Phoenix se retire du dossier Deville

Après Sequor Investment, le groupe Phoenix a, à son tour, retiré sa candidature à la reprise de la société Deville, implantée à Charleville-Mézières (Ardennes) et Saint-Laurent-de-Mure (Rhône). Le dossier amiante, "héritage" des années 1970 à 1992, "plombe" sérieusement l'avenir de cette institution. Les 140 salariés sont d'autant plus inquiets que Deville pourrait se retrouver sans trésorerie au printemps prochain.

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Phoenix se retire du dossier Deville

La situation se complique pour l'entreprise Deville, spécialisée dans la fabrication d'appareils de chauffage à bois ou aux granulés de bois et implantée à Charleville-Mézières (Ardennes) et à Saint-Laurent-de-Mure (Rhône).

En redressement judiciaire depuis le 17 octobre 2013, cette PME cherche depuis plusieurs mois un investisseur capable de lui assurer un fonds de roulement et relancer son activité saisonnière. Beaucoup d'espoirs étaient fondées sur l'offre de rachat présenté à la mi-février par le groupe grenoblois Phoenix même si ce projet aboutissait à la perte d'une vingtaine d'emplois.

Le 10 février, l'état-major de Phoenix a mis un terme à cette démarche tant que le dossier amiante, qui parasite le fonctionnement de Deville depuis 1992 n'est pas réglé.

Lever un obstacle épineux pour ré-ouvrir la porte à des repreneurs

De quoi inquiéter les organisations syndicales qui, en étroite relations avec le directeur général, Henri de Quatrebarbes, mènent désormais une véritable course contre la montre pour sauver leur outil industriel et les 150 postes de travail encore existants. Et pour cela, ils comptent sur le Préfet des Ardennes et le ministère du redressement productif pour lever au plus vite cet obstacle épineux.

"Sans ce paramètre fâcheux, notre PME aurait déjà été vendue depuis longtemps car notre marque reste porteuse sur le marché, constatent Emerick Lebel et Walter Céré, porte-paroles des salariés. Il est inadmissible, alors que nos bâtiments ont été entièrement dépollués et désamiantés en 1992, qu'un repreneur potentiel soit concerné par un transfert de risque jusqu'en 2032, date d'échéance de l'incubation."

"La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics et des différentes administrations, parties prenantes dans cette affaire", selon le directeur du site. En tout cas, l'entreprise doit maintenant effacer cette "casserole" avant de repartir en quête de repreneurs.

En attendant, et pour ne pas puiser davantage dans une trésorerie rendue exsangue par une activité saisonnière, les dirigeants de Deville ont réduit la cadence de travail à 28 heures entre le 10 février et le 15 mars.

Mais d'ici là, si aucun repreneur ne s'est à nouveau manifesté, Deville serait contraint à la liquidation judiciaire.

Pascal Remy

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