Plastic Odyssey, un bateau propulsé aux déchets plastiques

Faire le tour du monde à bord d’un navire propulsé avec des déchets plastiques, c'est le défi relevé par deux jeunes issus de la marine marchande. Ce projet vise à exporter et démocratiser les principes d’économie circulaire là où le plastique est le plus polluant.

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Plastic Odyssey, un bateau propulsé aux déchets plastiques
Le démonstrateur Ulysse est inauguré ce 15 juin à Concarneau. Ce navire sera le premier à être propulsé grâce aux déchets plastiques.

Il fallait bien un héros pour oser s’attaquer à la pollution plastique. Simon Bernard, ancien officier de la marine marchande a lu Homère et a lancé en 2016 sa propre Odyssée avec Alexandre Dechelotte, un copain de promotion. Plastic Odyssey est une organisation non lucrative et un projet visant à valoriser les déchets plastiques pour en faire une ressource d’avenir, au moment où a France affirme vouloir recycler 100% des plastiques. Rejoints par des ingénieurs de l’ICAM et soutenus par des partenaires techniques, les deux hommes parcourront bientôt le monde sur un bateau propulsé grâce aux déchets plastiques. Construit par la société Ship-as-a-service, ce catamaran océanographique de 24 m de long et 9 m de large prendra la mer en 2020 au départ de Marseille. 33 escales sont d’ores et déjà prévues le long des côtes africaines, latines et asiatiques qui sont les plus touchées par la pollution plastique. Pour le jeune homme de 28 ans et sa petite équipe, la mission consistera à éveiller les consciences sur le traitement des déchets et à faire évoluer les comportements. Partant du constat que seulement 9% des déchets plastiques sont recyclés dans le monde, et que 18 tonnes sont abandonnées chaque minute en mer, le navigateur se donne 3 ans pour parcourir la planète, rencontrer les populations, démontrer la valeur de leurs déchets et partager ses technologies.

Energie plastique

Ces dernières se situent au cœur du projet. Le navire contiendra un atelier dédié au recyclage. De nombreux équipements comme une extrudeuse, une presse, un métier à tisser, un broyeur, un compresseur seront chargés à bord. Pièce maitresse de cet atelier flottant, un système de plastique carburant conteneurisé sera utilisé pour fournir l’énergie au bateau. Cette unité de pyrolyse, développée en open source par Sarpi, une filiale de Veolia, en collaboration avec des partenaires publics et privés, permettra de transformer le plastique récolté à terre en énergie pour alimenter les moteurs.

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Cette panoplie aura également un rôle pédagogique. Les ambassadeurs français prévoient d’évangéliser leurs hôtes en fédérant le plus largement possible autour de leur démarche. "Le projet est collaboratif, souligne Simon Bernard, le but est de créer une communauté et d'initier des projets à taille humaine" à chaque escale. Les navigateurs mettront à profit les deux à trois semaines passées à terre pour mobiliser acteurs institutionnels, associatifs, entrepreneurs, étudiants et élèves autour d’actions visant à collecter, trier et donner une seconde vie aux déchets plastiques. En apprenant par exemple à transformer des pneus en chaise ou à faire des vêtements en tissant du plastique, les membres de Plastic Odyssey comptent bien susciter des vocations et créer des emplois. Le recyclage ne sera pas oublié. Les participants découvriront, par exemple, qu’une fois fondus et remis en forme, les polymères peuvent être réutilisés pour produire des matériaux isolants, des briques de construction, des tuiles ou bien encore des meubles.

Le baptême d’Ulysse

Ces démonstrations et formations donneront lieu à la vente de machines en kit ou prêtes à l’emploi afin de permettre à chacun de développer sa propre activité. En outre, des plans open source et des tutoriels seront proposés afin que chaque utilisateur puisse construire, réparer ou améliorer lui-même sa ou ses machines. Au final, Simon Bernard et ses acolytes espèrent bien voir naître un réseau mondial de micro-usines de recyclage plastique qui développeront l’économie locale tout en dépolluant.

En attendant le départ, l’équipe présente ce 15 juin à Concarneau Ulysse, un démonstrateur quatre fois plus petit que le projet final qui servira à tester et expérimenter en conditions réelles le système plastique-carburant. Ce matériel possédera un débit de 5 kg par heure et pourra produire jusqu’à 5 litres de carburant, dont environ 3,5 litres de diesel et le reste d’essence. "Cette première version servira aussi à adapter le dimensionnement aux futurs besoins", indique l’explorateur. Ce "héros" de 6 mètres de long embarquera deux personnes. Premier du genre, le bateau sera inauguré en présence de la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, du navigateur Roland Jourdain et de personnalités qui soutiennent le projet. Gageons que Déméter, la déesse de la nature et son frère Poséidon, dieu des mers et des océans seront également au rendez-vous.

2 Commentaires

Plastic Odyssey, un bateau propulsé aux déchets plastiques

verdarié
16/06/2018 10h:11

Pas très écologique cette navigation ? S'il s'agit de montrer qu'il est possible de naviguer en autonomie totale, outre la voile qui permet cette liberté, en stockant les renouvelables, il serait également possible de produire des moteurs de forte puissance permettant tous les déplacements sans contraintes de réapprovisionnement.

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Réaction(s)
DNIPRO
29/12/2018 15h:58

j'ai une question? Après avoir a moitié "brûler" le plastique le "gaz" qui en sera extrait sera-t-il polluant? Dégagera-t-il des gaz a effet de serre?

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