Plan de soutien aux PME : 22 Mrds d'euros débloqués

Pour faire face à la crise financière et au risque d'assèchement du crédit, le gouvernement a élaboré un ambitieux programme d'aide au financement des PME.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Plan de soutien aux PME : 22 Mrds d'euros débloqués
Récession ou pas, le gouvernement déploie les gros moyens. A l'issue d'une réunion à l'Elysée, hier matin, avec le Premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, le gouvernement a défini un plan d'aide d'urgence aux PME (moins de 250 salariés) : environ 22 milliards vont être débloqués afin d' « anticiper un assèchement probable du crédit aux entreprises » provoqué par la crise financière internationale. Et pour mettre en pratique ses dispositions, l'Etat fait appel une fois de plus à son bras financier, la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Le plan s'articule en trois volets de mesures applicables immédiatement.

17 milliards via la CDC
En gros, sur le papier, il s'agit de débloquer plus de liquidités pour les banques qui les prêteront ensuite aux entreprises. Comment ? En leur donnant accès aux 17 milliards d'euros de dépôts collectés sur les livrets de développement durable (les LDD, ex-Codevi) et d'épargne populaire (LEP). Concrètement, les ressources des LDD ne seront plus bloquées par la CDC (à hauteur de 9% aujourd'hui) et 70% de celles collectées sur le LEP seront accessibles contre 85% aujourd'hui. Les banques devront alors affecter, selon une convention passée avec l'Etat, ces ressources aux financements des PME. "Ca ne change rien pour les épargnants, car ces livrets seront garantis par l'Etat et ils continueront à l'être", a tenu à indiquer à la presse le secrétaire général de l'Elysée, François Pérol. Et pour anticiper toute critique des associations de logement, l'Elysée a également précisé que la collecte étant très dynamique, -«supérieure de plus de 20 milliards d'euros aux prévisions »-, cette mesure ne conduira pas à une diminution des ressources affectées au financement du logement social".

Oseo à la rescousse
Deuxième disposition, la Caisse des dépôts va rallonger de 2 milliards d'euros supplémentaires, soit 6 Mrds au total, sa ligne de crédit, à des conditions attractives, au bénéfice d'Oseo. Une manne pour la banque publique d'aide aux PME qui va pouvoir augmenter de 50% sa capacité de prêts. En outre, Oseo va accroître, sur ses fonds propres, la dotation de son fonds de garantie aux prêts accordés par les banques aux PME. Ces dotations vont passer de 240 à 280 millions d'euros en 2008 puis 2009, ce qui devrait permettre de garantir chaque année un milliard d'euros de prêts supplémentaires. Et toujours sur les fonds propres d'Oseo, une dotation de 70 milliards d'euros sera affectée au sein d'un fonds spécifique pour garantir un autre milliard d'euros de prêts pour les entreprises.

Enfin, dernière mesure prévue, elle, par la loi de modernisation de l'Economie (LME), le gouvernement va renforcer la possibilité de transformer des créances bancaires en actions. "Cela va permettre de faciliter la résolution des dossiers des entreprises en difficulté", selon la présidence, notamment en diminuant leur contrainte d'endettement.

Le Medef approuve
"Ce plan (...) prend la mesure des difficultés que peuvent rencontrer les TPE/PME dans la crise actuelle", s'est félicité le Medef (patronat). Satisfaite également, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) qui approuve ce soutien au financement des PME, avec un bémol : que les ressources soient effectivement orientées vers les entreprises. Même crainte du côté du Syndicat des indépendants qui qualifie le plan de "salutaire" à condition que ces 22 milliards pour les PME ne deviennent pas 22 milliards pour les banques.

Toutes ces mesures, émanant de fonds existants, n'auront qu'un impact budgétaire "neutre", selon une source à la présidence. Après l'aide aux logements le 1er octobre, ce plan, à la veille de la publication des chiffres calamiteux de la croissance française, ressemble fort à une tentative de sauvetage de l'économie.

Carmela Riposa

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS