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Pic de pollution ou pas, Paris se nourrit et les poids-lourds l’approvisionnent

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Les poids-lourds continuent à livrer les grandes villes pour alimenter les magasins. La seule véritable décision prise concerne l’obligation du contournement de Paris pour les poids-lourds en transit. Une mesure presque sans effet.

Pic de pollution ou pas, Paris se nourrit et les poids-lourds l’approvisionnent © D. R.

C’est la seule mesure concrète qui aura été prise pour tenter de lutter contre l’actuelle pollution de l’air parisien. Depuis le jeudi 13 mars, alors que le seuil d’alerte avait déjà été franchi le 7 mars, la circulation de transit des poids lourds est soumise à restriction. Les véhicules de plus de 3,5 tonnes doivent emprunter des itinéraires de contournement.

La préfecture s’est fendue d’un communiqué dans lequel elle laisse entrevoir le bâton : "En fonction de l’évolution de la situation dans les jours à venir, des opérations de contrôle seront organisées pour veiller au respect de cette mesure, notamment sur le boulevard périphérique et les boulevards des Maréchaux de la capitale."

Effet dérisoire de l’interdiction du transit

Malheureusement, l’effet de cette décision est dérisoire. Comme le rappelle la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), la grande majorité des poids-lourds en transit évitent Paris, pour des raisons économiques. Il est plus rapide de contourner la capitale par la grande couronne que de se trouver pris dans les embouteillages du boulevard périphérique ou de l’A86. Le gain de temps est plus important que les quelques kilomètres supplémentaires effectués.

Le trafic de livraison n’est pas touché par la décision préfectorale. Les poids-lourds continuent de livrer les supermarchés parisiens et les hypermarchés situés en bordure du boulevard périphérique. Pendant le pic de pollution, les parisiens continuent d’aller faire leurs courses. Les villes de provinces sont elles aussi touchées par la pollution, y compris celles situées en bord de mer. Jeudi 13 mars, Brest a battu son record, avec 96 microgrammes de particules fines par mètre cube, quand les 100 microgrammes étaient dépassés à Paris.

Norme Euro 6 en vigueur depuis le début de l’année

Concernant les rejets de gaz polluants, les poids-lourds sont soumis à des normes équivalentes à celles des véhicules légers, mais avec une mise en application anticipée. Depuis le 1er janvier 2014, l’Euro 6 est en vigueur pour les poids-lourds, alors qu’elle ne sera obligatoire pour la mise en service des véhicules légers que le premier septembre 2015. Les mesures portent sur des grammes par kilowattheure pour les premiers, et sur des grammes par kilomètre pour les seconds, ce qui rend difficile des comparaisons.

Pour les poids-lourds, la valeur limite d’émissions de particules a été divisée par 2 par rapport à la norme Euro 5 (2009), par 13 par rapport à l’Euro 3 (2001) et par 36 par rapport à l’Euro 1 (1993). La poursuite de la lutte contre la pollution due aux livraisons en ville passe par une réorganisation de la logistique urbaine, avec la suppression des poids-lourds au profit de véhicules hybrides, électriques et au gaz naturel. Un travail de longue haleine.

Patrice Desmedt  

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