Pluie d'euros sur les entreprises Internet

Vivendi, News Corp. et Groupe Arnault annoncent simultanément des investissements massifs vers les entreprises Internet.

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Pluie d'euros sur les entreprises Internet

Les industriels ouvrent grand les vannes. C'est, en deux jours la semaine dernière, près d'un milliard d'euros qui se sont débloqués en Europe en faveur du financement d'entreprises actives dans le domaine d'Internet. Michel Dahan, président du directoire de Banexi Ventures (le fonds d'investissement de la BNP), applaudit : " C'est un moment capital. Ce changement de magnitude dans les sommes mises en jeu indique clairement que les industriels sont désormais totalement entrés dans le jeu ", commente-t-il. Cela dit, pour les start-up françaises - et européennes -, la nouvelle n'est bonne qu'à demi. La bonne moitié, c'est Europaweb, l'entreprise créée par Groupe Arnault (le holding personnel de Bernard Arnault, patron de LVMH). Elle sera dotée de 500 mil-lions d'euros pour financer des start-up ou prendre des participations dans des entreprises Internet. Son champ est mondial - comprendre : américain -, mais les entreprises européennes devraient également profiter de la manne. Déjà, avant même la création d'EuropaWeb, Bernard Arnault, qui commence à posséder un bon petit portefeuille de participations dans cet univers, avait notamment investi dans le fournisseur d'accès gratuit à Internet Liberty Surf (40 % aux côtés de Kingfisher) ou encore dans boo.com, site de commerce établi à Londres. Pour le Groupe Arnault, la priorité affichée est clairement les entreprises de commerce électroniques, même si, comme le prouve Liberty Surf, toutes les opportunités sont envisageables. Quant à la motivation, elle est financière, bien sûr, mais Bernard Arnault n'en fait pas un mystère : il s'agit bel et bien de bâtir une " nouvelle activité " pour le groupe. " Sauront-ils placer l'argent au bon endroit ? " L'autre partie des annonces réjouira moins les start-up locales. Vivendi, d'un côté, et epartners, (filiale de News Corp.), de l'autre, se sont toutes deux alliées, indépendamment, au japonais Softbank, pionnier du " cyber-investissement " (il possède notamment 26 % de Yahoo ! et 27 % d'E*Trade). L'idée, cette fois, est de dupliquer en Europe continentale (pour Vivendi), en Grande-Bre-tagne, en Nouvelle-Zélande, en Inde et en Australie (pour epartners) la politique qui a si bien réussi à Softbank : aider à l'implantation locale d'entreprises américaines - en priorité, celles dont Softbank est actionnaire - qui ont déjà connu le succès sur leur marché. Softbank compte à son actif une dizaine d'" acclimatations " réussies sur le marché japonais, de Yahoo ! Japan à Car Point Japan. Pour les nouveaux alliés de Softbank, cette stratégie constitue le moyen de s'approprier rapidement le savoir-faire d'entreprises qui ont déjà " pignon sur Web ". Michel Dahan note que cela constitue une réelle opportunité, d'autant, dit-il, que les pionniers américains " n'ont absolument aucun temps à consacrer à leur internationalisation ". A défaut d'être partis les premiers, autant en profiter, donc, pour refaire une partie de son retard. Ces deux alliances mettent en lumière une particularité européenne. Elles montrent, comme le souligne une étude de Morgan Stanley Dean Witter, que, en Europe, les grands groupes de médias - c'est vrai aussi des opérateurs de télécommunications - ont su profiter des erreurs de leurs homologues américains. Alors que, aux Etats-Unis, le seul acteur majeur des médias traditionnels à figurer dans le " top 10 " est Disney, les groupes européens sont tous en train de prendre position sur le Web, ne laissant guère aux nouveaux venus l'occasion de se faire une place. Il ne reste plus qu'à voir, comme le note Bruno Van Ryb, président de Croissance Plus (et de BVRP) , si ces géants " sauront placer leur argent au bon endroit ". Il se réjouit de " cette démonstration éclatante de la valeur des thèses de la "nouvelle économie" fondée sur des entreprises de crois- sance ". Mais, avertit ce spécialiste, " attention, avec Internet, il faut se méfier de ce qui brille!... ". Franck Barnu Près de 1 milliard d'euros en jeu Aviso Partenaires : Vivendi-Softbank (50-50). Investissement : 97 millions d'euros. Objet : " incubation " de start-up américaines en Europe. Vivendi investit en outre 194 millions d'euros dans le fonds américain de la Softbank. Eventures Partenaires : epartners (filiale de News Corps)- Softbank (50-50). Objet : " incubation " de start-up américaines en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Inde. epartners investit en outre 97 millions d'euros dans le fonds américain de la Softbank. Première opération : 22 millions d'euros dans la filiale anglaise e-loan (crédit immobilier sur Internet). Europaweb Société d'investissement du Groupe Arnault. Investissement : 500 millions d'euros. Objet : financement de start-up et prises de participation dans des sociétés Internet. Priorité : commerce électronique. Viventures boucle son tour de table Viventures, le fonds de capital-risque de Vivendi, annoncera officiellement le bouclage de son tour de table à la fin de cette semaine. Ce fonds, qui envisage d'investir " de 200 à 250 millions de francs par an " dans des start-up Internet, se monte à 770 millions de francs. Huit mois après sa création, il annonce avoir investi " plus de 150 millions de francs dans une douzaine d'entreprises ". Sa principale référence est aujourd'hui les 10 millions de francs, investis avec d'autres partenaires, dans le français iMediation (commerce électronique).

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