Pierre Gattaz (GFI) : "Le président Hollande veut relancer la production ? Ça nous va bien !"

Le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), par ailleurs patron de Radiall, salue le discours "productif" du chef de l'Etat. Mais il le met en garde contre le matraquage fiscal.

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Pierre Gattaz (GFI) :

L'Usine Nouvelle - Vous qui représentez l'industrie française, quel est votre sentiment au lendemain de l'élection de François Hollande ?
Pierre Gattaz - C'est le choix du peuple, nous saluons donc son élection ! Ce qui nous va bien, c’est que le Président Hollande parle de croissance en France et en Europe. Il a mentionné la relance de la production dès le début de son premier discours ! Nous sommes prêts à nous mobiliser pour y parvenir. Mais en parallèle, l’Etat doit réduire ses déficits et les dépenses publiques, comme nous entrepreneurs le faisons en période difficile : nous faisons la chasse aux gaspillages et gérons nos dépenses au plus près. Surtout, je voudrais lui dire que la croissance ne se décrète pas. Nous avons besoin d’un environnement "4 S" : simplifié, stabilisé, serein fiscalement, souple socialement.

On connaissait la méthode des "5 S", pas celle des "4 S". Prenons-les donc les uns après les autres…
Nous demandons d’abord un environnement simplifié. Notre Code du travail compte 2800 pages, il s’enrichit de 100 nouvelles pages par an… Il est possible de le rendre simple pour l’utilisateur, malgré sa complexité interne. Un peu comme les produits qu’inventait Steve Jobs ! Nous souhaitons ensuite que notre environnement soit stabilisé. Depuis janvier, les candidats à la présidentielle ont organisé un feu d’artifice de mesures fiscales, plongeant les industriels dans l’incertitude. François Hollande a annoncé qu’il réformerait vite, puis garantirait une stabilité juridique. Espérons qu’il tiendra sa promesse.

Nous avons aussi besoin d’être sereins sur le plan fiscal. Cela va au-delà de la stabilité. Comme l’Allemagne, la France doit respecter l’outil de travail, éviter de matraquer fiscalement les propriétaires des PME, les cadres, les classes moyennes… Enfin, nous souhaitons un environnement social souple. Nous vivons dans un monde de crises et de "crisettes" qui durent parfois quelques mois. Le chômage partiel, le prêt de personnel sont des mesures indispensables dans ces moments-là. Quand une entreprise est obligée de licencier, elle ne doit pas laisser les gens sur le carreau pendant deux ans. Il faut un modèle de "flexi-sécurité".

"Nous avons besoin d’un ministère de l’Ambition industrielle"

Le premier Président socialiste de la Ve République, François Mitterrand, s’était fort bien entendu avec le patron des patrons de l’époque. C’était votre père, Yvon Gattaz. Et vous, pensez-vous nouer avec le chef de l’Etat une relation de confiance ?
François Mitterrand connaissait fort mal l’économie. Pendant un an ou deux, mon père a passé un temps fou à lui expliquer comment les entreprises fonctionnent ! Puis il avait organisé les états généraux des entreprises, pour faire entendre leur voix. Le retour au bon sens n’avait pas tardé. Vous savez, que le pouvoir soit de droite ou de gauche, les entreprises veulent du pragmatisme. J’ai eu l’occasion de rencontrer ces dernières semaines les proches de François Hollande, comme Michel Sapin, Alain Rousset ou Geneviève Fioraso. Ils connaissent bien les dossiers, ont une expérience du terrain et sont de grande qualité.

Quel est le portrait-robot d’un bon ministre de l’Industrie ?
Nous aimerions que soit créé un grand ministère qui intègre le commerce extérieur et l’énergie, et même la recherche. Un ministère de l’Ambition industrielle. Avec un ministre qui connaît son sujet, plutôt qu’un pur politique.

Comment redresser notre compétitivité ?
C’est le sujet majeur. Pour la compétitivité hors coût, nous sommes déterminés à faire des efforts, notamment sur les process et la montée en gamme. Pour la compétitivité coût, il est indispensable de faire baisser celui du travail. François Hollande, si j’ai bien compris, veut revenir sur la TVA sociale décidée par Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat. Notre proposition, c’est de jouer à la fois sur la CSG et la TVA, pour alléger le coût du travail tout en donnant un coup de pouce au salaire net.

Propos recueillis par Laurent Guez

LAURENT GUEZ

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