Plan de relance au Japon, alors que le yen flambe

,

Publié le

Le gouvernement de centre-gauche va débloquer 8,5 milliards d’euros en faveur d’un soutien à la croissance. Habituellement propulsée par les exportations, l’économie japonaise est sabotée par la cherté de la devise nationale qui pénalise les ventes à l’étranger des entreprises. Un cercle vicieux, puisque le yen s'avère une valeur refuge.

Plan de relance au Japon, alors que le yen flambe © REUTERS

En proie à un retour à la croissance trop mou, les autorités à Tokyo ont pris les grands moyens : 915 milliards de yens, soit 8,5 milliards d’euros, seront injectés dans le corps japonais encore convalescent et même, selon certains, menacé d’une rechute. Ce programme de soutien à l’économie sera financé via un fonds de réserve provisionné pour l’année budgétaire en cours.

Les mesures annoncées par le Premier ministre Naoto Kan et son gouvernement de centre-gauche le vendredi 10 septembre visent à redonner des couleurs à l’emploi (200.000 nouveaux postes de travail devraient éclore) et à tonifier le tissu industriel, en particulier les petites entreprises respectueuses de l’environnement.

Victime d’une «certaine» spéculation

Cette bouffée d’oxygène public devenait d’autant plus pressante que la croissance japonaise est sabotée, en quelque sorte, par la hausse constante du yen. Scénario d’épouvante : la devise japonaise a atteint son plus haut niveau par rapport à l’euro et au dollar depuis quinze ans.

Le 8 septembre, le billet vert avait fléchi à 83,33 yens, alors que l’euro était sur la pente glissante, passant sous la barre des 106 yens.
Un cercle vicieux : plus l’économie japonaise montre des signes de faiblesse et plus le yen s’apprécie, puisqu’il est victime d’une certaine spéculation, devenue une valeur refuge. Et ce sont les entreprises exportatrices, traditionnels piliers de la puissance économique japonaise, qui en font les frais en tout premier lieu. Raison pour laquelle la Bourse de Tokyo a si souvent trébuché ces derniers mois.

De surcroît, l’économie nippone, fortement exportatrice, se heurte à la faiblesse de la reprise aux Etats-Unis et en Europe. Elle ne peut que se raccrocher à l’espoir de voir la croissance de laChine s’exacerber toujours davantage, même si ce puissant voisin lui a ravi la seconde place au classement des principales économies mondiales. La Chine, en effet, est l’un des clients prépondérants du Japon.

Croissance moindre attendue au second semestre

Certes, le gouvernement a revu à la hausse ses prévisions quant à l’évolution du PIB au deuxième trimestre 2010 : + 1,5 % en rythme annualisé contre 0,4 % envisagés auparavant. Mais toujours est-il que le retour à la croissance qu’avait amorcé l’économie japonaise s’essouffle.

La progression du PIB avait été de 3,4 % au dernier trimestre 2009 puis elle avait atteint 5 % pendant les trois premiers mois de 2010. La poursuite de l’envolée vertigineuse du yen et la conjoncture mondiale défavorable laissent présager une croissance bien moindre au second semestre, ce qui se traduirait par une hausse du PIB de 3 % sur toute l’année 2010.

Pressions se le gouvernement pour éteindre l’incendie…

Des voix toujours plus offusquées se font entendre au sujet du renchérissement infernal du yen, accusant le gouvernement de passivité.
Jusqu’à ce jour, la Banque centrale à Tokyo n’avait pas bougé d’un pouce pour s’attaquer au problème. Or, il semble que les pressions des industriels sur les autorités se durcissent, pour qu’elles éteignent enfin le feu monétaire qui couve depuis si longtemps.

La semaine prochaine (13 au 19 septembre) pourrait-elle apporter quelques surprises? Vendredi, à l’heure où le gouvernement dévoilait les mesures en matière de relance, le ministre des Finances
Yoshihiko Noda s’est déclaré préoccupé par la cherté de la devise japonaise. Les mots suivants, inattendus, lui sont venus à la bouche : «Une possible intervention sur le marché».

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte