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Quotidien des Usines

Placée en redressement judiciaire, Reims Aviation Industries cherche un repreneur

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Au vu de la situation financière de l’avionneur Reims Aviation Industries, filiale de Geci Aviation, le tribunal de commerce de Reims (Marne) a décidé de stopper l’hémorragie mardi 10 septembre en décidant le placement de l’entreprise en redressement judiciaire. Ce qui permet aux administrateurs nommés de travailler à un plan de reprise.

Placée en redressement judiciaire, Reims Aviation Industries cherche un repreneur © Reims Aviation Industries

Geci Aviation a publié le 10 septembre un communiqué très factuel dans lequel le groupe dirigé par Serge Bitboul annonce que sa filiale Reims Aviation Industries a été "placée en redressement judiciaire en date du 10 septembre 2013 par le tribunal de commerce de Reims (Marne)". Il précise qu’une "période d’observation a été ouverte" sans indiquer sa durée et souligne qu’à cette occasion ont été "désignés deux mandataires judiciaires ainsi que deux administrateurs pour l’ensemble de la période d’observation afin d’assister la direction de l’entreprise dans la mise en œuvre des moyens de redressement de Reims Aviation Industries."

A la fin de l’audience, cette décision du tribunal de commerce a été applaudie par les 70 salariés de cette entreprise marnaise fondée en 1933 par Max Holste ("Société des Avions", à l’époque), reprise en 2008 par Geci International. Ce groupe d’ingénierie a alors constitué Geci Aviation pour piloter deux activités de construction aéronautique basées sur deux sites distincts : celui de Reims-Prunay où l’on fabrique un seul type d’avion, le F 406 (ex-Cessna), destiné aux missions de surveillance (douanes, garde-côtes, pollutions maritimes…) et celui de Chambley, en Meurthe-et-Moselle, dédié à la production d’un nouvel appareil (de tourisme ou de fret, cette fois), baptisé Skylander.

Ce projet n’a jamais décollé et la société SkyAircraft International, spécialement créée par Serge Bitboul pour développer le Skylander, a été placée en liquidation judiciaire courant avril 2013 par le tribunal de commerce de Briey (Meurthe-et-Moselle).

Deuxième crash d’affilé

C’est donc un deuxième crash devant la justice consulaire en moins d’un an que vient de subir le président de Geci International, lequel a fini par user la confiance des salariés de Reims Aviation Industries. Aujourd’hui, ils ne sont pas mécontents de le voir contraint de lâcher les commandes d’une société fortement endettée.

Le montant estimé du déficit cumulé sur les trois derniers exercices serait de 16,8 millions d’euros. "Dès le mois de mars 2013, inquiets devant la situation financière de l’entreprise et craignant la perte du contrat du 98ème exemplaire du F406 en cours d’assemblage, nous avions voté un droit d’alerte en comité d’entreprise", explique le secrétaire du CE, Jean-Noël Sirot.

A cette époque, Serge Bitboul a nommé un nouveau mandataire social à la tête de Reims Aviation Industries, Armand Carpentier. "Mais il l’a révoqué dès le mois juin dernier au motif qu’il ne pouvait diligenter un plan de reprise alors même qu’il était le PDG de la société", rappelle Jean-Noël Sirot. "Le dirigeant suivant désigné par Serge Bitboul est resté seulement cinq jours à la tête de la société…", déplore-t-il aussitôt.

Voyant, cet été, la situation se dégrader encore et constatant l’arrivée de deux personnes missionnées par Serge Bitboul dans le "but de rapatrier la comptabilité de Reims Aviation Industries à Paris", le CE s’y est opposé et a décidé de fournir à la justice divers éléments en sa possession. "Après quoi, le parquet de Reims a choisi d’assigner l’entreprise devant le tribunal de commerce. Ce dernier n’a pas été convaincu par les arguments fournis par M. Bitboul et a placé en redressement judiciaire Reims Aviation Industrie, la meilleure solution aux yeux de l’ensemble des salariés", déclare le secrétaire du CE.

Au sortir d’une réunion tenue mercredi 11 septembre avec les deux administrateurs nommés par le tribunal, l’un en charge de la trésorerie et l’autre travaillant plus spécifiquement sur le plan de reprise, Jean-Noël Sirot et ses collègues plaçaient leurs espoirs dans la livraison à la fin de ce mois de septembre du 98ème F 406 en cours de finition, avec un paiement rapide du solde de cette commande.

Concernant le plan de reprise, le responsable du CE ne doutait pas qu’outre le projet — le seul déclaré à ce jour — d’Armand Carpentier et du consortium réuni par lui, d’autres repreneurs potentiels se manifesteraient pour reprendre ce fleuron de l’aéronautique rémoise. "Désormais, nous sommes plutôt confiants", conclut-il.

Philippe Schilde

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