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L'Usine Santé

Plan cancer : François Hollande pour une "médecine personnalisée" à "prix maitrisés"

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

En présentant, ce mardi 4 février, le plan cancer 2014-2018, le président de la République a fait part de ses exigences envers l’industrie pharmaceutique. S’il veut favoriser les nouvelles thérapies ciblées, il incite à négocier fermement leurs prix et à les réévaluer régulièrement.

Plan cancer : François Hollande pour une médecine personnalisée à prix maitrisés © Présidence de la République

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Pas une fois les termes "laboratoire pharmaceutique" ou "recherche privée" n’ont été utilisés. Pourtant, l’industrie était bien au cœur du troisième plan cancer présenté ce mardi 4 février par François Hollande. Onze ans après le premier plan lancé par Jacques Chirac, le Président socialiste a promis de débloquer 1,5 milliard d’euros sur cinq ans pour lutter contre la première cause de mortalité en France (150 000 décès annuels). Avec un fil rouge : réduire les inégalités entre les malades.

L’ambition du président de la République ? Le déploiement de la médecine personnalisée. Il s’agit de traitements individualisés en fonction des caractéristiques génétiques et biologiques des patients, donc plus efficaces et présentant moins d’effets secondaires. Un nouvel eldorado pour les groupes pharmaceutiques qui n’hésitent pas à proposer ces traitements complexes à des niveaux de prix très élevés, dépassant les dizaines de milliers d’euros par an et par patient.

"Combattre les situations de rente"

L’Assurance Maladie prendra en charge ces nouveaux traitements, assure François Hollande, car "il est hors de question de priver les malades des progrès de la science car ce serait trop cher ! Mais cette ambition suppose que nous soyons particulièrement vigilants pour fixer les prix des médicaments à un niveau correspondant à la réalité de leur apport thérapeutique, et de les réévaluer périodiquement" en fonction de l’usage qui en sera fait et de leur efficacité.

"Pourquoi faudrait-il continuer à payer au prix fort un produit dont l’intérêt médical serait devenu moindre en raison d’autres innovations qui se seraient annoncées, insiste le Président. Il faut lutter contre les excès, combattre les situations de rente, mais aussi accompagner l’arrivée de nouvelles thérapies à des prix maitrisés."

Accélérer la mise à disposition de l’innovation

François Hollande souhaite néanmoins accélérer les autorisations de mise sur le marché et le remboursement de ces traitements, en facilitant notamment les procédures permettant d’utiliser un produit en dehors de son indication s’il s’est avéré efficace pour traiter d’autres tumeurs.

Depuis quelques mois, le laboratoire américain Pfizer met ainsi gratuitement à disposition des centres de recherche de l’Institut national du cancer le Xalkori. Il s’agit d’un médicament autorisé en 2012 qui cible des patients atteints d’un cancer du poumon présentant une anomalie génétique. Or cette anomalie est également présente dans une dizaine d’autres pathologies plus rares.

60 millions d’euros pour le séquençage des tumeurs

Pour donner un coup de fouet à la recherche clinique (les essais de médicaments chez les patients), François Hollande promet de doubler en cinq ans le nombre d’essais cliniques, afin qu’ils concernent tous les cancers (y compris les 1 500 cancers pédiatriques, parents pauvres de la recherche privée) et toutes les régions. 50 000 patients devraient ainsi être enrôlés en 2019. Et pour faire avancer les thérapies ciblées faisant appel à la génétique, 60 millions d’euros vont être investis dans un gigantesque programme de séquençage haut débit du génome de chaque tumeur. "De 10 000 tumeurs analysées en 2015, notre objectif est d’atteindre 60 000 en 2018 !" Une première mondiale, selon le Président.

Gaëlle Fleitour

Un concurrent au dossier médical personnel ?
Selon François Hollande, la médecine personnalisée va également nécessiter un changement profond dans l’organisation de l’offre de soins. Il préconise donc de mieux partager l’information entre tous les professionnels de santé, en créant un "dossier communicant de cancérologie", dont devraient disposer tous les patients fin 2015. Etonnant, alors qu’il existe déjà le "dossier médical personnel" ! Un dossier informatique reprenant l’information médicale des patients français, dont le coût et le manque de diffusion sont régulièrement dénoncés.

 

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