PlastiquesLes transformateurs auront du mal à suivre

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Plastiques

Les transformateurs auront du mal à suivre



1/ Matières de base

USINES à PLEIN RéGIME, PRIX TIRéS à LA HAUSSE

Les producteurs européens tournent au maximum de leurs capacités, et leurs prix, en forte hausse depuis la mi-juillet, n'ont pas terminé leurs courses ascensionnelles. Tirés par le bon niveau, au premier semestre, du bâtiment et de l'emballage, les carnets de commandes des producteurs de PVC devraient rester élevés, ce qui poussera les prix vers le haut. Même phénomène pour les thermodurcissables, alimentés par la reconstitution des stocks des fabricants de peintures, de composites et de colles. Le polypropylène, le polyuréthanne resteront soumis à de fortes pressions si l'automobile ne marque aucun fléchissement.

LE POLYéTHYLÈNE VA ENCORE AUGMENTER

Les Américains se détournent de l'Europe pour alimenter leur propre marché, privé pour quelques mois encore des livraisons du craqueur accidenté d'Exxon de Baton Rouge. Les Européens devront continuer d'approvisionner la forte demande du Sud-Est asiatique. Les prix ont donc de grandes chances de rester orientés à la hausse, malgré la remise en service, attendue le 20septembre, du craqueur, lui aussi accidenté, d'Enichem à Priolo et de son unité de polyéthylène. De 3,60francs en juillet, le kilo de polyéthylène de haute et basse densités tourne autour des 5francs. Il pourrait se négocier vers 5,50 francs en octobre-novembre.



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6 /Transformation

LES PLASTURGISTES DOUTENT DE LEUR MARGE DE MANoeUVRE

Les prix des polyoléfines, qui flambent depuis le début juillet, seront plus difficiles à répercuter qu'au premier semestre et n'aideront pas à restaurer les marges. Les stocks, qui se reconstituent à vive allure, restent des stocks de précaution et non des stocks d'anticipation tant que la demande finale n'aura pas confirmé sa relance. Sur l'ensemble de l'année, les ventes sur le marché intérieur ne devraient guère progresser au-delà de 1 à 1,5%.

EUPHORIE EN TROMPE L'oeIL DANS LES SACS PORTABLES

La dizaine d'entreprises qui se partagent la moitié environ du 1,5 milliard de sacs plastiques distribués dans les grandes surfaces mensuellement bénéficient depuis quelques mois de la perte de compétitivité de leurs concurrents de Taiwan, de Chine Populaire ou de Singapour, handicapés par la forte hausse de leur matière première (40 % de leurs prix de revient). Mais la reconquête de ce marché est compensée par la chute des ventes des emballages publicitaires et des articles destinés aux grands magasins qui souffrent de l'érosion des budgets promotionnels.



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CONSTRUCTION ÉLECTRIQUE PROFESSIONNELLE



20/ Automatismes

LA CONCURRENCE POUSSE À LA BAISSE

"Nous allons vendre moins cher", prévoient la plupart des constructeurs d'automatismes. Car, même si les usines sont plutôt mieux exploitées, l'arrivée de produits asiatiques sur le marché intérieur tire les prix vers le bas. D'autant plus que la demande a diminué et que le gâteau à se partager se révèle de plus en plus petit. La marge demeure cependant inchangée, grâce notamment à la baisse du coût des composants en provenance du Sud-Est asiatique, dont la diffusion et la commercialisation sont de mieux en mieux assurées.

MARGE DU CÔTÉ DES MICRO-AUTOMATES

Les micro-automates devraient permettre aux principaux fabricants du secteur d'augmenter leurs marges. Bientôt, on trouvera ces produits partout. Dans les tableaux électriques pour remplacer de simples relais, mais également dans les armoires industrielles pour se substituer aux gros calculateurs centralisés. C'était le cheval de bataille des Asiatiques pour tenter de s'approprier le marché hexagonal. Mais les constructeurs européens ont peu à peu récupéré ce domaine d'activité. Leurs produits, plus sophistiqués et dotés de moyens de communication, sont devenus compétitifs grâce à des usines fortement automatisées capables de produire en grandes quantités des produits de prix compétitifs.





21/ Appareillage basse tension

BAGARRE DE REMISES

Les prix subissent une baisse continue. En effet, la plupart des constructeurs veulent conserver à tout prix leur part de marché et leurs carnets de commandes remplis. Pour y parvenir, ils consentent d'énormes remises à leurs clients, alors qu'aucune reprise sur le marché intérieur ne se fait sentir. Car, à l'opposé du contrôle industriel nécessaire à l'amélioration de la productivité des industries, le marché du matériel électrique basse tension est lié au tertiaire et à l'immobilier, deux secteurs qui tardent à redémarrer.

