Plastique : l'économie circulaire malgré tout

Au terme d’une année 2020 « mouvementée », Elipso confirme les engagements de la filière en matière d’environnement.

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Plastique : l'économie circulaire malgré tout

« Mouvementé » : le qualitatif choisi par Elipso pour définir son bilan de l’année 2020 parle de lui-même. Avec une crise sanitaire et deux confinements inédits, les emballages en plastique doivent répondre aux exigences de la transition écologique dans un contexte économique pour le moins mouvant. Et pourtant, comme l’indique l’enquête annuelle menée chaque année par l’organisation professionnelle des fabricants d’emballages en plastique rigides et souples, 66 % des sondés soulignent que la bonne vieille « guerre des prix » s’invite à nouveau à la table des négociations. 57 % des entreprises anticipent une baisse de leur chiffre d’affaires en 2020.

« L’enquête confirme un clivage entre des gagnants et des perdants durant cette crise du Covid-19 laissant apparaître une certaine dichotomie de la filière pour les années à venir. Les secteurs fermés par le confinement où désertés pour raisons sanitaires comme la restauration hors domicile (RHD) ou la cosmétique vont au-devant d’un ralentissement sans précédent. L’Etat doit soutenir l’assurance-crédit, nos entreprises ne peuvent pas supporter seules le risque de défaillance des clients », affirme Francoise Andrès. La présidente d’Elipso se veut lucide en pointant « la fin d’un état de grâce de courte durée, le spectre d’une crise économique majeure remettant le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations des consommateurs ».

Plastic bashing

Alors que le « plastic bashing » pousse les marques à développer des alternatives, le plastique doit également intégrer la mise en œuvre de la directive européenne sur les plastiques à usage unique (Sup) et la loi dite Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec).

Cette loi « a fixé un cadre d’action pour les décennies à venir mais il ne faut pas négliger l’impact négatif d’une chasse au plastique débouchant parfois sur un refus catégorique au bénéfice d’autres matériaux absolument pas recyclables, souvent importés et à l’impact CO2 largement supérieur aux emballages plastiques », souligne Françoise Andrès. Patron de Guillin, un acteur européen majeur des barquettes en polyéthylène téréphtalate (PET) et vice-président de l’organisation professionnelle, François Guillin, se refusant « à opposer les matériaux entre eux », relève d’ailleurs le risque de commercialiser dans l’urgence des solutions à base de papier et de carton mal maîtrisées.

Contact alimentaire direct

Si « la transition vers une économie circulaire » demeure « l’horizon stratégique de la filière », le court terme est néanmoins paradoxal. La faiblesse des cours du pétrole rend les matières vierges très compétitives tandis que les coûts de production des plastiques recyclés restent très élevés en raison des investissements à consentir.

En outre, contrairement au PET recyclé (rPET) qui est apte au contact alimentaire direct, les polyoléfines ne le sont pas encore. Et il faut aussi compter avec de nombreux freins réglementaires. « La filière est prête et volontaire, ne nous mettons pas inutilement des bâtons dans les roues ! », souhaite Françoise Andrès. Patron de Barbier et vice-président d’Elipso, Serge Vassal rappelle « les investissements conséquents » réalisés par les plasturgistes pour intégrer des plastiques issus des collectes sélectives. Ce qui explique qu’Elipso compte beaucoup sur l’extension des consignes de tri pilotée par Citeo, l’organisme agréé pour la valorisation des emballages et des papiers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

Impasse de trésorerie

Le plan France Relance apparaît dès lors comme « une occasion historique à saisir pour financer la mutation » : 88 % des sondés réservent « un accueil favorable » aux différents dispositifs proposés par les pouvoirs publics. A condition de pouvoir y accéder !

Mais « les entreprises ne sont pas seules » dans ce qui ressemble parfois à une course d’obstacles pour les petites structures : « faire jouer les aides à l’échelon local est souvent la méthode la plus efficace », conseille Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso. Comme 44 % des entreprises interrogées « envisagent une impasse de trésorerie » chez leurs clients dans les mois à venir et font face à un « allongement des délais de paiements », l’enjeu est de taille. Conclusion : « même si plus de la moitié des répondants ne croient pas à un retour à la normale en 2021, le risque de défaillance du côté des fabricants d’emballages apparaît très limité pour le moment ».

Elipso représente 38 000 salariés dans 320 entreprises pour un chiffre d’affaires annuel de 8,1 milliards d’euros. Le sondage a été réalisé du 12 au 26 octobre 2020. Le taux de réponses validées couvre plus de 60 % des adhérents représentants 1,3 million de tonnes de plastique transformé. Dans le détail, 5% sont de très petites (TPE) et 36 % des petites et moyennes entreprises (PME) quand 51 % sont des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

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