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Plan d'urgence urbain à Casablanca, pourquoi les millions pleuvent sur la ville blanche

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Après les injonctions royales à l'automne, les autorités de Casablanca veulent mettre le paquet sur l'amélioration de la gestion urbaine de la capitale économique du Maroc. Un plan d'urgence à 250 millions d'euros sur 2014 a été mis en œuvre couvrant la circulation, l'environnement ou les services de base. A cette occasion, le projet de métro aérien, estimé à 800 millions d'euros, a été confirmé et devrait être lancé cette année.

Plan d'urgence urbain à Casablanca, pourquoi les millions pleuvent sur la ville blanche
Projet de la gare TGV voyageurs de Casablanca
© dr

C’est un sujet qui agite tout le monde des affaires et de la politique de la capitale économique du Maroc depuis des mois et vient d’entrer dans une phase « action ». Le problème? Il s’agit du déficit de gestion urbaine de Casablanca qui se manifeste dans des domaines aussi divers que la circulation, la propreté des rues, le retard de développement des certains quartiers populaires (voire de bidonvilles) ou encore la sécurité, les services sociaux de proximité et l'assainissement.

Lors d'une conférence de presse le 10 février tenue au siège de la wilaya (préfecture) le wali du Grand Casablanca, Khalid Safir, et à ses côtés le président du Conseil  de la Commune Urbaine (maire) Mohamed Sajid ont dégainé un plan d'urgence. Le montant du budget consacré aux actions prioritaires s’élève 2,82 milliards de dirhams, soit 250 millions d’euros sur 2014.

Tout a commencé, le 11 octobre 2013 par le discours du roi Mohamed VI à Rabat à l'ouverture de la première session de la troisième année législative de la 9ème législature du Parlement. A cette occasion, le roi a très directement dénoncé la gestion de la ville. Selon lui, "Casablanca est la ville des disparités sociales les plus criantes, où se côtoient les catégories riches et les classes pauvres. C'est la ville des gratte-ciel et des bidonvilles. C'est le centre de la finance et des affaires, mais aussi de la misère, du chômage et d'autres maux, sans parler des déchets et des ordures qui en ternissent la blancheur et entachent la réputation ».

Le constat est clair indiquait le discours du roi "le problème dont souffre la capitale économique tient essentiellement à un déficit de gouvernance." Une pierre dans le jardin des autorités locales. Quelques jours après cette « sortie », le roi nommait d’ailleurs l’actuel wali Khalid Safir, 47 ans, doté d’une réputation d’homme à poigne et de « cerveau » passé par l’école marocaine de statistique et Polytechnique en France (il préside le groupe X-Maroc)

Le programme présenté le 10 février repose en trois points, un diagnostic, un plan d’actions prioritaires pour 2014 et enfin une réflexion sur perspectives et orientations stratégiques à moyen et long terme (2030). Un travail en fait déjà engagé. L'agglomération est en effet dotée d'un Schema directeur d'aménagement urbain (SDAU) se projettant jusqu'en 2030 élaboré par l'Agence urbaine de Casablanca (AUC). De quoi tenter d'encadrer le développement d'une métropole en plein boom et fourmille de projets d'aménagement comme la ville nouvelle de Zenata. En attendant, il faut améliorer l'existant.

Concernant ces projets de remise à niveau à court terme, sur les 2,82 milliards de dirhams du budget d’urgence, une bonne part provient, en fait, selon la presse marocaine d'affichage de sommes déjà promises. Dans le détail, une contribution de 1,16 milliard de dirhams venant du ministère de l’Intérieur sera consacrée aux actions de proximité. Ainsi, 240 millions de dirhams seront destinés aux conseils préfectoraux et provinciaux du Grand Casablanca pour la mise à niveau urbaine. Au niveau de la banlieue, les quartiers périphériques doivent recevoir 620 millions de dirhams. Concernant la sécurité, le budget s’élève à 110 millions de dirhams, dont 40 millions serviront par exemple à doter la ville de 500 caméras de surveillance.

suez environnement en première ligne

Le volet "amélioration du cadre de vie" recevra une enveloppe de 245 millions de dirhams. Une série d'aménagement concerneront le parc de la Ligue Arabe pour 35 millions de dirhams. Dans cette même optique, l’aménagement de divers espaces verts nécessitera 115 millions de dirhams. En matière sportive ou culturelle, la modernisation du complexe sportif Mohammed V se voit allouer 30 millions de dirhams et le zoo d’Aïn Sebaa doit faire l'objet d'une réhabilitation pour 65 millions de dirhams.