ÉVOLUTIONS TRÈS CONTRASTÉES D'UNE ACTIVITÉ À L'AUTRE

Pas simple de dégager une évolution des coûts du matériel de basse tension tant les indicateurs qui sont à la base de leur formation sont dissemblables! En effet, les produits de ce secteur sont plus rassemblés en fonction de leurs débouchés que de leur fonctionnalité. Le matériel électrique basse tension comprend ainsi des boîtes de connexion tout en plastique et des contacteurs électromécaniques comportant des dizaines de composants différents. Les coûts du premier type de matériel dépendront surtout du cours des matières premières. Alors que ce seront les évolutions technologiques qui seront prépondérantes sur les coûts du second. Une tendance à la baisse si elles permettent de produire moins cher; à la hausse si elle permettent de proposer des produits disposant de plus grandes fonctionnalités.



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MESURE-CONTRÔLE



12/ Appareils de mesure

LA TENDANCE N'EST PAS à LA HAUSSE

Augmenter les prix? Les constructeurs d'appareils de mesure et de contrôle ne l'envisagent vraiment pas. Ils doivent avant tout répondre aux conditions d'un marché extrêmement concurrentiel. En Europe, où les prix sont déjà plus élevés qu'en Asie ou aux Etats-Unis, leur marge de manoeuvre est limitée. Sur le marché intérieur, ils sont face à des concurrents étrangers favorisés par les parités monétaires. Pas d'autre solution, pour faire de la marge, que de resserrer les coûts de production. Ou, bien sûr, d'innover.

L'INNOVATION LAISSE UNE MARGE DE MANoeUVRE

L'américain Fluke aurait mauvaise grâce à se plaindre: son Scopemeter, sorti il y a deux ans, panache dans un seul et même boîtier un oscilloscope numérique de 50 Mhz et un multimètre 3.5. Cet appareil portable et peu coûteux (environ 10000 francs) fait un tabac. "Ce produit a créé la demande et complètement restauré les marges de l'entreprise", estime Claude Brunier Coulin, P-DG de Fluke France. Le français Sefram a su refiter ses produits: son générateur d'impulsion 4450 (vendu 40000 francs) contient un seul potentiomètre au lieu de 48. "La vérification du produit en fabrication prend une heure au lieu de huit. Son prix de revient a chuté des deux tiers. Nous sommes compétitifs", affirme François Martinez, le P-DG de Sefram.





SOUS-TRAITANCE

Le prix de la dépendance



Toujours la même logique! Les sous-traitants, premiers à subir la crise, sont aussi les derniers à profiter de la reprise. Question de rapport de forces, qui ne peut s'inverser au profit des preneurs d'ordres tant que la demande n'a pas rattrapé l'offre potentielle. Ce qui est encore très loin d'être le cas. Par exemple, selon les dernières tendances établies par le Sessi (Service des statistiques du ministère de l'Industrie), les rythmes d'activité dans la sous-traitance en transformation des métaux seraient comparables à ceux de 1992, qui n'était pas une année faste.

Les hausses des matériaux ne peuvent être répercutées

Pas de quoi s'affoler non plus dans la plasturgie, dans les caoutchoucs industriels ou le câblage électronique. Car aucun des grands débouchés de la sous-traitance n'a totalement retrouvé la santé. A commencer par l'industrie du véhicule, qui lui dispense environ la moitié de ses commandes. Quant à l'aéronautique-armement, deuxième client des preneurs d'ordres, il reste durablement enkysté dans la crise... Dans leur majorité, les sous-traitants ne se jugent donc pas en situation de négocier leurs prix de vente à la hausse. Surtout que la concurrence reste forte. Aussi leur sera-t-il quasi impossible de compenser les hausses appliquées par leurs fournisseurs de matériaux, notamment sur les marchés des métaux et des plastiques. Beaucoup de sous-traitants, au plus fort de la crise, ne s'était évidemment pas privés de profiter de la chute des cours des matières premières. Certains avaient même constitué des stocks stratégiques... Sage précaution! Mais la reprise aura tôt fait d'épuiser ces petits trésors de guerre. Finalement, il va bien falloir accepter de s'approvisionner au prix fort. Un véritable piège. Car, côté facturation, les sommes risquent d'être moins rondelettes.



