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Philae vivant, mais en mauvaise posture

Hassan Meddah

Publié le

Après avoir raté son ancrage sur la comète, le robot a effectué plusieurs rebonds et s’est coincé dans une zone plus hostile que prévue. Il peut toutefois effectuer et transmettre photos et mesures scientifiques.

Philae vivant, mais en mauvaise posture © ESA

Toute la nuit, Philae a donné des sueurs froides aux spécialistes de l’ESA (agence spatiale européenne). Toutefois, depuis ce matin,  ils sont soulagés. "Il est vivant", se félicite- t-on au centre de Toulouse qui suit les opérations pour le CNES.

Les experts de l’espace veulent voir le verre à moitié plein : Philae n’est pas cassé et il communique. D’ailleurs, il a envoyé les premières images de la comète. Huit outils sur dix fonctionnent et commencent à transmettre de résultats. 

Toutefois, on peut voir aussi le verre à moitié vide. En ratant son ancrage, il s’est considérablement compliqué la tâche. Il a rebondi comme un cabri. Les harpons ne se seraient pas actionnés à cause probablement d’une défaillance de leurs mécanismes de pyrotechnie. "D’après nous, il  a effectué deux rebonds d’environ 1h00 chacun", explique Marc Picher, directeur du centre spatial de Toulouse. Il s’est déplacé au total d’une distance  d’environ 1 kilomètre par rapport au point d’atterrissage idéal.

Autonomie réduite

Philae s’est alors coincé en déséquilibre (ses trois pieds ne reposent pas sur le sol) dans une zone assez rocheuse et malheureusement peu exposée au soleil. "Le robot ne voit le soleil qu'1H30 toutes les 12heures. Il va tirer sur sa batterie", explique le responsable. Son autonomie est donc sévèrement réduite. Elle repose essentiellement sur sa batterie embarquée qui lui donne entre 50 et 55 heures d’existence. Il ne peut plus compter que sur l’un de ses panneaux solaires les autres ayant été endommagés. 

Les possibilités de rétablir la situation paraissent très minces. Philae n’a pas de moyen de locomotion autonome  ni de motorisation pour se sortir de cette zone hostile. Seule chance possible : bénéficier d’un dégazage de la comète correctement orienté. Autant dire que les chances sont réduites.

Toutefois, les appareils scientifiques fonctionnent. "On a une moisson de données. C’est extraordinaire" s’est réjoui Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta pour le CNES.

Hassan Meddah

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