Economie

PLFSS : un milliard d’euros d’économies demandé à la pharma

Gaëlle Fleitour

Publié le

La ministre de la Santé vient de révéler les grandes lignes du nouveau budget pour la Sécurité Sociale. Malgré les appels de l’industrie de la santé, cette dernière n’a pas été épargnée et contribuera à un tiers des économies annoncées.

PLFSS : un milliard d’euros d’économies demandé à la pharma © D.R. - Leem

Les mises en garde de l’industrie de la santé se sont révélées vaines. Alors que la conférence de presse sur le nouveau Plan de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) est attendue pour ce jeudi 26 septembre, à midi, la ministre de la Santé Marisol Touraine vient de dévoiler au journal Les Echos les grandes lignes de son projet destiné à réaliser 2,9 milliards d’euros d’économies. Entre la baisse des prix des médicaments et le développement des génériques, y compris ceux des médicaments issus des biotechnologies, il demande un milliard d’euros d’économies à la pharmacie. De quoi révolter les industriels de la santé qui s’étaient déjà émus, il y a quelques jours à l’occasion d’une grande conférence de presse commune que le médicament soit encore une variable d’ajustement pour les pouvoirs publics. Alors que le marché pharmaceutique est entré en récession en France depuis dix-huit mois.

Des baisses de prix "arbitraires" pour les industriels

Des baisses de prix "arbitraires" pour Marc de Garidel, patron du G5, le cercle de réflexion des industries de santé française, alors que d’autres mesures, comme le développement de l’automédication (les médicaments sans ordonnance) permettraient de réaliser des économies. "La nouvelle Stratégie Nationale de Santé annoncée par Marisol Touraine est l’occasion de développer un parcours de soins pharmaceutique, explique-t-il. Il serait donc incompréhensible de priver l’assurance maladie de 300 millions d’euros d’économies immédiates, avec le maintien d’emplois en France, en alignant simplement la France sur ce qui se pratique dans les autres pays européens."

L’hôpital relativement épargné

En atteignant un milliard d’euros, l’effort demandé à l’industrie de la pharmacie dans le nouveau PLFSS est du même niveau que l’an dernier. 56% des économies avaient alors pesé sur les entreprises du médicament, alors que ce dernier ne représente que 15% des dépenses de santé, selon Patrick Errard, le président du Leem. "Il faut faire des économies structurelles, et équitablement réparties entre les différentes branches de l’Assurance-Maladie", réclame-t-il.

Un point de vue qui semble partagé par la Cour des Comptes : dans un rapport publié mi-septembre, l’institution ciblait notamment l’optique, les hôpitaux et les laboratoires d'analyses. Pourtant, seulement 440 millions d’euros seront demandés à l’hôpital dans le nouveau PLFSS, contre 650 millions l’an passé.

Expérimenter les médicaments distribués à l’unité

Les fabricants de dispositifs médicaux (fauteuils roulants, appareils orthopédiques, pansements…) ne seront pas épargnés, avec 120 millions d’euros d’économies attendus. Enfin, Marisol Touraine annonce l’expérimentation de la distribution de médicaments à l’unité pour réduire la consommation de ces produits, chaque Français conservant en moyenne 1,5 kilo de médicaments non utilisés dans sa pharmacie, selon elle. Une initiative qui sera entamée avec certains antibiotiques dans des régions pilotes.

Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte