Philippe Goebel, PDG de Total Petrochemicals France et président du Syndicat de la chimie organique de base

« Il est vraisemblable que de nouvelles fermetures seront annoncées dans le secteur »

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Quelle est la situation de la pétrochimie en France ?

La crise économique actuelle renforce le caractère structurel des difficultés que connaît aujourd'hui le secteur. La demande reste faible, notamment dans l'emballage, le bâtiment et l'automobile. Et la phase de déstockage n'est peut-être pas terminée. Par rapport à 2007, la production en France d'éthylène a baissé de 9,8%, celle de propylène de 5,2% et celle des aromatiques de 11,5%. A l'échelle européenne, nous évaluons la surcapacité de production à 15% environ.

A quelle difficulté majeure devez-vous faire face ?

En raison des nouvelles capacités de production attendues au Moyen-Orient, nous allons être confrontés à un déséquilibre significatif entre l'offre et la demande pour les mois et années qui viennent au niveau mondial. Cette région du monde bénéficie de coûts de production d'éthylène et polyéthylène bien plus faibles qu'en Europe, la hausse du prix du baril jouant en leur faveur. L'Europe devrait être en 2013 importatrice nette de 2 millions de tonnes de polymères, alors qu'elle n'en a importé que 0,4 million en 2008. Entre 2007 et 2013, le Moyen-Orient multipliera par 3 ses exportations.

La pétrochimie a-t-elle un avenir en France et en Europe ?

La pétrochimie trouvera toujours sa place ! Mais à la condition que des efforts soient réalisés afin d'adapter et de moderniser les installations. Cette industrie doit également être aidée par les pouvoirs publics. Quoi qu'il en soit, il est vraisemblable que de nouvelles fermetures seront annoncées dans le secteur. Les unités les moins performantes seront amenées à s'arrêter.

Olivier James

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