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Plan automobile : les principaux points et le document

Astrid Gouzik

Publié le

[ACTUALISE] - Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, le gouvernement précise les actions majeures qui seront mise en place pour soutenir et relancer la filière automobile en France. Ce plan, exposé dans un document ci-dessous, était le point d'orgue du conseil des Ministres qui s'est tenu ce mercredi 25 juillet.

Plan automobile : les principaux points et le document © D.R. - Toyota

Pour son plan automobile, le gouvernement a choisi "l'offensive", affirme Jean-Marc Ayrault, afin de prendre à bras-le-corps les problèmes de l'industrie automobile française. "La filière a besoin de compétitivité, d’innovation et de solidarité", souligne le gouvernement. il propose donc plusieurs mesures afin d'accélérer les évolutions industrielles.

  • Pour soutenir l’achat de véhicules propres, le gouvernement a décidé de renforcer les bonus auxquels ils donnent droit. Le plafond du bonus relatif aux véhicules électriques sera porté de 5 000 à 7 000 euros ; celui relatif aux véhicules hybrides sera doublé et porté à 4 000 euros.
  •  Le gouvernement entend réorienter 350 millions d’euros de crédits d’investissements d’avenir afin d’aider les constructeurs à innover. Ces fonds proviendront du "programme d'investissements d'avenir" et seront déployés "en lien avec les pôles de compétitivité, la banque publique d'investissement, la Banque européenne d'investissement et l'Union européenne".
  • Pour inciter les entreprises à localiser l'innovation  en France, le crédit d’impôt Recherche sera pérennisé et rendu plus accessible aux PME.
  • Ces sous-traitantes "stratégiques" profiteront de 260 millions d'euros de crédit disponible immédiatement pour leur développement auprès du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, qui sera prolongé. Ainsi il pourra les accompagner dans leurs projets internationaux. Ce fonds doit devenir "le fer de lance d’un développement des sous-traitants stratégiques".
  • Concernant les sous-traitants, la banque des PME Oseo devrait mobiliser 150 millions d'euros pour "soutenir leur trésorerie", et ils pourront "solliciter plus de 450 millions d'euros de financement dédiés à la modernisation des sites et l'investissement industriel".

"L’esprit de ce plan est celui d’engagements réciproques et de mobilisation autour de notre appareil productif automobile. L’objectif doit être de pérenniser les sites de production, l’emploi et la R&D en France", conclut le gouvernement dans son communiqué.

Plan Automobile - 25 Juillet 2012

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5 commentaires

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26/07/2012 - 16h19 -

En 1998, j’ai sondé l’opinion de plusieurs « assez haut gradés » dans les bureaux d’études des 2 gros constructeurs français (je travaillais chez eux), à propos de l’hybride.
Je précise qu’à l’époque, je leur parlais plus d’entrainer l’alternateur rechargeant les batteries, avec le moteur thermique (classique ou turbine à gaz à circuit fermé, donc à haut rendement), la propulsion du véhicule étant assurée par un moteur électrique. Bon, une idée comme une autre.
Bien entendu, comme toute idée sortie de l’œuf, cela les a fait sourire : « ben cela fait 2 moteurs alors ! » ou encore « l’électrique n’est pas pour demain » ou « les écolos… »
Depuis, après-demain est arrivé, sans doute plus tôt que prévu, hélas ! J’en conclus qu’ils n’y avaient pas pensé – effarant, car je ne suis qu’un petit ingénieur généraliste travaillant chez un sous-traitant.
Nos constructeurs font de bons moteurs : Renault Nissan a une très bomme gamme de moteurs à essence et de très bons petits moteurs diesels. Peugeot vend ses excellents moteurs diesels à Ford, Bmw, Fiat, GM. Mais tous deux se sont enfermés dans une vision franco-française du marché et ont méprisé les progrès de leurs puissants concurrents allemands.
Enfin diable : pour moi, le luxe c’est français, pas allemand ! Comment se fait-il que nous ayons raté le virage de la voiture de luxe et que tous les gros salaires français rêvent d’acheter une allemande ?
Deux causes : la mauvaise guerre de la qualité que les français se sont livrés entre eux, par commerciaux et ragots interposés (c’est bien gaulois, cela : on se bat entre nous et ce sont les autres qui gagnent) et le mépris du gout de la mode (et des arts), dans l’univers ô combien mécanico-industriel de l’automobile française – même chez plus d’un « styliste ».
Pourtant une voiture de luxe cela rapporte bien : ce ne sont pas les dm2 de tôle qui coutent, ni les petits gadgets - qui justifient 50% de plus aux yeux des gogos que nous sommes -, ni… Les marges sont bien plus élevées sur ces voitures, et ce sont les allemands qui ont engrangé le pactole, y comprise la TVA des restaurateurs, bien entendu ! Ils ont donc investi dans la recherche pour conserver leur position dominante. Donc, eux se sont méfiés de nous. Nous, nous n’avons pas eu confiance en nous.
Nos dirigeants, en effet, ont baissé les bras très tôt (apeurés, fatigués, suiveurs ?) et ont préféré faire facilement de la marge, en sous-traitant dans les pays à bas couts salariaux. Ils ont embauché plus d’acheteurs que de chercheurs et ont méprisé le savoir et le savoir-faire. Aussi, ils ont voulu conquérir la Chine, hélas les américains étaient déjà dessus, too bad ! Pendant ce temps, les allemands ont conquis l’Europe – parce que eux, connaissent bien les limites de leur territoire de chasse, leur gibier et leurs appeaux. Bien sûr, nos dirigeants incultes ont suivi la mode ... de l’ultralibéralisme, mais la première richesse d’une entreprise est son capital humain (et cela ne veut pas dire « l’envie d’aller travailler pour des cacahuètes »). Et c’est ce capital, c'est-à-dire nous, que nos dirigeants ont décidé de dilapider « à l’époque ».
Bon ! Pour une fois que quelqu’un se penche sur ce malade, il ne va pas refuser les oranges – mais si c’est un peu de vérité de solidarité et d’air pur qu’il nous faut.
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26/07/2012 - 14h02 -

