Piriou, candidat au rachat du chantier STX de Lanester

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Le groupe Piriou a officialisé son offre de rachat du chantier STX de Lanester, dans le Morbihan, alors que les Constructions mécaniques de Normandie sont également intéressées. Piriou, dont le site historique de Concarneau tourne à plein, a besoin d’un autre chantier en France.


Pascal Piriou dirigeant de Piriou

Le chantier STX de Lanester, près de Lorient (Morbihan), pourrait changer de main. Deux repreneurs sont en compétition pour racheter le site qui a connu un plan social en 2015. Le 21 janvier, notre confrère Le Marin dévoilait que les Constructions mécaniques de Normandie (CMN) s’étaient déclaré candidates au rachat. Lundi 25, Piriou officialisait son intérêt pour ce même chantier en écrivant une lettre à Laurent Castaing, le directeur général de STX France, afin de connaître les intentions exactes de STX sur la vente du site.

"Nous sommes en discussions depuis deux ans, explique Pascal Piriou, PDG du groupe eponyme. Mais nous étions face à des difficultés, chacun de notre côté. STX menait un plan social sur le site de Lorient, et nous n’avions pas suffisamment de commandes. Aujourd’hui, les deux hypothèques sont levées. Le plan social de STX a été bouclé en novembre 2015 et notre chantier de Concarneau (Finistère) tourne à plein régime."

Répondre aux commandes militaires

En créant en 2013 Kership, une coentreprise avec DCNS, Piriou s’est donné les moyens de se développer dans la construction de petits bateaux militaires. "Nous avons l’agilité, DCNS possède les réseaux pour vendre ce type de navires", résume Pascal Piriou.

Pour répondre à de nouvelles commandes en suspens, - militaires comme civiles - , Piriou a besoin d’un nouveau site de production. Concarneau va devenir trop exigu et il n'existe pas de possibilité pour l'agrandir. Et Il n’est pas non plus possible de construire dans ses chantiers vietnamiens.

Les acheteurs veulent que les navires militaires achetés à un chantier français soient construits en France. Bâtir un nouveau chantier demanderait au moins de 18 à 24 mois. De quoi répondre à des besoins à moyen et long terme, mais le délai est bien trop long pour répondre aux différentes commandes actuellement en discussions. Quant au chantier de réparation de Piriou à Lorient, il n’est pas équipé pour la mise à l’eau d’unités de très grande taille (au dessus de 650 tonnes), qui nécessitent d'être grutées.

En cas de rachat, Piriou conserverait la cinquantaine de salariés du site de Lanester et des embauches supplémentaires seraient nécessaires. "Les salariés actuels peuvent fabriquer en un an un patrouilleur de 40 mètres, argumente Pascal Piriou. Je n’achèterais pas un chantier pour construire un seul bateau par an. Je m’inscris dans une vision à long terme."

Patrice Desmedt

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