Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Pierre Pelouzet : "Je veux lancer un label Performance responsable pour les entreprises qui respectent leurs fournisseurs"

Publié le

Entretien Tout juste nommé médiateur national des relations interentreprises, l’ancien directeur achats de la SNCF dévoile pour L’Usine Nouvelle les grandes lignes de son projet pour la médiation. Au programme : des actions par filières, et un label pour valider l’application des bonnes pratiques de la médiation.

Pierre Pelouzet : Je veux lancer un label Performance responsable pour les entreprises qui respectent leurs fournisseurs © AFP

L’Usine Nouvelle - Votre prédécesseur Jean-Claude Volot était connu pour sa combativité. Quel médiateur voulez-vous être ?
Pierre Pelouzet - Je veux être celui de la conviction. Pour convaincre, je souhaite aller le plus possible sur le terrain et faire connaître les idées portées par la médiation, à savoir l’amélioration des relations entre les petites, les moyennes et les grosses entreprises. C’est pourquoi j’ai l’intention de visiter au moins une à deux régions par mois pour y rencontrer les industriels en difficulté.

Et le reste du temps, en quoi consisteront vos actions ?
Je serai à Paris où je rencontrerai les institutionnels et les responsables de filières. Le travail par filière est d’ailleurs une nouvelle orientation que je souhaite donner à la médiation. L’idée est de co-construire des médiations avec les représentants de certaines filières, de bénéficier de leur parfaite connaissance de leur secteur tout en apportant le caractère étatique de la médiation.

Y-a-t-il des filières dans lesquelles vous aimeriez voir davantage recourir à la médiation ?
Je suis en contact régulier avec le ministre du redressement productif pour introduire davantage de médiation dans le secteur automobile. La grande distribution ou le luxe font aussi trop rarement appel à nos services. Il y a bien sûr des procédures en justice qui sont faites dans ces secteurs, mais ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, car on sait que la majorité des pratiques abusives ne font l’objet d’aucune poursuite. C’est pourquoi nous allons multiplier les actions pour faire connaître la médiation. Faire savoir que 80 % des dossiers que nous traitons aboutissent à une solution satisfaisante pour les deux parties, et faire comprendre qu’il s’agit de la meilleure alternative au mutisme ou au recours à un tribunal. Dans le premier cas, ne rien dire peut mener les entreprises jusqu’au dépôt de bilan, dans le second cela peut détériorer les relations avec son donneur d’ordre. Si l’on ne veut pas être mis en porte-à-faux, la solution de la médiation collective est la bonne car elle préserve l’anonymat.

Quelles pourront être ces actions pour faire connaître la médiation ?
Nous allons lancer prochainement un label "performance responsable" qui validera la mise en place des bonnes pratiques de la médiation. Le cabinet Vigeo sera mandaté pour auditer les pratiques des signataires de la charte. Cela permettra d’une part de valider que la charte est bien appliquée, et d’autre part d’identifier les éventuelles difficultés que rencontrent les industriels dans l’application de cette charte. Nous espérons voir les premières entreprises labellisées avant la fin de l’année. Nous allons également continuer de multiplier les collaborations avec des organismes comme Pacte PME, la CGPME, le MEDEF, Croissance Plus ou encore le Comité Richelieu. Force est de constater que nous sommes loin d’avoir atteint le stade de la surinformation sur ces sujets. Donc plus on entendra de voix s’élever pour promouvoir l’amélioration des relations entre entreprises, mieux cela vaudra.

Et à plus long terme, pensez-vous qu’il y ait besoin de nouvelles législations pour contraindre les "mauvais élèves" ?
La médiation a pouvoir de proposition sur des textes de lois, mais, selon moi, aujourd’hui quasiment tout est déjà inscrit dans le code civil et le code du commerce. Le problème vient plutôt de la manière dont ces textes sont appliqués. Je n'hésiterai pas à pousser des coups de gueule si besoin comme le faisait Jean-Claude Volot mais dans un autre style.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle