Pierre Gattaz, un candidat au Medef pas très connecté

Vendredi 31 mai, Pierre Gattaz a fait un déplacement dans trois lieux symboliques du numérique francilien. Ce fut surtout l’occasion pour le candidat à la présidence du Medef de rappeler son programme. Le numérique y est plus abordé comme une illustration de l’urgence à réformer, plutôt que comme un secteur qui nécessite des mesures spécifiques. 

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Pierre Gattaz, un candidat au Medef pas très connecté

Vendredi, c’était numérique pour Pierre Gattaz, le candidat à la présidence du Medef. Le 31 mai, soit à trois jours du vote du conseil exécutif de l’organisation patronale, il voulait rappeler que ce sujet n’est pas réservé à son rival Geoffroy Roux de Bézieux. Ce dernier a reçu dernièrement le soutien du Syntec, le syndicat du conseil, et celui du médiatique Jean-David Chamboredon, un des leaders de la fronde des pigeons, ainsi que le vote indicatif du conseil exécutif du Medef. Avec de tels supporters, la course pour le leadership pouvait vite prendre des allures de querelle des anciens (l’industrie, l’UIMM) contre les modernes (le numérique, les pigeons). Rien de tel qu’une visite du terrain pour montrer que le numérique est partout. Même chez Gattaz ! Résultat : vendredi 31 mai un déplacement en trois étapes franciliennes, de l’entreprise spécialiste de l’imagerie virtuelle, ESI Group à la start-up du cloud Oodrive, avec un arrêt à la web@cadémie entre les deux.

Fidèle à son habitude, Pierre Gattaz a davantage questionné ses interlocuteurs, s’enthousiasmant volontiers devant les solutions de virtualisation ou devant les histoires des élèves décrocheurs qui apprennent le métier de développeur à la web@cadémie. "Vous êtes la France de demain", a-t-il déclaré, avant d’ajouter "le numérique c’est fondamental."

L’assistance, masculine à 95 % a applaudi le président de Radiall, que la plupart d’entre eux ne connaissait vraisemblablement pas un quart d’heure plus tôt. "Le Medef, ça nous touche pas vraiment", explique Louis* , âgé d’une vingtaine d’année. A la sortie de ses études, il explique qu’il espère obtenir un CDI, une sacrée revanche pour ce décrocheur qui, jusqu’ici, a enchaîné les CDD et les galères. Avec son voisin de table, Guillaume *, il serait bien tenté par la création d’entreprise : "je rêve d’avoir un jour mon studio de développement", indique-t-il, tandis que son voisin lui rappelle "mon frère a une boîte. Avec les impôts et les charges, il ne peut pas recruter." L’un des deux est tenté par l’étranger mais pas pour des raisons d’exil fiscal. "J’adorerais aller aux Etats-Unis mais c’est parce que c’est là-bas qu’il y a Apple, Facebook et les autres. Ça compte plus que les taxes ", conclura Louis.

Financement par les entreprises

Particularité de la web@cademie, elle est financée par des entreprises. S’il est élu président du Medef, Pierre Gattaz encouragera-t-il ce type d’enseignement, lui qui est plutôt critique avec le système scolaire ? D’une très grande prudence, il botte en touche, expliquant que les entreprises qui financent paient deux fois "une fois avec leurs impôts pour l’éducation nationale et une autre par leurs cotisations" pour ce genre d’établissements. Conclusion : pas d’engagement de l’éventuel futur président du Medef, juste un intérêt très fort pour l’expérimentation qu’il a vue.

Sur le numérique, Pierre Gattaz n’a pas non plus développé un véritable programme. Il décline les mesures qu’il répète, de fédérations en entreprises. Urgence de réduire impôts et cotisations, réduction drastique de l’épaisseur du code du travail pour simplifier la vie des créateurs et des chefs d’entreprises. "Le Medef doit promouvoir le bon environnement fiscal et législatif pour les entreprises, car l’entreprise est le bien le plus précieux que nous ayons. "

Et le numérique ? Audacieux, Pierre Gattaz pronostique que demain "il sera partout … le XXIe siècle sera imprégné de numérique." Pour accompagner cette mutation, il souhaite que les travaux des Assises de l’industrie soient pérennisés au sein du Medef.

Côté pratique, le numérique doit aussi servir à réduire la sphère publique (comprendre baisser le nombre de fonctionnaires et donc les impôts). Si Pierre Gattaz est favorable à un réseau haut débit fibre optique, il souhaite que ce dernier soit financé par le secteur privé ou par un partenariat public privé. Pas question d’un grand réseau public, "car le financement public revient toujours en impôt."

A défaut d’une vision sur le numérique, il pourra s’enorgueillir d’avoir fait un déplacement sur le thème. Si Paris valait bien une messe, l’élection à la présidence du Medef vaut bien un après-midi pour les Tic.

Christophe Bys

(*) Les prénoms ont été changés

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