Commentaire niveau cours élémentaire :
Ce plan est principalement focalisé sur la motorisation électrique or on nous annonce un doublement du coût de l'électricité d'ici 2020 du fait des nouvelles contraintes annoncées par l'actuel gouvernement ( désengagement du nucléaire et autres décisions impulsées par la mouvance écologiste très influente au sein du pouvoir )
N'EST-CE PAS PARADOXAL ?
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25/07/2012 - 14h26 -

Pas un mot sur l'hydrogène ! Les barrages administratifs en France à ce propos sont d'un autre âge et nos voisins qui n'ont pas ce souci en profitent pleinement.
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25/07/2012 - 13h42 -

Pas un mot sur les batteries ! Or celles utilisées dans les modèles français or Blue car de Bolloré ne sont pas fabriquées en France !

Une initiative européenne sur le sujet est indispensable...
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25/07/2012 - 13h06 -

Toutes ces mesures et mesurettes ne servent strictement à RIEN !!!
PERSONNE et surtout les politiques (ils n’y connaissent rien) dans le paysage automobile français OSE dénoncer le RETARD technologique et le déficit d’innovation qu’on pris les constructeurs français qui ont perdu déjà dix ans par rapport aux japonais comme Toyota avec ses hybrides qu’ils vendent par millions dans le monde !!
Toyota et les coréens ce sont attaqué aux deux principaux problèmes qui sont à l’ origine de la catastrophe actuelle !
L’excessive consommation des voitures dans les centres urbains et l’hybride donne la solution.
Ceci c’est de l’innovation. Et le deuxième point concerne l’organisation industrielle qu’est l’amélioration et rationalisation des procédures de fabrication industrielle, ce qu’on appelle dans les bonnes écoles d’ingénieur « bonnes pratiques de fabrication industrielle » !
Une étude récente démontrait que dans les usines françaises plus de 170 places en moyennes étaient attribuées à la reprise de voitures tous segments en bout de chaine (avec des défauts).
Les coréens et japonais n’attribuent guère plus de 15/20 places pour la reprises de leurs voitures.
Le vers est dans le fruit et tout plan extérieur au strict métier industriel sera INEFFICACE.
Il faut commencer par là, mais tant que nos dirigeants dans l’automobile continuent de se préoccuper de finance (et de leurs actionnaires) et pas de leur métier d’industriel avec vision a moyen et long terme, nous ne serons pas sortis de l’auberge et on va même au casse pipe !
Aujourd’hui avec la crise, le consommateur se rebiffe, car il en a marre d’acheter des mauvais produits, avec lesquels ils n’ont que des ennuis au bout des deux ans de garantie contractuelle, tout en payant de plus en plus cher du simple cosmétique (du face lifting en anglais) et de l’équipement indigent fourni à prix d’or, dans le début de gamme et ceci dans tous les segments.
La revue AutoPlus de lundi dernier dans une enquête fait le bilan depuis dix ans de plusieurs modèles européens de voitures (françaises comprises) ou il est constaté que les gains en consommation depuis dix ans sont lamentablement bas ! Pire ces voitures ce sont alourdis de gadgets couteux.
Et je conclu sans une notable amélioration de leur FIABILITE. Un comble au vue des prix de commercialisation qui ne cessent de grimper pour le consommateur.
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