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MÉCANIQUE



5/ Composants mécaniques

HAUSSES ATTENDUES, SANS EFFET GéNéRAL SUR LES MARGES

Après avoir atteint, un niveau très bas, la demande intérieure est en forte croissance. Quant au marché européen, il est jugé soutenu, en particulier en Italie, en Allemagne et en Angleterre. Et, comme dans le même temps, le coût des approvisionnements a augmenté de manière sensible, des hausses de prix sont attendues. Les sous-traitants se contenteront de répercuter la hausse des approvisionnements. Les fabricants de matériels de série pourront plus franchement restaurer leurs marges, car la demande est plus forte.

LES FABRICANTS DE RéDUCTEURS RESPIRENT

Certains ont déjà annoncé une hausse des prix pour septembre. D'une part, le redémarrage de la demande intérieure et la bonne tenue du marché européen le leur permettent. "Les capacités de production tournent à plein, nous avons même embauché des intérimaires durant l'été", souligne Philippe Dulaey, membre du directoire de Sew-Usocome. D'autre part, le prix des approvisionnements, à l'exception des pièces de fonderie, ont suivi une courbe ascendante, notamment ceux des roulements. Au bout du compte, les fabricants devraient pouvoir restaurer leurs marges. Grâce à une hausse - modérée - de leurs prix. Mais aussi en absorbant mieux les coûts fixes grâce à l'augmentation des volumes.





7/ Matériels de travaux publics

FAIBLE MARGE DE MANoeUVRE

Retour au beau fixe sur les marchés. Mais ce sont les matériels de terrassement (plus des deux tiers de la production du secteur en valeur) qui tirent l'activité. L'évolution de la demande de matériels pour le béton et pour les routes est encore faible (voire stable). La vive concurrence qui s'exerce encore sur l'ensemble des marchés contraint les constructeurs à modérer toutes hausses de tarifs. Les tractations vont bon train avec les fournisseurs de matières premières et d'équipements, qui, eux, annoncent des augmentations. Mais elles ne déboucheront pas avant 1995.

LES PELLES HYDRAULIQUES AUGMENTERONT EN 1995

Un matériel comme la pelle hydraulique voit ses ventes progresser de plus de 20% depuis le début de l'année. Retournement radical après quatre années de crise (-20% l'an). Les constructeurs ne pavoisent pas pour autant. "Nos fournisseurs nous ont déjà annoncé des hausses de prix entre 3 et 10% pour 1995", explique Wilhelm Laekamp, directeur général commercial de Liebherr. Les constructeurs seront donc condamnés à répercuter ces augmentations, mais pas complètement, tant le marché reste fortement concurrentiel. La course à la productivité et à l'innovation seront leurs seules planches de salut.





14/ Manutention

DANGER SUR LES MARGES!

La reprise est lente. Le marché va rester vendeur de longs mois encore, les prix ne bougeront donc pas d'ici à la fin de l'année. De timides prévisions d'augmentations sont à l'étude chez les constructeurs de chariots pour 1995. Ce n'est pas le cas des autres types de matériels. Les fabricants de rayonnages de stockage, par exemple, ne peuvent pas répercuter les hausses importantes de l'acier déjà effectives. Des hausses qui vont même s'amplifier en 1995.

CHARIOTS éLéVATEURS: VéRITé DES PRIX

Produit de grande diffusion dans le secteur de la manutention, le chariot élévateur a pu surmonter mieux que d'autres la crise. Pourtant, les prix n'ont guère augmenté ces dernières années. En dix ans, la hausse n'aura pas dépassé les 10%... De plus, les remises et autres rabais se sont institutionnalisés ces trois dernières années. Des dérives pouvant aller jusqu'à -30% ont été enregistrées. Avant d'augmenter ses tarifs, la profession va revenir à des négociations de prix plus raisonnables. De là à restaurer les marges... Elle est très largement tributaire des fournisseurs extérieurs (matières premières, moteurs, transmissions...).

Daniel Coué



15/ Machines-outils

DES PRIX TOUJOURS TIRéS

La machine-outil ne déroge pas à la règle des biens d'investissement lourds. Entrée la première dans la crise, elle en sort, aujourd'hui, la dernière. Et très lentement. Si les tarifs n'ont pas bougé depuis trois ans, les prix réels sont, eux, toujours fortement en deçà. D'ici à la fin de l'année, les constructeurs espèrent au mieux diminuer les remises pour retrouver des marges honnêtes. D'autant plus que les coûts d'approvisionnement repartent à la hausse. Les matières premières en tête.

