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Plan d’accélération industrielle du Maroc : le ministre Moulay Hafid Elalamy fait le SAV auprès du patronat

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Document Le ministre de l'Industrie du Maroc, Moulay Hafid Elalamy vient de faire auprès de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) un point d'étape sur le "Plan d’accélération industrielle" lancé en avril. Il confirme la création d'un fonds industriel de subventions, promet la mise en place prochaine d'un mécanisme de compensation industrielle au profit des PME sur les contrats publics et l'accroissement du nombre d'écosystèmes. Et veut attirer davantage les investisseurs chinois.

Plan d’accélération industrielle du Maroc : le ministre Moulay Hafid Elalamy fait le SAV auprès du patronat
Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’Industrie et du commerce du Maroc
© Fadel Senna AFP Photo

Les PME marocaines vont bénéficier du mécanisme de compensation industrielle... C'est une des mesures phares annoncées par Moulay Hafid ElAlamy, ministre de l’Industrie et du Commerce devant l'état major de la CGEM, le patronat marocain, à Rabat ce vendredi 10 octobre. Toute grosse commande publique emportée par des entreprises étrangères, par exemple Airbus, se solderait donc par des offsets. Une disposition attendue de longue date dans le royaume.  

Il reste toutefois à définir les modalités d'application de cette mesure, les marchés publics concernés ainsi que la fixation du seuil de déclenchement.

Le ministre a confirmé lors de cette réunion (voir document complet à la fin de cet article) la mise en place d'un Fonds de développement industriel (FDI) dans le Projet de loi de finances 2015. Cette enveloppe de subventions sera vouée à soutenir le "Plan d’accélération industrielle" annoncé par le ministre le 2 avril lors des Assises de l'industrie à Casablanca et dont cette réunion avec le patronat constitue en quelque sorte le service après-vente ou un point de suivi.

La Chine en vue
Le développement des investissements chinois jusque-là peu présents au Maroc est un des axes développés par le ministre de l’Industrie. Alors qu’un investissement de 150 millions de dollars du groupe Shandong Shangang dans une usine de tubes en acier se profile à Tanger, le ministre dit préparer un "partenariat industriel institutionnel sino-marocain" pour accroîre les flux d’IDE chinois vers le Maroc. Autre objectif : s’appuyer sur le Fonds sino-africain pour le développement (CADFund) pour là encore accroître la présence chinoise et capter d'éventuelles localisations de production autour du bassin méditerranéen.

Autre annonce, l'accélération dans la mise en place des "éco-systèmes" cher à Moulay Hafid Elalamy. A cet égard, cinq "contrats de performance" sont en route dans l'industrie automobile et menés avec la fédération du secteur, l'Amica. Ceux-ci seront signés le 29 octobre lors de l'Automotive Meetings Tangier. Ils concernent les secteurs du câblage, des intérieurs de véhicules, des batteries et de l'emboutissage,

Objectif ? Doper la valeur ajoutée du secteur automobile jugée encore "faible", car très dépendante notamment du secteur du câblage (65% de l'emploi automobile). Il s'agit aussi de porter le taux d’intégration locale, essentiellement chez Renault Tanger de 45% actuellement à 65% et permettre la création de 90 000 emplois nets d’ici 2020.

Le ministre n'entend pas s'arrêter là. Il veut développer des éco-systèmes ou clusters dans l’électronique, les châssis ou les moteurs. Sans parler de ceux lancés, ou en projet, dans d'autres domaines par exemple autour du géant public des phosphates OCP ou dans le secteur du textile.

Par ailleurs dans la même veine, des études d'opportunité sont en cours dans la pharmacie, l'aéronautique, la construction navale (plutôt une nouveauté), la pharmacie, l'électronique, l'agro-alimentaire ou même le ciment. A noter que certains de ces secteurs font déjà l'objet de "contrats programmes" avec les pouvoirs publics.

Objectif du ministre à fin 2014 : 250 000 engagements contractualisés de créations d’emplois dans l'industrie. Chiffre très ambitieux car l'emploi industriel a stagné au Maroc ces dernières années et la croissance, actuelle autour de 2,5% est faible pour les standards du Maroc.

Autre confirmation : la mise en place d'un parc industriel en location, à l'initiative des pouvoirs publics. D’une superficie de 143 ha, celui-ci sera localisé à Médiouna, près de Casablanca.

Moulay Hafid Elalamy a, enfin, souligné la volonté du gouvernement de mettre sur pied un statut de l’auto-entrepreneur. Ou encore d'ouvrir une réflexion pour une réforme des Chambres de Commerce d'industrie et de services (CCIS).

Vaste programme donc.

 

N.D. et P.-O.R.


Suivi du plan d'accélération industrielle du Maroc (doc. ministère de l'Industrie du Maroc)

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