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Picardie : la Thiérache tente de miser sur l'international

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Picardie : la Thiérache tente de miser sur l'international
Le Creuset s’est lancé à l’assaut du marché mondial. Leader des ustensiles en fonte émaillée, il a investi 80?millions dans son usine de Fresnoy-le-Grand (Aisne).

C’est sans doute le territoire le plus paradoxal de Picardie. Au nord de l’Aisne, entre la frontière belge et les contreforts ardennais, la Thiérache affiche les indicateurs les plus contradictoires qui soient. D’un côté, un taux de chômage oscillant entre 15 et 17 % et un nombre de bénéficiaires des minima sociaux avoisinant les 16 %. De l’autre, des secteurs industriels et agro-industriels où figurent des fleurons internationalement reconnus. L’un des plus emblématiques étant l’entreprise Le Creuset, devenue en une trentaine d’années, le leader mondial des articles culinaires en fonte émaillée

Dans les années 1980, le fondeur était pourtant menacé de disparition. Il n’a dû son salut qu’à l’arrivée providentielle d’un repreneur, Paul Van Zuydam, un industriel britannique d’origine sud-africaine. C’est lui qui a relancé la marque en alliant savoir-faire, innovation et design. Le tout renforcé par un marketing précurseur reposant sur la qualité made in France, très prisée à l’international. Aujourd’hui, Le Creuset représente la moitié du marché mondial des articles en fonte. Depuis 2012, le groupe a même investi quelque 80?millions d’euros pour augmenter les capacités de production de son usine de Fresnoy-le-Grand.

« Dans la région, seules les entreprises qui se sont internationalisées ont pu échapper au marasme et à la désindustrialisation. Depuis vingt ans, c’est aussi la clé de notre réussite », témoigne Pierre-Yves Moulière, le PDG d’A2MAC1, une société spécialisée dans l’analyse concurrentielle pour l’automobile. Établie à Hary, un village d’un peu plus de 200 habitants au sud de Vervins, l’entreprise a conquis la totalité des constructeurs et la plupart des équipementiers automobiles. Désormais, elle réalise plus de 80 % de son chiffre d’affaires (15?millions d’euros en 2015) à l’international. Après les États-Unis et la Chine, où elle possède des filiales, elle s’implantera cette année en Inde et en Thaïlande. Son PDG prévoit de recruter quelque 30 personnes en France au cours des prochains mois. « Compte tenu des profils recherchés, les recrutements s’opèrent bien au-delà de l’Aisne. La région pâtit en effet d’un niveau de qualification peu élevé. »

Moins de jeunes diplômés que dans le reste de la France

La Mission locale de Thiérache a établi que, chaque année, plus de 3 000 jeunes quittent le système scolaire sans aucun diplôme, le double de la moyenne nationale. Les actifs de la région sont bien moins diplômés que la moyenne nationale, ce qui pénalise leur accès à l’emploi. En partie liée à la double tradition agricole et industrielle du territoire, ce déficit de formation serait en outre aggravé par l’enclavement de la région. La mise à 2 x 2 voies de la totalité de la RN2, reliant le nord de l’Aisne à Paris, est repoussée depuis vingt ans au grand dam des industriels et des élus locaux.

« Ce handicap ne facilite pas la formation des jeunes et nuit à l’attractivité du territoire. Malgré le taux de chômage, les entreprises peinent à attirer des cadres », souligne amèrement Paul Véron, le président de la communauté de communes de Thiérache du Centre. Un constat que partage Vincent Gruau, le PDG de Majencia. L’entreprise, dont le siège se trouve à Paris et la principale usine à Noyon (Oise), est le leader français de la fabrication de bureaux. Elle possède une usine de fabrication d’armoires métalliques à Guise, qui emploie encore une centaine de personnes. L’avenir de l’usine picarde passera par l’innovation, affirme le PDG.

Ces dernières années, Majencia a développé des concepts « d’éco-socio conception » des espaces de travail, qui lui ont permis de décrocher d’importants contrats avec Orange, Pôle emploi et le Crédit agricole. « Nous sommes attachés à ce site sur lequel nous souhaitons développer des innovations pour faire face au déclin du marché des armoires traditionnelles », annonce le PDG.

Les chefs d’entreprise reconnaissent qu’il n’y a pas de solution miracle pour inverser durablement les effets de la double crise, industrielle et agricole, qui touche le territoire. « Il faut pourtant continuer à endiguer son déclin. Je pense que l’on peut tirer parti du nouveau découpage des régions et de la fusion du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, à condition que les infrastructures suivent », assure le PDG de A2MAC1. 

De notre correspondant, Guillaume Roussange

L’union des artisans fait la force


Complexe pour les industriels qui doivent fournir de réels efforts pour s’y maintenir, le territoire de la Thiérache s’avère encore plus difficile pour les patrons des petites PME et les artisans. Accompagnés par la Maison des entreprises de Thiérache (Mets), plusieurs artisans se sont récemment groupés au sein d’une société commune pour proposer des bouquets de services et répondre à des appels d’offres plus importants. « 400 000 euros de devis ont été signés, explique Johan Waret, le responsable du réseau artisans du BTP au sein de la Mets. Cinq emplois ont été créés, ce qui démontre qu’en collaborant et en ouvrant leur champ d’action, ces TPE peuvent aussi trouver des marchés tout en étant implantées ici. » ??

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