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PHARMACIEPOURQUOI GLAXO NE PEUT SE PASSER DE WELLCOMEPas étonnant que Wellcome veuille, avec l'aide d'un "chevalier blanc", faire monter les enchères face à l'offensive de Glaxo! Le numéro1 britannique et européen ne peut se passer de deux de ses molécules en développement.

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POURQUOI GLAXO NE PEUT SE PASSER DE WELLCOME

Pas étonnant que Wellcome veuille, avec l'aide d'un "chevalier blanc", faire monter les enchères face à l'offensive de Glaxo! Le numéro1 britannique et européen ne peut se passer de deux de ses molécules en développement.



Deux possibles "blockbusters" -ces médicaments à énormes chiffres d'affaires mondiaux et, plus encore, à fortes marges - expliquent que sir Richard Sykes, le directeur général et président par intérim de Glaxo, le numéro1 de la pharmacie européenne, se battra jusqu'au bout contre tout "chevalier blanc" suscité par Wellcome pour faire échec à sa gigantesque OPA de 74milliards de francs. Le premier, l'antimigraineux connu pour l'instant sous le nom de code 311C. Un produit développé par Wellcome qui, s'il parvient à son terme, devrait être un redoutable concurrent pour le dernier en date des produits vedettes de Glaxo, le sumatriptan (2,2milliards de francs de chiffre d'affaires l'an dernier, marques Imigran et Imigen). Les chercheurs de Glaxo travaillent sur le naratriptan, qui, si tout va bien, devrait, avant la fin de cette décennie, succéder au sumatriptan. Sir Richard Sykes a clairement laissé entendre que, à l'issue des essais cliniques menés par les deux groupes, le meilleur l'emportera. Deuxième "produit rupture", le 3TC, une molécule découverte par le laboratoire canadien BioChem Pharma, mais développée par Glaxo. Au vu des premiers tests réalisés en Europe et révélés en novembre dernier au Congrès international des thérapies antisida de Glasgow, Glaxo a pu mettre en évidence les résultats prometteurs de ce produit associé à l'AZT-Rétrovir de Wellcome (2,1milliards de francs de chiffre d'affaires). Au point que le numéro1 britannique va demander la mise sur le marché de cette combinaison 3TC-AZT avant la fin de ce premier semestre. Il fallait donc aller très vite, d'autant que les négociations sur les royalties à verser s'annonçaient délicates. Les deux produits sur lesquels ils ont construit leur fortune, l'anti-ulcéreux Zantac pour Glaxo et l'anti-herpès Zovirax pour Wellcome, ne seront plus protégés par aucun brevet à la mi-1997 sur leur principal marché, les Etats-Unis. Pour les remplacer, Glaxo compte sur la ranitidine bismuth citrate, et Wellcome commence en Grande-Bretagne et prochainement aux Etats-Unis la commercialisation du Valtrex (valaciclovir). Mais dans un contexte concurrentiel où les génériques de leurs anciennes molécules seront abondantes et à des prix ultra-compétitifs. Outre ces antimigraineux et ce nouvel antisida, Glaxo (7,1milliards de francs de budget de recherche-développement) et Wellcome (2,7 milliards) se trouvent en confrontation directe dans leurs cibles de recherche. L'un et l'autre ont inscrit à leurs programmes des projets sur les anti-infectieux, l'hépatiteB (le 3TC serait aussi efficace), le cancer, les cardiovasculaires et le système nerveux central. L'un et l'autre concentrent en Europe leur recherche sur la région londonienne: à Stevenhage pour Glaxo et à Beckenham pour Wellcome, qui sont reliés à un réseau de petits centres en France, en Espagne et en Italie. Aux Etats-Unis, où se trouve le deuxième grand pôle de leurs laboratoires, ils se côtoient dans le Research Triangle Park, en Caroline du Nord. Glaxo, dont le formidable développement depuis quarante ans repose sur la croissance interne entraînée par ses propres molécules, devra, s'il l'emporte, reconnaître les vertus de la fertilisation croisée.



4,4 milliards de chiffre d'affaires en France

Glaxo


3,2milliards de francs de chiffre d'affaires, dont 1,5milliard en officines. 46% des ventes sont réalisés à l'exportation.

Effectifs : 1900salariés.

Site de production : Evreux (960salariés) produit toutes les formes de la ranitidine (commercialisée en France sous la marque Azantac) et des produits respiratoires sous forme d'aérosols.

Recherche : Un laboratoire aux Ullis (80salariés) spécialisé dans la cancérologie, l'immunologie et les maladies cardiovasculaires.

Projet de regroupement de la direction générale à Marly-le-Roi, dans les Yvelines.

Wellcome

1,2milliard de francs de chiffre d'affaires (1993), dont 0,7 milliard réalisé en officines. 7,3% est exporté.

Effectifs : 720 salariés.

Site de production : Sophia-Antipolis,dans les Alpes-Maritimes (180salariés), assure la fabrication de la quasi-totalité des produits vendus sur le marché français (sauf l'AZT) et de certaines spécialités pour le marché belge. Il fabrique également les médicaments

de médication familiale commercialisés par Warner Wellcome, la filiale commune avec Warner.

L'usine chimique de Sophia-Antipolis produit l'allopurinol, le principe actif de l'antigoutte Zyloric.

Recherche : La recherche clinique, installée à Issy-les-Moulineaux, emploie 73salariés.

Son budget: 61millions de francs.



Le nouvel objectif de Glaxo

Quelques jours après son OPA sur Wellcome, Glaxo offre 533millions de dollars pour acheter Affymax, une petite société (250personnes) de Palo Alto, en Californie. Affymax a développé une méthode de criblage (screening) extrêmement rapide qui permet de tester simultanément plusieurs dizaines de milliers de molécules vis-à-vis d'une cible biologique: enzymes, hormones, neurotransmetteurs, récepteurs cellulaires, séquence d'ADN, etc. La technique consiste à synthétiser sur une puce de silicium de 1,28centimètre carré des milliers de peptides (un peptide est une molécule formée d'une chaîne de plusieurs acides aminés). Il suffit ensuite de plonger ce "chip" dans une solution contenant la cible biologique pour voir quels peptides vont s'accrocher à la cible, indiquant un espoir d'activité médicamenteuse. La lecture de la puce, après réaction, est réalisée par un scanner laser. Tout le savoir-faire de cette technologie réside dans la manière de fabriquer en parallèle des milliers de peptides sur une puce. Les chercheurs d'Affymax y parviennent en associant la synthèse peptidique, bien connue des chimistes, et la photolithographie, base de la fabrication des microcircuits électroniques.

USINE NOUVELLE N°2488

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