Photanol teste la culture de bactérie pour applications industrielles

Photanol cultive les cyanobactéries, des bactéries qui se nourrissent de C02 et de lumière, pour produire des arômes de citron, du polyol et, un jour peut-être, du carburant. La start-up qui espère cultiver ces bactéries sur plusieurs centaines de kilomètres, teste son processus en laboratoire et dans sa petite usine pilote.

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Dans l'usine pilote de Photanol - Crédits : Photanol

Un large bâtiment en brique du campus de l'université d'Amsterdam abrite le laboratoire de Photanol, une start-up verte de 15 salariés créée en 2008 dans les locaux de l’université. Quelque cinquante mètres carrés encombrés par trois laborantins en blouse blanche, une collection de ballons et d'erlenmeyers remplis de liquide dont la couleur varie du vert anis au vert bouteille. Tous ces récipients sont éclairés par des lampes led multicolores de plus ou moins grande intensité.

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Des installations complexes, qui permettent aux chercheurs de Photanol de trouver la meilleure configuration possible pour cultiver les cyanobactéries. Ces organismes se nourrissent de CO2 et de lumière. Photanol veut en faire un business. "Nous souhaitons faire du CO2 un atout, explique Dirk den Ouden, le directeur commercial de Photanol. Nous cultivons les cyanobactéries pour en extraire des produits chimiques, comme le terpène, utilisé notamment comme arôme de citron."

Comment industrialiser la culture de bactéries

Photanol a obtenu plusieurs prix au Pays-Bas, notamment un chèque de 10 000 euros pour pouvoir tester ses procédés au Bioprocess Pilot Facility du campus de Delft. Un établissement qui loue ses murs et son savoir-faire à de jeunes entreprises biotech.
Mais la start-up recherche encore des financements pour son projet futur.

Elle prévoit de cultiver les cyanobactéries dans des tubes transparents se déployant sur plusieurs centaines de kilomètres, dans un pays du sud de l'Europe. "Le taux d'ensoleillement doit être important, mais il ne faut pas qu'il fasse trop chaud, au-dessus de 38 degrés, les cyanobactéries meurent", détaille Dirk den Ouden. La start-up teste ce procédé dans sa petite usine pilote à Amsterdam.

Autre possibilité: cultiver les cyanobactéries dans des réservoirs, en les éclairant avec des lampes led. "Mais ce modèle est pour l'instant trop coûteux pour que nous l'envisagions, de plus, pour des réservoirs de plusieurs milliers de litre, il faut trouver une configuration pour que les lampes led éclairent bien toutes les bactéries."

Beaucoup d'ajustements restent encore à faire pour pouvoir industrialiser le process de Photanol. "Aux Etats-Unis, des start-up comme la nôtre ont déjà investi dans d'énormes cultures de cyanobactéries pour produire du bio-carburant, mais ce n'est pas rentable, justifie Dirk den Ouden. Nous préférons aller pas à pas, tester le procédé à petite, moyenne et enfin, grande échelle."

Marine Protais

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