Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Plan export : et si nous vendions l'art de produire à la française ?

, , ,

Publié le

Tribune Bruno Bouygues, directeur général de GYS, fabricant de postes à souder, réagit à l'annonce du plan pour l'export présenté le 3 décembre 2012 par la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq.

Plan export : et si nous vendions l'art de produire à la française ? © Pascal Guittet

Madame Nicole Bricq, la Ministre du Commerce Extérieur a présenté lundi 3 décembre un plan de reconquête des marchés export couplant l'offre commerciale française avec les demandes des pays. A côté des filières historiques que sont le luxe, l’automobile, l’aéronautique et l’énergie, quatre thématiques ont été retenues : mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux vivre en ville et mieux communiquer. Elles symboliseraient l'excellence française.

Si d’un premier abord, les quatre thèmes sélectionnés pour l'export sont séduisants et évidemment porteurs et créateurs de richesse pour la France, il est peut être regrettable pour un grand pays industriel comme la France que le thème du "Mieux Produire" n’ait pas été lui-aussi retenu. Cela aurait permis de mettre en avant non seulement les meilleures pratiques des industriels français mais aussi les fabricants français de logiciels, de machines-outils, d'outils et d'outillages de production, les intégrateurs industriels et tout l'écosystème de conseil industriel qui apporte un magnifique savoir-faire. 

Ne pas négliger la recherche de productivité

Aujourd’hui, le monde entier – et notamment les pays émergents – a accéléré sa recherche de productivité. Depuis une dizaine d’années, notre monde moderne "connecté en permanence" a favorisé la dissémination du savoir industriel sur tous les continents tout en permettant une plus grande mise en concurrence commerciale entre tous les acteurs, quel que soit leur pays d’origine. Ces phénomènes nouveaux ont eu tendance à comprimer les marges de transformation pour tous les acteurs industriels, où qu’ils soient. Pour y faire face, il est intéressant de noter que partout – et pas seulement dans les vieux pays industriels -, on réfléchit et on cherche les meilleures méthodes/outils/logiciels de production afin de maintenir son potentiel de création de richesse.

La France, ses PME et ses ETI ont un vrai savoir-faire dans le "Mieux Produire". Elle n’a rien à envier à son grand partenaire industriel allemand, à part peut-être un trop grand déficit d’image sur les marchés internationaux, si préjudiciable à cette filière. Deux expériences récentes me l’ont encore souligné. La première quand un importateur du Golfe nous a demandé de venir former ses collaborateurs dans notre filiale allemande car il avait choisi ses autres fournisseurs industriels en Allemagne. La seconde quand un importateur indonésien m’a dit qu’il venait régulièrement en Europe; en Allemagne pour acheter des produits industriels et en France pour ses vacances. Quel dommage qu’il ne fasse pas les deux en France !

Après plus de sept années à voyager toutes les deux semaines entre la France et l’Allemagne, je pense sincèrement que ces deux pays ont tous les deux des savoirs industriels extraordinaires. Le second semble avoir eu sur les dernières années une politique de marketing sortant plus intensive sur son "Mieux Produire". Pour combler notre retard, il aurait peut-être été bon que le gouvernement mette en avant ce cinquième thème du "Mieux Produire". Peut-être est-il encore temps ? L’année 2013 n’a pas encore commencé.

Bruno Bouygues

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle