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L'Usine Maroc

Plan choc à 4 milliards d'euros pour sauver l'Office de l'eau et de l'électricité du Maroc

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Un contrat-programme de 4 milliards d'euros a été signé ce début de semaine par le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane en faveur de l'Office national de l'eau et de l'électricité (ONEE). Objectif sortir l'Offfice de sa quasi-faillite. Le plan sera accompagné d'une hausse des tarifs.

Plan choc à 4 milliards d'euros pour sauver l'Office de l'eau et de l'électricité du Maroc
Poste électrique ONEE au Maroc
© dr

Quatre milliards d'euros ! C'est le montant record mis sur la table par le gouvernement marocain dans son plan choc pour sauver l'ONEE, l'opérateur public chargé de la distribution de l'électricité et de l'eau potable dans le royaume. Un contrat programme quadriennal de 2014 à 2017 signé entre l'Etat marocain et l'ONEE lundi 26 mai à Rabat.

70% par un effort financier de l’Etat

Le montant de 4 milliards d'euros sera assuré à hauteur d’environ 70% par un effort financier de l’Etat et des économies de gestion et d’exploitation dégagées par l’ONEE. Le reste sera assuré par des augmentation de tarifs répartis à partir du 1er août 2014 sur la durée du Contrat Programme.

"L’électricité est vendue aujourd’hui à perte par l’ONEE" appuie le gouvernement dans un communiqué. Selon lui, il faut pouvoir "assurer l’adéquation nécessaire entre le prix de revient et le prix de vente".  Avec un prix atteignant 30,2 centimes dirham par kilowatt/h produits, cela représente à peine 28% du coût de revient de l’électricité!

L'objectif principal du contrat négocié depuis des mois voire des années est "le rétablissement de la viabilité et de la solidité financière de l’ONEE en vue de lui permettre de poursuivre son programme de développement et d’investissements stratégiques pour assurer dans les meilleures conditions de qualité et de prix, la satisfaction de la demande nationale de plus en plus croissante en électricité, en eau potable et d’équipement en infrastructures d’assainissement liquide." selon e gouvernement marocain. En clair le sauver, l'opérateur mené depuis 2008 par son directeur général Ali Fassi-Fihri. Autrefois disctinct, les Offices de l'eau et l'électricité ont fusionné en avril 2012, mais cela n'a rien changé à leurs difficultés récurrentes.

"une dégradation significative de sa situation financière"

L'ONEE vit "une dégradation significative de sa situation financière", selon la Primature qui justifie cette dégradation par "l’amplification du rythme de croissance de la demande d’électricité associée aux retards accusés dans la réalisation des ouvrages de production de base" d'un côté et une série d'autres facteurs comme "le renchérissement des coûts de production", "l’insuffisance des tarifs de vente" ainsi que "l’inadéquation du modèle tarifaire d’électricité, d’eau potable et d’assainissement liquide."

Fin 2013, l’ONEE a enregistré un résultat net déficitaire de 2,7 milliards de dirhams, soit 240 millions d'euros. Celui-ci atteindrait 7 milliards de dirhams (623 millions d'euros) en 2017 en absence de réforme selon les autorités.

En 2012, l'ONEE, branche électricité affiche 4,7 millions de clients et 8700 salariés pour un chiffre d’affaires de 24 milliards de dirhams. Il affiche une puissance installée totale à fin 2013 de 7 342 MW incluant la centrale JLEC qui est en fait un producteur indépendant.

Si aucune réforme n'est engagée, les capitaux propres négatifs de 4,3 milliards de dirhams (383 millions d'euros) atteindront -28 milliards de dirhams (2,49 milliards d'euros) en 2017.

une dette de 51,8 milliards de dirhams

Les chiffres se suivent et vont tous dans le même sens. L'ONEE porte une énorme dette de 51,8 milliards de dirhams (4,6 milliards d'euros). A cela s'ajoute un engagement au titre de la caisse interne de retraite de 17,95 milliards de dirhams (1,59 milliard d'euros) ; une trésorerie nette négative de 7,5 milliards de dirhams (668 millions) prévue à -38 milliards de dirhams (3,38 milliards d'euros) en 2017.

Dans ses échanges avec ses fournisseurs, l'ONEE cumule des retards de paiement de 2,3 milliards de dirhams (204 millions d'euros) vis-à-vis de 1422 entreprises nationales et 181 entreprises étrangères.

L'ONEE branche électricité mène actuellement un important programme de modernisation par exemeple dans sa centrale à charbon de Jerada ou dans son réseau. La demande électrique au Maroc progresse de 4 à 6% par an.

Dans un contexte social toujours sensible, la hausse des tarifs annoncée sera, effective à compter du 1er août. Elle doit permettre de récupérer près d'un milliard d'euros sur la durée du plan. Pour limiter ses effets sur les populations modestes, elle ne cible que les foyers consommant plus de 100 KWh d'électricité et/ou 6 m3 d'eau potable par mois. Ce seront respectivement 4,1 millions et 2,2 millions d'abonnés qui seront épargnés, selon les chiffres du gouvernement.

Le 23 janvier, le ministre de l'économie et des finances, Mohamed Boussaid, avait affirmé que le déficit budgétaire du Maroc s'était établi à 5,4% du PIB en 2013 contre 7,3% en 2012. Ce renflouement de l'ONEE risque de contrarier cette tendance à l'amélioration des comptes publics.

Nasser Djama

L'ONEE entre monopole et libéralisation
Au Maroc, le monopole de la distribution de l'électricité est confié à l’ONEE. Bras armé de l'Etat, l'Office opère aussi via des partenariats public-privé (PPP). Les sociétés privées de leur côté sont chargées de la construction et de l'exploitation des centrales électriques. L’ONEE achète la totalité de l’énergie produite selon des contrats de longue durée. C'est le cas du contrat qui le lie à JLEC (Jorf Lasfar Energy Company qui ambitionne de produire à terme près de la moitié de l'électricité au Maroc.
JLEC a ainsi le statut de  producteur privé d’électricité (IPP). Il vend sous contrat sa production à l’Office, assurant la fourniture de base du pays. Le marché de l’électricité a été libéralisé au milieu des années 90 et l’ONEE n'y dispose plus que du monopole du transport. Au stade de la production, on dénombre une poignée d’acteurs dont notamment le marocain Nareva, le saoudien ACWA ou bientôt le français GDF-Suez sans compter les autoproducteurs souvent de gros industriels (Lafarge, OCP...) soumis à un régime spécial. L'ONEE qui continue d'être producteur à hauteur d'environ 40% des besoins du royaume joue aussi un rôle réglementaire clé dans la programmation de la production. Il est chargé aussi de piloter de grands programmes comme le plan éolien intégré, pour lequel un appel d'offres de 850 MW est en cours et auquel participent Edf, General Electric ou Gdf-Suez.
 

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