Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

PLASTIQUESLe nouveau visage de Sommer - AllibertEn se rapprochant de son concurrent allemand Tarkett, Sommer-Allibert semble stopper son recentrage sur l'automobile. A moyen terme, il pourrait en fait trouver là de nouveaux moyens financiers pour son développement du côté de la voiture.

Publié le

PLASTIQUES

Le nouveau visage de Sommer - Allibert

En se rapprochant de son concurrent allemand Tarkett, Sommer-Allibert semble stopper son recentrage sur l'automobile. A moyen terme, il pourrait en fait trouver là de nouveaux moyens financiers pour son développement du côté de la voiture.



Ne lui parlez surtout pas d'automobile et encore moins de Delphi ! En présentant la semaine dernière les raisons de son rapprochement avec l'allemand Tarkett, Marc Assa, président du directoire de Sommer Allibert, était là pour parler de revêtements de sols. Coupant court à toutes les rumeurs concernant une éventuelle entrée de Delphi dans le capital de son groupe, le président du directoire de Sommer-Allibert exposait, après six mois de négociation avec Lars Wisén, P-DG de Tarkett (4,5 milliards de francs de chiffre d'affaires, 4 500 salariés), les bonnes raisons du regroupement de leurs activités. A la fin de l'année, la division revêtements de Sommer-Allibert et Tarkett devraient en effet être réunis dans une nouvelle entité, Tarkett Sommer AG. " Il s'agit plus d'un joint-venture que d'une reprise d'un groupe par un autre ", précise Lars Wisén. Surprise. Incompréhension chez bon nombre d'analystes financiers. Alors que, depuis plusieurs mois, la Bourse pariait sur un recen- trage du groupe français dans l'automobile, les deux hommes ont brouillé d'un seul trait toutes ses prévisions. Fort d'un nouvel ensemble dans les revêtements de sol de quelque 8,9 milliards de francs de chiffre d'affaires, Sommer-Allibert fait mine de se reconstruire autour de deux pôles quasi équilibrés : l'auto- mobile et les revêtements. Pour combien de temps ? Quatre mois après la cession de son activité salle de bains au groupe Andinger, le groupe plastique ne cache certes pas qu'il compte poursuivre le désengagement de ses activités " non stratégiques ". Des discussions sont en cours concernant l'équipement de jardin. Des partenariats pourraient être noués dans les bacs et palettes de manutention, à l'instar de l'accord déjà conclu en 1984 avec Pochet pour Qualipac. Mais Sommer-Allibert pourra-t-il longtemps " courir deux lièvres à la fois ? ", interroge un expert, sceptique. Les besoins exigés aujourd'hui par l'industrie de l'automobile sont colossaux. Pour suivre les constructeurs dans leurs stratégies d'externalisation, leurs course à l'international et la frénésie de la réduction des coûts, chez les équipementiers, l'heure est au regroupement des forces. Ecia, Trèves et Tramico l'ont bien compris en entrant à l'automne dernier au capital de Bertrand Faure avec une stratégie " intérieur de véhicule ". " Simple nain dans un univers de géants ", Claude Fourmas, directeur général adjoint de Tramico, en est convaincu : il devait s'adosser à plus gros que lui pour rester dans la course. Côté systèmes d'échappement, Ecia acceptait dans le même temps de travailler avec son concurrent allemand Gilett sur la future Corsa et la prochaine Polo. Même logique d'économies d'échelle et de recherche de synergies chez Johnson Control, Prince et Roth Frères, réunis depuis l'été dernier dans une même entité. Sans parler d'Autoliv et de Morton, qui font aujourd'hui des airbags en commun, ou encore de Sommer-Allibert lui-même, qui n'a pas hésité à se rapprocher de Siemens pour développer une offre " poste de conduite " complète. La montée en puissance de Sommer-Allibert dans les revêtements de sol, marché mûr à faible croissance mais fort générateur de cash-flow, pourrait alors n'avoir qu'un temps. La capacité financière des familles Deconinck et Sommer, aujourd'hui détentrices de 42,87 % du capital de Sommer-Allibert (59,92 % des droits de vote), a en effet ses limites. La tentation pourrait être grande de faire grossir la mariée (revêtements de sol) pour la rendre plus séduisante. D'aucuns voyant d'ailleurs déjà dans le profil de la future société Tarkett Sommer AG, installée en Allemagne, cotée à la Bourse de Francfort et présidée par Lars Wisén, une entité plus allemande que française. Plus Tarkett qu'Allibert. A court terme, Sommer-Allibert devra en tout cas payer le prix fort pour sceller cette nouvelle alliance : 2,2 milliards de francs. La dette du groupe français va quasi doubler, passant de 3 à 5,9 milliards de francs (139 % de ratio d'endettement). Mais Marc Assa reste serein. Après l'an 2000, l'entité pourrait gagner 230 à 250 millions de francs par an par la mise en commun de moyens, notamment dans la recherche et le developpement. " Notre dette devrait alors se réduire ", estime Jean Milliotte, actuel président de la branche revêtement de Sommer-Allibert et futur numéro 2 de Tarkett Sommer AG. Du côté de la Bourse, qui découvre la bonne rentabilité du marché des revêtements de sol, nombreux sont également les analystes qui parient sur une appréciation rapide du nouvel ensemble. La mariée pourrait alors bientôt en intéresser plus d'un, et Marc Assa reparler de l'automobile





Un nouveau numéro 1 mondial dans les revêtements de sol

En regroupant leurs forces, Tarkett et Sommer vont ravir la première place mondiale à l'américain Armstrong dans les sols plastiques. A l'heure où, " pour gagner 1 à 2 % de part de marché en Allemagne ou en France, nous sommes obligés de faire une guerre des prix sans précédent ", comme l'explique Marc Assa, la recherche des effets de taille devient incontournable. Présents tous les deux dans les plastiques (largement plus de la moitié de leurs chiffres d'affaires), Tarkett et Sommer-Allibert vont enrichir leur offre. L'allemand apporte à Sommer Allibert les parquets en bois et reçoit de son allié français le linoléum et le textile. Même complémentarité sur le plan des marchés. Chacune des deux parties pourra en effet bénéficier du réseau commercial de l'autre dans son pays d'origine, en Europe et en Amérique du Nord. Avec la volonté cependant de conserver la distinction entre les différentes marques. Tarkett et Sommer vont également joindre leurs efforts de développement dans les pays de l'Est et en Asie. " Le seul point de faiblesse de cette alliance, c'est la Grande-Bretagne, où les deux parties sont peu présentes ", reconnaît Jean Milliotte. Sur le plan industriel, le nouvel ensemble sera concentré, géographiquement parlant. La branche revêtements de Sommer Allibert dispose de plusieurs sites au Luxembourg et à Sedan, et Tarkett est présent à Konz, en Allemagne, le tout dans un rayon de 100 kilomètres. Des rationalisations en perspective ? " Il y aura des spécialisations plutôt que des suppressions de sites. Notre alliance est offensive, et non pas défensive ", souligne Marc Assa.



LE GROUPE SE RECENTRE



USINE NOUVELLE N°2598

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle