PLASTIQUELA RECHERCHE, CLÉ DE VOÛTE DU SYSTÈME SIDELDerrière la réussite commerciale ou la vigueur du titre en Bourse se cache la véritable raison du succès de la PMI: un important effort de recherche et développement, qui lui permet de garder ses concurrents à bonne distance.

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LA RECHERCHE, CLÉ DE VOÛTE DU SYSTÈME SIDEL

Derrière la réussite commerciale ou la vigueur du titre en Bourse se cache la véritable raison du succès de la PMI: un important effort de recherche et développement, qui lui permet de garder ses concurrents à bonne distance.



Plus 40%. De 2,5milliards de francs en 1994, le chiffre d'affaires du groupe Sidel devrait dépasser la barre des 3,5milliards cette année. A mi-parcours de l'exercice, cette annonce, faite par Francis Olivier, le P-DG de l'entreprise havraise, atteindra son but à coup sûr: maintenir au sommet le cours de l'action Sidel, qui a connu une hausse de 66% en 1994. Mais, au-delà d'une communication bien rôdée - relayée par un P-DG loquace- et d'une réussite commerciale et boursière, se cache le premier artisan du succès : la technologie. "Les clés de la réussite reposent sur l'innovation dans les formes des emballages, l'accélération des cadences des machines et l'allègement des bouteilles", reconnaît Philippe Olivier. Chaque année, Sidel consacre environ 4% de son chiffre d'affaires (98millions de francs en 1994) à la recherche-développement. De quoi armer efficacement le service de recherches appliquées (SRA) de la PMI, qui regroupe une vingtaine de personnes au Havre, pour maintenir les concurrents à distance. Difficile, pour ces derniers, de mobiliser autant de moyens. Le plus important d'entre eux, le japonais Nissei, affiche un chiffre d'affaires de "seulement" 521 millions de francs en 1993. Résultat? Alors que la première souffleuse PET, livrée par la firme en 1980, n'autorisait que le conditionnement des boissons gazeuses, les machines élaborées par le SRA servent aujourd'hui trente applications différentes, dont cinq ont vu le jour l'an passé (sauce de soja, thé lyophilisé, vin, eau en bouteille "reremplissable", café glacé).

Des contenants réutilisables jusqu'à trente fois

Outre la bouteille Contour de 50centilitres de Coca-Cola, qui reproduit les formes du premier contenant en verre vendu par la firme d'Atlanta, ou la bouteille d'Evian compactable, le SRA a permis le lancement, en 1994, d'une machine capable de produire par heure 4000 à 6000bouteilles en PET à poignée, un modèle destiné au marché japonais. Mais le SRA ne fait pas mouche à tous les coups. Pour se placer sur le segment du PET consigné, en plein essor, Sidel lance en 1993 une machine qui fabrique des bouteilles d'eau minérale reremplissables et lavables à chaud entre 60 et 70°C. Trop peu. Subsiste en effet un problème d'odeurs qui empêche la réutilisation des contenants. Retour aux ateliers. En améliorant le taux de cristallinité de la bouteille, ce qui élève la tenue en température du contenant, le lavage s'effectue désormais à 75°C. Depuis, le minéralier néerlandais SPA s'est équipé de cette machine pour fabriquer des contenants réutilisables jusqu'à trente fois. L'activité "historique" continue néanmoins sa progression. Avec la SBO 24/26, qui fabrique 26000bouteilles à l'heure, Sidel possède la machine la plus rapide du monde. Un travail sur la vitesse de chauffe, toujours plus rapide et plus précise, ainsi que l'amélioration du débit de soufflage et de la ventilation du four, augmentent la cadence des souffleuses de 10% par an. De 1000contenants à l'heure en 1992, la production d'un moule atteint aujourd'hui les 1 200. Grâce à ces gains de productivité, les utilisateurs les plus performants, surtout américains, parviennent à un retour sur investissement parfois inférieur à deux ans pour une machine qui coûte 20millions de francs en moyenne et qui affiche une durée de vie technique de douze ans. "Ces retours sur investissements de plus en plus courts nous permettent de maintenir des prix rémunérateurs", précise Francis Olivier Autre source d'économie: l'allègement des contenants. Le coût "matière" - le PET est vendu environ 10francs le kilo- intervient pour 80% dans le prix de revient d'une bouteille vide. Courant 1994, le SRA découvre le sésame de l'allègement: la chauffe préférentielle, brevetée depuis. Cette technique, qui assure une meilleure répartition de la matière et qui permet de sélectionner la zone et l'intensité de chauffe de certains points de la préforme, apporte des gains de poids de 10 à 15% par contenant, complexe ou plat. Déjà, avertit Francis Olivier, "le poids des bouteilles aura encore diminué de 10% avant la fin de l'année".

Dans dix ans, le marché du PEN "pur" sera mûr

Et demain? Depuis 1992, le SRA planche sur le polyéthylène naphtalate (PEN). Ce matériau possède des propriétés "barrières" qui sont quatre à dix fois supérieures à celles du PET. Mais coûte encore dix fois plus cher. Du coup, l'entreprise élabore des formules de mélange PET-PEN: avec le britannique Carters, d'une part, pour une bouteille de "soft drinks"; et avec Coca-Cola, d'autre part, en Uruguay, pour une bouteille d'eau reremplissable afin de tester l'efficacité des techniques de nettoyage. Dans moins de dix ans, selon les prévisions de la PME, le marché du PEN "pur" sera mûr. S'ouvrira alors le vaste marché du conditionnement de la bière. Le SRA prépare déjà le terrain pour satisfaire les ambitions de Sidel sur ce créneau des plus prometteurs. Jean-Michel Meyer



Cap vers la diversification

En prenant le contrôle de la société Hema Technologies, en janvier, qui fabrique des machines de remplissage à chaud et aseptiques, Sidel étoffe son pôle conditionnement. Et donne corps à son projet de diversification dans la fabrication de lignes de conditionnement complètes. La PMI a démarré cette activité en 1991 avec le rachat de la société Ouest Conditionne-ment (fardeleuses et thermoscelleuses), suivi, en 1993 et 1994, de celui des sociétés Kalix et Lenoir (étuyeuses pour la pharmacie et la cosmétique), ainsi que par la création de Sidel Machines et Systèmes (remplisseuses) l'an passé. Avec un chiffre d'affaires de 226,6millions en 1994, contre 54,8millions en 1991, le pôle conditionnement représente modestement 8% des ventes totales du groupe. Mais Sidel a pour objectif de tripler le chiffre d'affaires de cette activité dans les deux à trois ans.

USINE NOUVELLE N°2509

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