Plan produit : ça passe ou ça casse

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Renault sait-il encore faire des voitures à vivre ? Avec une chute des ventes de 20% en France en 2012 et une gamme âgée de cinq ans en moyenne, la marque ne séduit plus. Les modèles phares comme le Scénic et la Twingo s'essoufflent, l'Espace n'a pas été renouvelé depuis dix ans, sans parler de l'échec retentissant du petit cabriolet Wind.

5 ans d'âge moyen pour la gamme Renault en 2012

950 000 véhicules de la gamme Entry sur les 2,5 millions vendus en 2012

(source : Renault)

 

« Il y a trop de choix dans la gamme. Certains véhicules, comme la Latitude réalisée avec Samsung, n'ont aucun sens », grogne-t-on en interne. 2013 porte cependant une lueur d'espoir. Après trois ans d'élaboration, la signature du nouveau designer Laurens van den Acker arrive en concession, avec la Clio 4 (750 000 commandes déjà enregistrées) et le crossover Captur. « C'est un redémarrage. Les gens se retournent sur la Clio. Ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps », relève un spécialiste. On est loin des dernières générations de Mégane et de Laguna : les ingénieurs de Renault ne reconnaissaient pas les modèles quand le losange était ôté de la carrosserie... Pour redorer son blason (et assurer ses marges), Renault envisage une aventure haut de gamme, à l'instar de DS chez Citroën.

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Il lancera d'ici à 2015 la ligne Initiale Paris, déclinaison chic de ces modèles, et une gamme Alpine, réalisée avec le britannique Caterham. Un gros pari qui doit faire oublier le naufrage de la Vel Satis, dernière incursion sur le haut de gamme. Avec la ZOÉ, Renault a tout à prouver. Bien accueillie au Mondial de l'automobile, à Paris, la compacte électrique connaît des débuts en demi-teinte, entre problèmes techniques et retards au lancement. Les remplaçantes de la Megane et de la Laguna sont attendues en 2015 et 2016.

Contrairement à PSA, Renault fait le choix de garder ses cartouches en vue d'une reprise du marché pour 2016. Viendra-t-elle ? C'est toute la question. « Renault a mangé son pain noir en termes de volumes. La gamme Entry marche plutôt bien et le groupe a plutôt bien résisté en l'absence de nouveautés », juge Georges Dieng. C'est là tout le paradoxe : en Europe, Renault tente de se replacer comme constructeur à forte valeur ajoutée ; à l'international, la marque Renault est de plus en plus apposée sur les modèles low cost Entry, vendus sous la marque Dacia en France.

Sur les sites, inquiétude pour l'avenir

L'ampleur des suppressions de postes inquiète le personnel des sites de Renault. « On savait qu'il y aurait des encouragements au départ, mais pas autant de suppressions de postes », réagit Ali Kaya, le secrétaire de la CGT à Flins (Yvelines), qui appelle à la grève le 23 janvier. Les jeunes sont en colère, explique-t-il. « Les anciens, fatigués, ont envie de partir, mais s'inquiètent pour leurs enfants, souvent intérimaires. Faire le même volume avec un tiers l'effectif en moins ne sera pas tenable. » Sur le site d'ingénierie de Lardy (Essonne), les craintes portent sur « la capacité de Renault à développer de nouvelles technologies avec 20 % d'effectif en moins », note un représentant CGT, qui mobilise le 24 janvier. Côté cadres, la contestation dans les directions locales concerne « la suppression des accords locaux, qui leur offraient des souplesses », note Dominique Chauvin, de la CFE-CGC. Les cadres se mobiliseront sans doute davantage contre les annonces de gel des salaires prévues le 22 janvier. C. M.

 

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