CasablancaEn matière d'infrastructures, on relève aussi une enveloppe de 250 millions de dirhams pour améliorer le taux de raccordement des habitations au système d’assainissement et de surcroit 119 millions pour de nouveaux raccordements en eau potable et en électricité, au profit des douars (villages) de la périphérie de Casablanca (provinces de Mediouna, Mohammedia et Nouaceur).

Par ailleurs, la société Lydec (Suez environnement) qui gère l'eau et l'électricité de la ville a indiqué dans le communiqué du 12 février portant sur ses résultats annuels 2013 la mise en oeuvre "d’une mobilisation renforcée en lien avec les Autorités locales pour l’élaboration d’un plan d’actions prioritaires" en réponse "aux besoins urgents du Grand Casablanca notamment en matière d’assainissement et d’éclairage public". Il s'agit notamment des travaux d’un intercepteur permettant la dépollution des eaux usées de l’est de Casablanca.

La gestion des déchets ménagers et de la propreté des rues, sujet récurrent de grogne des "Casaouis", vient par ailleurs d’être confiée pour une partie de la ville à un nouveau délégataire, le groupe libanais Averda qui rejoint Sita El Beida (filiale de Suez Environnement).

Des prestataires de qui, les autorités attendent beaucoup en matière d’amélioration de service. Même si tout ne semble pourtant pas aller de soi... puisque certains syndicats d’employés de la ville manifestent leur mécontentement sur les conditions du transfert de personnel chez les délégataires.

LE METRO AERIEN EN VUE

Autre point noir de la ville, et en dépit de l’ouverture du tramway en décembre 2012, la circulation devrait être mieux gérée par la mise en place d’un poste central de régulation de la circulation pour un investissement de 20 millions de dirhams. Toujours pour améliorer les installations et faciliter la circulation, 50 millions de dirhams serviront à l’acquisition de matériel de locomotion et de transmission (200 bus annoncés).

En ce domaine de la circulation, le gros morceau est une enveloppe de 365 millions de dirhams consacrée à la modernisation des voiries, soit une trentaine de chantiers.Trawmay de Casablanca inaguré en décembre 2012

A noter que la ville est déjà en train de connaitre des transformations majeures avec l'achèvement en vue de la gare ferroviaire Casa port qui sera dotée de commerces et de la "Marina", un vaste quartier d'affaires et d'activité de services en front de mer près du centre historique ainsi que les travaux à venir de la gare TGV sur l'actuelle gare ferroviaire Casa Voyageurs.

A tout cela s’ajoute enfin, un énorme projet, la création d’un métro aérien qui doit venir sur 15 km dans un premier temps compléter l’actuel tramway fourni par Alstom. Cette infrastructure majeure qui, à terme, vise une capacité de 400 000 voyageurs par jour (contre 100 000 pour le tramway) a été confirmé le 10 février.

Dans une interview récente au quotidien L’Economiste le maire Mohamed Sajid, a indiqué que les études techniques pour ce métro aérien seraient finalisées en avril et que les appels d'offre suivront.

L’investissement à lui seul dépasse de loin le budget du plan d'urgence de rénovation urbaine puisqu’il s’élève à 9 milliards de dirhams (802 millions d’euros). S'il est lancé comme prévu, il aura du fait des travaux sans doute un effet à court terme plutôt indésirable: celui de créer de nouveaux embouteillages…

En attendant, la ville s'apprêterait à se lancer un nouveau défi : son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

Nasser Djama et Pierre-Olivier Rouaud

La ville blanche en bref
Casablanca est le chef-lieu de la région du Grand Casablanca, l'une des seize du royaume et sa capitale économique. La ville est située sur l'Atlantique, à environ 80 km au sud de Rabat. C'est la cité la plus peuplée du Maroc avec une population estimée de 3,2 millions d'habitants (2009). La population de l'agglomération est de 4,05 millions (2012).  Casablanca dispose de deux gares principales, Casa-Voyageurs qui acceuillera le TGV et Casa-Port en phase finale de rénovation. L'ouverture de la LGV Tanger-Casablanca est prévue à l'horizon 2015. Le tramway a été mis en service le 12 décembre 2012.
La région du Grand Casablanca inclut les villes de Mohammédia, Ain Harrouda et les deux provinces Médiouna et Nouaceur. Le wali (préfet) est Khalid Safir depuis octobre 2013 alors que le président du conseil de l'agglomération est Mohammed Sajid depuis 2003.

 

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