OFFRE SURABONDANTE DE CENTRES D'USINAGE

Depuis l'arrivée des Japonais sur le marché, la production de centres d'usinage n'a cessé d'être surcapacitaire dans le monde. A tel point que même deux grandes marques allemandes comme Deckel et Maho n'ont pu éviter le dépôt de bilan. Que dire alors des rares constructeurs français encore présents sur le marché? Après trois années de rabais, qui ont pu atteindre jusqu'à 30%, leurs marges sont laminées. Et comme la reprise se fait encore attendre - surtout en France -, les constructeurs vont avoir bien du mal à augmenter leur tarifs d'ici à la fin de l'année. Même si ces augmentations sont justifiées par les hausses de matières premières comme la fonte. Certains comptent néanmoins redresser la barre en jouant sur l'innovation (usinage grande vitesse, système de balançage automatique des bruts...).

Daniel Coué

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SIDÉRURGIE



2/ Acier

NOUVELLES AUGMENTATIONS EN PERSPECTIVE

Pour le quatrième trimestre, les fournisseurs de produits longs, comme les poutrelles ou le fil machine, ont annoncé de nouvelles hausses. Les prix ne devraient pas en rester là: dans de nombreuses spécialités, surtout celles liées aux industries mécaniques et à l'automobile, les carnets de commandes sont pleins jusqu'au début de 1995. Pénalisés cette année par la hausse des prix de la ferraille, les sidérurgistes abordent la prochaine avec optimisme.

RéPIT SUR LES PRODUITS PLATS

Si les bandes à chaud augmentent pour le quatrième trimestre, la prochaine hausse (100 francs la tonne) des tôles à froid et des produits galvanisés n'est programmée que pour le 1erjanvier. Mais Sollac ne s'engage que pour le premier trimestre de 1995. L'objectif des producteurs est de revenir aux niveaux de prix enregistrés en 1988 et fin 1991, en évitant les excès de 1989-1990. Avec une base de 2300 francs la tonne pour les produits à chaud livrés au négoce, on ne sera pas loin, dans trois mois, des 2400 francs considérés comme "normaux" par les producteurs. Les projets de hausse sont favorisés par l'état de tension mondial du marché, qui a vu le cours international de la tôle à chaud passer de 280 à 360 dollars la tonne depuis six mois.





10/ Première transformation

DIFFICILE DE RéPERCUTER LES HAUSSES

Les mois qui viennent s'annoncent difficiles. Les entreprises de la première transformation de l'acier auront du mal à répercuter sur leurs clients les hausses de leur matière première, qui représente souvent de 50 à 60% de leurs coûts. En effet, la demande des produits destinés au B-TP n'a pas vraiment redémarré, tandis que l'automobile continue de faire pression sur les prix.

FAIBLES PERSPECTIVES D'AUGMENTATION DANS LES CLÔTURES

"Nous avons pu répercuter la hausse du fil machine intervenue en avril, mais nous ne pouvons absorber les augmentations annoncées pour octobre et janvier prochain." Jacques Dirickx, patron de l'entreprise familiale qui porte son nom, l'un des leaders sur le marché français des clôtures, est clair. Le marché a reculé, en volume, d'environ 15% cette année. Pour la saison prochaine, on escompte un léger mieux, avec un certain redémarrage de la construction individuelle. D'où la possibilité de faire passer les hausses de prix matière intervenues au printemps dernier. Sans plus.

Jean-Pierre Gaudard

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AUTOMOBILE



13/ Voitures

FIN DE LA COURSE AUX RABAIS

"La guerre des prix demeure vigoureuse", souligne Luc-Alexandre Ménard, directeur commercial France de Renault - qui vient de lancer une nouvelle opération commerciale, "-5000 francs", sur la Supercinq. Mais la reprise du premier semestre, entraînée par la prime Balladur et les mesures d'accompagnement des constructeurs, a au moins porté un coup d'arrêt à la folle surenchère en matière de rabais. "Le prix final payé par le client ne réaugmente pas, mais il a cessé de baisser", précise-t-on chez Citroèn.

LES TARIFS CATALOGUE AUGMENTENT PEU

Peugeot a augmenté ses tarifs catalogue - qui n'incluent pas les promotions ou les marchandages chez le concessionnaire - de 1,5% au 1erjuillet. Une hausse bien plus faible que les années précédentes (+2,3% à l'été 1993, +2,1% en 1992). Cette modération s'accompagne d'une baisse sur certains modèles. La Peugeot 106 démarre à 56700 francs (contre 57400 il y a un an), une Citroèn ZX à 69800 (contre 72900). Renault vient d'introduire une Espace de bas de gamme à 139000 francs (contre 142500). Au détriment des marges. Les prix catalogue resteront stables jusqu'à la fin de l'année. Ils pourraient subir une légère hausse début 1995. Mais la concurrence, avec l'arrivée notamment des autos coréennes et malaisiennes, incite les constructeurs à se serrer la ceinture. De toute façon, le tarif catalogue n'est plus qu'une simple base de discussion entre le client et le vendeur.





19/ Equipements

LES PRIX CONTINUERONT DE BAISSER

"En cinq ans, les prix ont chuté de 20% à fonction égale", assure Gaston Jacques, directeur de la recherche et du développement de Bertrand Faure, numéro1 européen des sièges pour l'automobile. Même son de cloche chez Sagem: "Les constructeurs nous réclament des efforts de compétitivité pour abaisser constamment nos prix. Ces gains de productivité gomment d'ailleurs la hausse du coût des matières." La tendance ne s'inversera pas. Au contraire. Question de survie pour l'ensemble de la filière automobile française. Les équipementiers américains et japonais, qui multiplient les offres à Renault et à PSA, contribuent largement à maintenir la pression.

LES PLASTURGISTES à LA PEINE

Les prix des matières plastiques flambent, notamment des styréniques (+25%), qui permettent de fabriquer l'ABS des planches de bord. Mais "nous ne pourrons pas réviser avant le début de l'an prochain les barèmes du "Registre matières autorisées" homologué par le constructeur d'automobiles. Il faudra négocier. De toute façon, la hausse ne sera que partiellement répercutée, et avec un décalage dans le temps", explique-t-on chez Reydel, tout en reconnaissant que "le même phénomène joue en sens inverse, quand le tarif des matières est à la baisse". D'où l'inconfortable position des plasturgistes à l'heure actuelle! Chez Sommer-Allibert, on demeure circonspect: "Je ne saurai que dans six mois si je peux répercuter les augmentations." L'enjeu est important: la matière représente la moitié de la valeur d'une planche de bord. Chez PSA, on n'est toutefois pas convaincu que la hausse des coûts justifie aujourd'hui une révision du tarif des pièces en plastique.

Alain-Gabriel Verdevoye



17/ Sous-traitance

COMPENSATION TRÈS PARTIELLE

Pour les sous-traitants de l'automobile, tout les indicateurs sont à la hausse. Sauf... les prix de vente. Au cours des premiers mois de l'année, la tendance à un nouveau tour de vis s'est même dessinée. Et rien ne dit que les constructeurs se montreront plus compréhensifs lors des prochaines renégociations. Peut-être devront-ils accepter quelques répercussions de hausses de matières premières. Mais la compensation ne sera que partielle. Et elle viendra a posteriori... Le rapport de forces est rarement favorable aux sous-traitants.

MARGES LAMINÉES DANS L'ESTAMPAGE

D'un côté, les constructeurs d'automobiles, soucieux de limiter leurs coûts d'approvisionnement; de l'autre, les fournisseurs de matières, qui imposent d'importantes hausses de prix. Entre les deux, les producteurs de bielles, de culbuteurs, de boîtiers de direction..., dont les prix se sont encore érodés d'environ 1% au cours du premier semestre. Certes, dans le même temps, les commandes ont augmenté de près de 15% par rapport à la même période de 1993. A l'export, on enregistre également plus de 20 % de commandes supplémentaires. Mais on partait de très bas! En fait, les niveaux d'activité sont redevenus satisfaisants. Sans plus. Les forgerons ont donc très peu de moyens de pression sur leurs donneurs d'ordres. Normalement, les hausses de matières premières devraient être répercutées dans les prix de vente. Mais il y a les principes... et la réalité.





EMBALLAGE



3/ Papiers d'emballage

PRIX EMBALLéS, MARGES PRéSERVéES

Après une année de baisse historique en 1993, les prix des papiers d'emballage augmenteront de 10 à 15% en moyenne d'ici à la fin de l'année. La raison? La hausse explosive du prix de la tonne de pâte vierge, qui entre à 65% dans la composition des papiers d'emballage et qui est passée de 400dollars la tonne à 630 en dix mois (700dollars annoncés à court terme). Malgré cette hausse, les prix des papiers d'emballage retrouveront seulement leur niveau de 1992. Mais le prix de la pâte reste la grande inconnue. Les plus pessimistes parlent d'un prix de l'ordre de 800dollars la tonne...

DES HAUSSES à RéPéTITION

Pas facile de faire passer auprès de ses clients des hausses de prix de près de 25% en un an! Et pourtant, les fabricants de papiers d'emballage sont au pied du mur. "Comment faire autrement lorsque le prix de la pâte a subi une hausse de près de 100% en 1994", explique-t-on chez Sibille Dalle. Vu l'ampleur de l'augmentation du coût de la matière première, la hausse des prix touche l'ensemble des micro-marchés (sacherie, fardelage, étiquetage...) auxquels sont destinés les papiers d'emballage. Dans l'ensemble, une première hausse, de 6% en moyenne, a eu lieu au premier semestre et une seconde, de 10%, à la rentrée. Et ce n'est pas fini! Une troisième augmentation, de 6 à 7%, pourrait intervenir avant la fin de l'année, si le coût de la pâte vierge augmentait encore.





4/ Emballages en carton

NOUVELLES AUGMENTATIONS PRéVUES

Tributaires du marché des vieux papiers, qui entrent pour 80% dans la composition de leurs produits, les fabricants d'emballages se doivent de répercuter l'envolée du prix de leur matière première. Or, en dix mois, la tonne de vieux papiers a augmenté en moyenne de 65%. La tonne de caisses carton récupérées est passée de 500 francs à la fin de l'an dernier à 650 francs aujourd'hui. Malgré la hausse annoncée des emballages carton (15% avant décembre ), les marges des fabricants d'emballages, qui ont été fortement amputées l'an passé, resteront tendues.

INTERROGATION SUR LES MARGES

"Pour tenir compte de toutes les hausses de prix des papiers, nous devrons au moins augmenter nos prix de vente de 30% cette année", explique Michel Clairet, directeur du département ondulés de l'usine de Saint-Just-en-Chaussée (Oise) de Kaysersberg. "Et encore, ajoute-t-il, nous n'avons pas répercuté la totalité des hausses." Caisses américaines, découpes, présentoirs: tous les produits cartonniers subiront ce régime, de la micro-cannelure à la triple cannelure. "Ils connaissent tous les mêmes lois économiques, en fonction de l'augmentation des matières premières", poursuit Michel Clairet. Seul point positif, la demande soutenue de carton ondulé, en progression de 5% par rapport à 1993, a aidé les papetiers à faire passer les hausses de prix. Mais les professionnels s'interrogent sur l'évolution des marges. "Nous ne savons pas, entend-on, si nous pourrons retrouver un niveau acceptable."

Jean-Michel Meyer

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TEXTILE



9/ Textile

UNE TENDANCE à LA HAUSSE LéGÈRE ET FRAGILE

Certes, la consommation ne repart pas. Mais les acteurs du textile sont moins nombreux: les arrêts d'activité se sont multipliés l'an dernier. La surproduction n'est donc plus à l'ordre du jour. Quant aux prix des matières premières, après des hausses importantes, notamment dans le coton, le lin, le polyester, ils pourraient se stabiliser. Pour certaines à des niveaux élevées. Filateurs et tisseurs, dont les plans de charge sont à nouveau élevés, devraient donc, pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, répercuter ces coûts supplémentaires. Mais, dans l'ensemble, le secteur revient de loin.

LE TISSU EN COTON CHAHUTé PAR LES COURS

Après une forte hausse du coton (+ 60% entre octobre 1993 et juin 1994), les prévisions de bonnes récoltes américaines ont fait retomber les cours. Mais comment faire accepter à ses clients une répercussion de la hausse quand le cours est retombé? Les tisseurs qui produisent encore avec des lots achetés l'hiver dernier sont en position délicate. Les situations sont donc contrastées. D'autant que les tisseurs d'écru sont toujours tenaillés par la concurrence des pays à faible coût de main-d'oeuvre, alors que les fabricants de tissés teints et d'imprimés commencent à relever la tête... et leurs prix. Certes, les perspectives pour les mois à venir sont bonnes. Mais quoi de plus volatile que la mode?



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ELECTRONIQUE



23/ Téléphonie privée

CONTINUITé DANS LA BAISSE

Les prix des équipements de communication d'entreprise poursuivront leur diminution. Celle-ci atteindra 8 à 10% pour l'ensemble de l'année. Le coût des approvisionnements (composants électroniques, notamment) restera orienté à la baisse (- 5% à moyen terme). Le marché intérieur connaîtra sur les prochains mois une légère croissance en volume. Mais le marché de la grande exportation, plus dynamique, permet de maintenir le plan de charge des usines, en particulier dans le domaine des autocommutateurs.

AUTOCOMMUTATEURS: BAGARRE SUR LES PRIX

Pour maintenir ou reconquérir des parts de marché, les constructeurs de centraux téléphoniques privés vont poursuivre la bataille des tarifs. A la fin de l'année, la baisse du prix de la ligne atteindra 10%. Elle est facilitée par celle des composants électroniques et des matières utilisées. Mais elle ne sera pas compensée, tant s'en faut, par la faible croissance en volume du marché intérieur, même si la demande française a redémarré depuis le deuxième trimestre, notamment dans le segment des PME. En revanche, les marchés de la grande exportation, notamment de l'Asie du Sud-Est et de l'Europe de l'Est, continueront d'afficher un grand dynamisme. Avec des volumes de production plus importants et l'introduction de nouvelles fonctionnalités sur leurs autocommutateurs - de nature à maintenir les prix -, les constructeurs espèrent restaurer des marges devenues insignifiantes.





22/ Electronique grand public

L'éROSION DES PRIX N'EST PAS COMPENSéE

Les matériels d'électronique de loisir accuseront une baisse de prix de 5 à 6% pour l'ensemble de l'année, avec un léger ralentissement au dernier trimestre. En dehors des tubes de téléviseurs, les coûts d'approvisionnement sont stables. La légère croissance en volume du marché intérieur

(+5%) ne compense pas l'érosion des prix. Le taux d'utilisation des usines s'améliore depuis le second semestre. La sous-capacité de production n'est plus que de 10%.

TéLéVISEURS: PLUS QUE JAMAIS SOUS PRESSION

La tendance n'est pas près de s'inverser. Malgré les problèmes que rencontrent certains constructeurs pour s'approvisionner en tubes cathodiques (30 à 40% du coût d'un téléviseur), les prix continueront leur plongeon. Un phénomène entretenu par la poursuite des importations non taxées (Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Turquie...), en particulier sur les petites tailles d'écran. L'arrivée sur le marché d'une nouvelle génération de téléviseurs bénéficiant de la technique Nicam (permettant une réception stéréophonique du son) risque même d'accélérer la baisse des prix. Certains constructeurs prévoient en effet de commercialiser ces nouveaux modèles au prix des matériels actuels.





24/ Micro-ordinateurs

TOUJOURS LA GUERRE DES PRIX

Les prix des micros vont baisser. Comme ils l'ont toujours fait. Reste à savoir à quel rythme. Hormis sur les produits frappés d'obsolescence - un phénomène qui va s'accélérer sur l'année à venir à cause du développement du Pentium -, analystes et constructeurs n'envisagent pas une guerre des prix aussi sauvage que celle de 1992 (baisse de 45%!). Scénario le plus fréquemment évoqué: des réductions de prix couplées à une augmentation des fonctionnalités et conduisant à une amélioration du rapport prix/performances de l'ordre de 20%.

DES BAISSES PLUS MARQUéES SUR LES PC DE BUREAU

Tout milite pour une baisse des prix. Mais les PC de bureau en bénéficieront plus largement que les serveurs micros et les portables, plus complexes technologiquement. Sur les desktops, la baisse des prix des processeurs, qui comptent pour près du quart du coût de la machine, a une incidence quasi mécanique sur le prix du produit. Et, vu l'évolution des tarifs du Pentium, elle devrait accélérer le passage des utilisateurs vers des machines équipées de ce processeur. Les prix des disques durs, qui comptent également pour quelque 25% du prix d'un micro, sont eux aussi nettement orientés à la baisse. Ce qui devrait se traduire par une augmentation des capacités mémoire des PC à prix égal (350 Mo en standard au lieu de 250).Contrairement à l'année passée, la forte croissance du marché (de l'ordre de 15% en France et 20% en Europe), tirée notamment par les ventes grand public, ne posera pas de problèmes insurmontables aux constructeurs. Ils ont augmenté significativement leurs capacités de production et réalisé d'importantes économies d'échelle.





16/ Semi-conducteurs

UNE STABILITé TEMPORAIRE DES PRIX

Après des années de fortes hausses (+18% en 1993), liées à la pénurie de composants, les prix des semi-conducteurs affichent une relative stabilité depuis le début de l'année. L'accalmie devrait se prolonger au premier semestre de 1995. Elle est la conséquence d'un double phénomène: l'accroissement des capacités de production et la montée en puissance de la demande (+30% sur les mémoires).

MICROPROCESSEURS: UNE CHUTE VERTIGINEUSE

Depuis son introduction, à la mi-1993, le prix du microprocesseur Pentium, dernier-né d'Intel, a été divisé par deux! D'autres baisses interviendront avant la fin de l'année. Au rythme où se succèdent les générations des microprocesseurs et des micro-ordinateurs, les baisses de prix sont quasi programmées: les nouveaux circuits doivent s'imposer rapidement sur les marchés, afin d'amortir des lignes de fabrication coûteuses et conçues pour des productions de masse. Cette année, la tendance s'est accentuée. La forte croissance du marché micro-informatique a logiquement accéléré la chute des prix. L'arrivée du processeur Power PC, deux fois moins cher que son équivalent en puissance chez Intel, n'y est sans doute pas étrangère.



