Pierre Gattaz: "L'industrie doit ressembler à l'équipe de France de 1998"

Président du groupement des fédérations industrielles, Pierre Gattaz est l’un des membres de la conférence de l'industrie, installée jeudi 8 juillet à Bercy par Christine Lagarde.

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Pierre Gattaz:

Vous êtes l’un des membres de la Conférence nationale de l’industrie. Qu’en attendez-vous ?

Je suis ravi parce que je retrouve dans le programme de la conférence près de 80 % du programme défendu par le groupement des fédérations de l’industrie (GFI) et de la FIEEC : la flexisécurité, le financement des PME… Nous avons beaucoup de sujets de fonds à traiter. Disons que nous sommes en ce moment comme l’équipe de France de foot du mondial 2010 : Il y a beaucoup d’individus talentueux mais nous sommes incapables de marquer des buts ensemble. Maintenant, il faut qu’on ressemble à l’équipe de France de 1998. On doit jouer collectif pour gagner. La conférence doit permettre de créer cette culture de filière. Les donneurs d’ordre réclament souvent une baisse immédiate des prix de leurs sourcing et ils vont se fournir à Taïwan. Il y a une autre façon de faire : aider ses fournisseurs à innover pour être plus compétitif et être capable de fabriquer des produits plus performants et moins chers en France.

Quels vont être les premiers chantiers de cette conférence ?


Un des premiers chantiers selon moi doit être de redresser l’image de l’industrie. L’industrie c’est de la création de richesse, des exportations, des emplois pérennes. Mais ces choses ne sont pas dites ou mal dites. La semaine de l’industrie, qui doit être instaurée au premier trimestre 2011, est très importante dans ce sens là. En se rapprochant de l’éducation nationale, des universités, nous nous rapprochons du modèle allemand. C’est une bonne chose.

Que pensez-vous de la mise en place des 11 filières ?

Il ne faut pas revenir à des plans colbertistes, comme plan machine-outil qui avait été un échec. Il ne faut pas non plus laisser le marché faire, sinon il n’y aura plus d’usine en France. Il y a un juste équilibre à trouver. Je crois beaucoup à la création d’écosystèmes, de filières.

Vous pouvez réformer tout ce que vous voulez. S’il n’y a plus de marché ou plus de client, l’industrie va droit dans le mur. Le carnet de commande est la clef de tout. Cela permet de créer des locomotives qui vont tirer les autres entreprises. Dans l’aéronautique, cela fonctionne déjà. Dans mon entreprise, Radiall, nous avons réussi à décrocher des contrats avec Boeing. Mais si nous y sommes parvenu, c’est parce que la société pouvait s’appuyer sur une base solide et travaillais avec Airbus.

A-t-elle vraiment les moyens de faire la différence ?

Dans un deuxième temps, je pense que l’Etat pourrait avoir une ambition plus gaullienne, en lançant de grands projets d’avenir, comme la route intelligente ou la télémédecine. Mais l’important maintenant est surtout d’inscrire notre action dans la durée. L’industrie demande des investissements à long terme. La conférence ne doit pas être zappée dans 3 mois ou dans 3 ans à la prochaine alternance.

Solène Davesne

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