrielle avec la mise en œuvre d'outils de lean, de qualité, de gestion de flux et enfin renforcer la qualité de la relation client/fournisseur.

Objectifs atteints ?

Parfaitement et même au-delà de nos espérances. En tout, 69 grappes ont été validées, regroupant globalement 405 PME et 69 donneurs d'ordres. Sur les dernières grappes, la démarche est descendue en profondeur dans la supply chain, avec certaines PME étant à leur tour tête de grappes pour leurs propres fournisseurs. C'est le cas du gersois Cousso, du tarnais Freyssinet ou encore du Lot-et-Garonnais Asquini (Nexteam Group). Au final, toutes les régions ont été concernées. Si 16 grappes ont été constituées sur le seul territoire de l'ancien périmètre de Midi-Pyrénées, l'opération a vraiment été déployée à l'échelle nationale, avec des grappes un peu partout en France, en Bretagne, dans le Nord et l'Est de la France, mais aussi en Corse.

Avec quels moyens et quels résultats ?

Coté budget, Performances Industrielles a mobilisé 22,9 millions d'euros. Le projet est financé sur 3 ans (2014-2015-2016) par l'Etat (6 millions d'euros au titre du Programme d'Investissement d'Avenir), les Régions (dans le cadre de la formation – 2,2 millions d'euros), le GIFAS (3,3 millions d'euros) et les donneurs d'ordre et fournisseurs (11,4 millions d'euros). SPACE apporte son expertise technique. Très concrètement, nous aidons à constituer les grappes et à définir des actions personnalisées sur 18 mois. Pas moins de 40 consultants ont été mobilisés sur tout le territoire national. Un outil d'évaluation a été mis en ligne. Des briques technologiques ont été conçues et proposées pour apporter des fondations homogènes à l'ensemble des participants, concernant les flux dans l'entreprise, les approvisionnements, la planification de la production ou encore le suivi qualité. Sur les 18 premières grappes (105 PME), nous avons des résultats très concrets. Pour plus de 75% des entreprises, la réduction moyenne des retards de livraison est de 57,63%, soit un gain de 13,52 points. La profondeur de retard s'est améliorée de plus de 10 jours et la qualité a progressé avec une réduction moyenne des retours usine de 66,50%. Mais attention, il reste encore du chemin à parcourir.

Il y aura donc un Performances Industrielles 2 ?

Nous le souhaitons et c'est ce que les entreprises avec lesquelles nous travaillons nous demandent. L'opération doit théoriquement se terminer au 31 décembre 2016, mais nous sommes en train de négocier pour décaler le calendrier de six mois pour consolider notre travail. Par ailleurs, nous réfléchissons en effet au montage d'un nouveau projet. Nous avons axé notre action ces dernières années sur la prise en compte à court terme des carnets de commandes et sur les délais de livraison. Il faut maintenant s'intéresser aussi à la planification à six mois et plus, pour accompagner les décisions d'achats et d'investissements, avec un visibilité sur les ramp up et ramp down. C'est l'un des axes de réflexion pour ce prochain projet. Le principe d'un Performances Industrielles 2 vient d'être validé par le bureau exécutif du Gifas. L'idée serait d'engager 200 à 250 PME dans la nouvelle opération, majoritairement des PME ayant participé au premier volet de Performances Industrielles. Le projet pourrait être précisé d'ici l'été. En parallèle, nous travaillons sur des projets plus régionaux, pour toucher en profondeur la filière et notamment impliquer de nouvelles entreprises. Des discussions sont déjà bien engagées avec des conseils régionaux, dont celui de Rhône-Alpes-Auvergne.

Quelles nouveautés pourriez vous mettre en œuvre ?

Enfin, l'association SPACE a beaucoup appris ces dernières années et nous avons décidé de valoriser notre expertise en développant de façon très significative nos activités de formation. Nous allons démarrer cette année une dizaine de nouveaux modules, sur l'ERP, la planification PIC/PDP (plan industriel et commercial/plan directeur de production), la résolution de problème, ou encore les fondamentaux du lean. Des formations courtes, mais très ciblées sur l'applicatif. Nous allons également animer des ateliers régionaux, autour de clubs locaux de 10 à 15 entreprises, pour favoriser l'échange de bonnes pratiques. Un premier groupe a été mis en place en région toulousaine, avec 13 PME issues des trois premières grappes créées en 2014. C'est une façon très concrète de poursuivre l'action engagée, de la pérenniser dans le temps et de trouver d'autres axes d'amélioration.

Propos receuillis par Marina Angel

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