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AGRO-ALIMENTAIRE



Le consommateur ne supporte plus les écarts trop importants

18/ Premiers prix

LES VOLUMES D'ABORD

L'irruption, depuis deux ans, des "premiers prix" a bousculé la donne. Fabriqués généralement par des PME ou par des groupes étrangers, ces produits campent désormais sur de solides parts de marchés: de 7% pour les céréales du petit déjeuner à 45% pour le lait demi-écrémé. Leur progression ne s'arrêtera pas là. Comme le prévoit un distributeur, les "premiers prix" devraient encore augmenter en volume.

RUDE CONCURRENCE DANS LES PÂTES

Les (rares) fabricants français de pâtes alimentaires n'ont guère de marge de manoeuvre pour répercuter l'augmentation du prix du carton (+20%) et du propylène. "L'emballage représente pourtant 10% de nos prix de revient", explique Hélène Heimburger, directrice commerciale d'Heimburger et Cie, un fabricant de pâtes alsaciennes (125 millions de chiffre d'affaires). Placé toutefois sur un créneau en progression, contrairement au reste du marché, Heimburger aura sans doute moins de mal à réviser ses tarifs que les deux grands fabricants français, Panzani (Danone) et Rivoire et Carret-Lustucru. Ces derniers, qui sortent d'une période de restructuration, doivent tenir tête à la concurrence italienne (30% des pâtes sont importées essentiellement de ce pays) et... aux "premiers prix". En deux ans, ceux-ci auraient conquis 15% d'un marché de 3,5milliards de francs.





8 Produits de marque

PAUSE POSSIBLE DANS LA DéFLATION

Oui, les marques peuvent espérer une pause dans la spirale qui les entraîne vers les bas prix. A condition de ne pas perdre de vue que le consommateur ne supporte plus des écarts trop importants. D'ailleurs, quelques marques (Danone, Ricard, Nestlé...) ont fait la démonstration,en 1992-1993, qu'elles tenaient le choc, même sans trop céder sur les prix. La crise n'en a pas moins rendu les industriels prudents. Certains préfèrent encore conquérir des parts de marché plutôt que de relever leurs prix.

UN BALLON D'OXYGÈNE POUR LES CONSERVEURS

"Au cours de négociations pour les référencements de 1995, on peut escompter une remontée des prix", rapporte un acheteur de la grande distribution. Voilà qui devrait donner un peu d'oxygène à l'industrie des conserves mal en point. "Les fermetures d'usines effectuées en 1992 et 1993 ont supprimé 100000tonnes de capacité de production", rappelle un professionnel. Les usines tournent donc aujourd'hui à pleine capacité. Et les quelques grands groupes français (Bonduelle, D'Aucy, Avril, Géant vert...) vont profiter d'un effet météo. Certes, la récolte de petits pois et de carottes est assez maigre en France. Mais elle l'est encore davantage chez nos voisins belges et néerlandais, qui sont des concurrents naturels. Si la consommation, qui a faibli en 1993, redémarre, tous les indicateurs seront au vert.

R.E.

L'USINE NOUVELLE - N°2470 - 15-09-94



MATERIAUX B-TP



Rien ne milite pour une hausse

11/ Matériaux de gros oeuvre

MARGE DE MANoeUVRE LIMITéE

Sur l'ensemble de l'année, la construction de logements neufs (au total, 290000, soit 30000 de plus que l'an dernier) aura compensé le recul des travaux publics. D'un marché à l'autre, les quantités se compensent: pas de bouleversement à attendre, donc, du côté des matériaux de gros oeuvre (granulats, ciments, béton). La marge de manoeuvre est de toute façon plus limitée que pour les matériaux de second oeuvre, qui bénéficient de la meilleure tenue du marché de la rénovation et dont l'activité est tirée, sur la fin de l'année, par l'achèvement des constructions entamées avant l'été. Dans l'ensemble, les capacités de production sont utilisées de 70 à 90%, après, il est vrai, fermetures de sites pendant la crise.

LE BéTON PRÊT à L'EMPLOI RESTE FLUCTUANT

Revus à la hausse depuis le début de l'année, les prix du béton prêt à l'emploi (BPE) accusent une légère chute à la rentrée. Les professionnels s'interrogent, sans paniquer. Très atomisé et excessivement concurrentiel, le marché du BPE fluctue rapidement d'un mois à l'autre, avec des contrastes régionaux très marqués. Bien que les coûts d'approvisionnement (ciments, granulats) restent relativement stables, le prix du BPE oscille en permanence en fonction du degré d'agressivité de ses très nombreux producteurs.



USINE NOUVELLE - N°2470 -

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